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Découvrir Paris autrement

Présenté par Air Transat

En décembre dernier, Mathieu et moi avons volé jusqu’à Paris pour courtiser le marché européen dans l’espoir d’un jour y distribuer Dînette. De mon côté, j’étais aussi très enthousiaste parce que la globe-trotteuse que je suis n’avait pourtant jamais mis les pieds à Paris. Je sais, il était temps!

Que l’on soit amateur d’attractions classiques listées dans les guides touristiques ou voyageur aguerri, Paris, c’est Paris. Comme nous étions sur Paris pendant seulement 48 heures et que nous étions bookés rendez-vous après rendez-vous, il nous fallait être sélectifs si nous voulions profiter pleinement de notre séjour. Comment fait-on alors pour découvrir la ville lorsque nous avons très peu de temps et que la tour Eiffel, les Champs-Élysées, Montmartre, pour ne nommer que ceux-ci, sont inaccessibles? Nous avons donc pris d’assaut le quartier Le Marais où nous avons pu, le temps de quelques heures, vivre une expérience hors des sentiers battus comme nous les aimons.

Du pain et des idées
Je ne pouvais commencer cette expédition par autre chose que des pâtisseries. Du pain et des idées, c’est tout ce qu’il y a de plus romantique à propos de Paris. Cet établissement datant de la fin des années 1800 était d’ailleurs une boulangerie dès ses débuts. Un décor enchanteur, une odeur de beurre et des rangées de pains et viennoiseries à perte de vue. Bien que le pain y soit délicieux, c’est pour son look authentique qui donne l’impression de remonter à l’époque de sa construction que les habitués viennent y errer le temps d’une brioche. Plafond en verre peint, miroirs biseautés et antiquités, même à l’heure de pointe on peut imaginer les fantômes d’autrefois s’émerveiller devant les mêmes pâtisseries que nous.

Centre commercial
Pas besoin d’être en mode shopping, cette boutique reste, selon moi, un incontournable à visiter uniquement parce que c’est bon pour les yeux. De vêtements, chaussures, articles lifestyle jusqu’à l’impression de visiter un musée, tout est pensé dans le moindre détail pour faire vivre plus qu’une simple expérience de magasinage aux clients.

Umami Matcha Café
Le Matcha n’est pas ma tasse de thé, mais ce café a réussi à me faire changer d’idée. Dès que l’on passe la porte, on peut sentir le rituel et l’ambiance sereine qui vivent entre ces murs. Les clients parlent à voix basse ; un respect qui s’instaure par le calme du décor sans que personne ne l’impose. En plus de son charme épuré, il est difficile de résister à la petite boutique qui propose toutes sortes de produits à base de Matcha ainsi que d’iconiques ensembles de thé japonais.

Paris New York
Le charme principal de la vieille capitale repose dans ses bâtisses ancestrales et dans la façon dont chaque commerce se les réapproprie. Paris New York est un restaurant de burgers de qualité au look éclectique qui mélange les couleurs néon, les matières premières et le minimalisme. C’est le meilleur de New York à Paris, quoi!

Le marché des Enfants Rouges — Chez Alain Miam Miam
Divisé en trois, le marché des Enfants Rouges offre une section marché aux puces, un marché ouvert et une section intérieure pour les plus frileux comme moi. Pour tous les goûts, c’est l’endroit à visiter pour s’imprégner de la vie locale. Dans un petit coin de la place, j’ai trouvé le fameux Alain. Chez Alain Miam Miam, c’est un petit gril à sandwich caché dans les profondeurs du marché. C’est aussi une légende du sandwich bien établie. Il y a toujours une file et on dit même que Jay-Z serait l’un de ses plus fidèles clients. Puisqu’il en vaut l’attente, allez vous perdre dans les commerces de cette institution du quartier Le Marais sans oublier d’y dévorer un fameux sandwich.

Merci
Merci est un magasin à grande surface où l’on trouve un café-restaurant, une librairie et divers articles lifestyle : vêtements, accessoires et mobilier de maison. Tout ça et avec style en plus! On pourrait y passer une journée entière à tout regarder, faire une pause pour taire les gargouillis ou rêvasser, un livre à la main, dans le confort du décor.

Maison Plisson
La Maison Plisson c’est le plaisir d’une épicerie fine avec des aliments majoritairement locaux de qualité dans un décor édénique où chaque produit est mis en valeur tout en se fondant dans celui-ci. Fruiterie, charcuterie, boulangerie, vous trouverez tout le nécessaire pour garnir votre baluchon et tenir jusqu’à votre prochaine destination.

Jimmy Fairly
Le Bon Look de la France avec une touche humanitaire, cette boutique de lunettes vaut le détour. D’abord, pour son décor minimaliste et esthétiquement irréprochable, mais également pour le fait que si vous tombez amoureux d’une de leurs paires, il est possible de la faire livrer chez vous. De plus, pour chaque paire de lunettes vendue, une seconde est remise à des gens dans le besoin!

Miznon
Ce restaurant israélien hante encore mon estomac tellement les saveurs étaient mémorables! Sa simplicité et son authenticité résident dans son décor sans fioritures et sa cuisine rudimentaire où les légumes sont au premier plan. Assis directement entre les choux-fleurs et les carottes, vous savez qu’ici on sert du frais, du vrai. Avec sa cuisson sur le gril, le Miznon vous charmera avec sa patate douce finement salée et son artichaut braisé que vous raclerez jusqu’à la dernière feuille!

Rassasiés de la panse et des yeux, Mathieu et moi avons ensuite pris la route pour l’Allemagne, là où d’autres aventures nous attendaient. Je ne voyais devant moi que la prochaine destination, encore inconsciente de la marque que cette ville et ses habitants venaient de laisser sur moi. Je ne savais pas à ce moment-là à quel point Le Marais allait me manquer. Maintenant, je n’ai pas seulement hâte de retourner à Paris, j’ai surtout hâte de découvrir un autre quartier riche en histoire et en spécialités culinaires!

Au départ de Montréal, Air Transat a des vols directs quotidiens vers Paris toute l’année.
https://www.airtransat.com

Texte : Joliane Roy
Photos : Mathieu Lachapelle

 

Dînette 012 – Brume

Pour le numéro 012 Brume, on s’enveloppe dans le vaporeux, la douceur. Le brouillard nous invite aux rêveries et à l’introspection. Aérien et mystérieux, il reste suspendu dans l’air et nous laisse en quête de réponses. On visite des lieux majestueux, comme l’Oregon par exemple, toujours baigné dans une brume féérique. On accuse souvent le brouillard d’être gris et maussade, mais nous on y voit quelque chose d’onirique, d’envoûtant et de fondamentalement apaisant.

Le numéro 012 « Brume » présente :

– Un reportage au paradis du brouillard : l’Oregon
– Une virée sur la route des châteaux en Allemagne
– Un week-end de SUP et d’échanges avec POP Spirit
– La découverte de l’univers de l’absinthe
– La poésie de Marie-Élaine Guay
– Les parfums botaniques et naturels de LVNEA
– La récolte de raisin bleu

Détails : 148 pages, impression offset, couverture « soft touch » velouté. Imprimé au Québec
Date de publication : 15 mars 2018

L’art de la crêpe à Paris – Expérience Airbnb


En partenariat avec Airbnb.

Il n’y avait pas une once de lumière à l’extérieur lorsque Mathieu et moi encore à moitié endormis avons pris les rues de Paris pour nous rendre à notre expérience Airbnb. Nous l’avions choisie pour l’heure qui entrait parfaitement dans notre horaire beaucoup trop chargé, mais surtout parce que, qui ne rêve pas de manger des crêpes dans un appart à Paris! C’était tout près, mais on avait tout de même réussi à se perdre; moi et les GPS… Après plusieurs tentatives à une adresse qui n’était décidément pas la bonne, notre hôte, Eleonora, a fini par nous appeler, se demandant où nous étions. En bons Québécois que nous sommes, nous avons enfilé les excuses avant de nous rendre tous ensemble, notre hôte, un couple d’Américains et nous deux, audit appartement. C’est que voyez-vous, notre hôte n’était pas seulement une âme charitable qui avait envie de faire découvrir sa culture aux étrangers. Non, non. Nous avions en plus le droit à une blogueuse et chef télé. D’où le point de rencontre mystère.

Tout en marchant hâtivement les uns derrière les autres, elle nous explique alors que l’appartement dans lequel nous nous apprêtons à entrer date du début des années 1800, que celui-ci abritait autrefois une seule et unique famille et à quoi, les diverses sections, aujourd’hui appartenant à des particuliers, servaient. Je me sentais presque dans un musée.

Présentations et visite guidée de l’appartement faites, nous avons ensuite attaqué la préparation de ses fameuses crêpes! Notre hôte était sans aucun doute une habituée. D’une aisance assez déroutante, elle expliquait les étapes et les ingrédients de la recette tout en nous racontant le pourquoi du comment. Nous étions tous sans exception absorbés par ce qu’elle nous racontait, ne voulant perdre un seul mot, surtout de la recette.

L’art de la crêpe, nous disait Eleonora, c’est de mettre le beurre sur un papier essuie-tout et de le passer dans la poêle par la suite. On ne veut surtout pas que ce soit trop gras. Simplement, que rien ne colle. Après une première démonstration, nos cousins du Sud se sont lancés, quelque peu nerveux, mais excités par l’odeur qui flottait déjà dans la cuisine. Répétant les mouvements que notre chef venait de faire, nous passions un après l’autre, sous les yeux veillants et les encouragements d’Eleonora, tels des padawans de la restauration.

L’épreuve enfin réussie, Eleonora nous invita à passer à la salle à manger où le soleil faisait enfin acte de présence. Tout pour mettre l’ambiance. Jus fraîchement pressé, pâtisseries, fruits frais et fromage nous attendaient. Nous pouvions enfin nous détendre et nous délecter. À tour de rôle, nous fîmes circuler les différents éléments afin de garnir notre crêpe. Certains respectant les instructions d’Eleonora, d’autres, un peu plus funky, ajoutaient la twist que leur appétit leur commandait. On apprenait, entre deux bouchées, à se connaître. Les questions usuelles: d’où nous venions, était-ce notre première fois à Paris, et autres formalités passées, Eleonora nous raconta un peu son parcours. C’était intéressant de voir comme le local ne voulait pas simplement dire made in. Eleonora, d’origine italienne avait immigré en France depuis déjà un bon moment et c’est amoureuse des rencontres et des partages qu’elle avait décidé de tenter l’expérience avec Airbnb en accueillant chez elle des voyageurs. Puisqu’elle aussi, dès son arrivée, avait voulu connaître les us et coutumes de sa ville d’adoption, il était naturel de transmettre à son tour un peu de son savoir.

La panse bien remplie, une chance qu’on marche beaucoup dans cette ville, l’activité s’est terminée par des conseils de grande sage sur les meilleures adresses du coin, et surtout, où trouver les meilleures madeleines de tout Paris!

Une expérience en apparence simple s’était avérée tout ce dont un voyageur pouvait espérer. Une hôte attentionnée et soucieuse de faire vivre une expérience locale enrichissante. De la nourriture comme il ne s’en fait pas dans les restaurants touristiques. Et des rencontres éphémères qui laisseront une empreinte permanente dans nos esprits.

Texte : Joliane Roy
Photos : Mathieu Lachapelle

Noris Ledesma : Seule au combat

On s’était levés tôt pour faire la route de Miami à Choral Gables dans le sud de la Floride, sous un soleil déjà écrasant pour l’heure. À bord d’une voiture louée dont le climatiseur fonctionnait juste à moitié, on a suivi le chemin que nous indiquait le GPS, jusqu’à ce qu’on rejoigne le rang où poussent toutes sortes de plantations commerciales : avocats, bananes, poivrons, mangues et autres.

C’est en regardant le documentaire Fruit Hunters de Yung Chang que nous avions entendu parler du Fairchild Institute, un jardin botanique / centre de recherche qui a pour mission de sauver la biodiversité des plantes tropicales; un peu comme l’arche de Noé, mais pour les fruits. Ce centre est issu de l’initiative de David Fairchild, un botaniste né en 1869, qui, jusqu’à sa mort en 1954, a voué sa vie à l’exploration de tous les continents pour rapporter des plantes aux États-Unis. Plus de 20 000 espèces de plantes sont arrivées ici grâce à lui, dont les cerises, les dattes, les nectarines, l’alfalfa, le soya, le coton et les mangues.

Noris Ledesma chapeaute aujourd’hui l’héritage fruité de David Fairchild. Cette dernière nous a donné rendez-vous dans l’une des propriétés du Fairchild Institute qui lui a été attribuée pour réaliser son projet de vie : poursuivre ses recherches sur les mangues – une plantation de 20 acres sur laquelle se trouve une maison centenaire cachée au milieu d’une épaisse barricade d’arbres débordant de fruits mûrs. Un jardin d’Éden des temps modernes comprenant des avocats gros comme nos têtes qui se balançaient dans l’air humide juste à la hauteur de nos mains, des fruits du dragon fuchsia qui mûrissaient au soleil, d’énormes fèves beiges trop mûres pour rester accrochées à leurs branches qui jonchaient le sol. Des figuiers, des palmiers garnis de belles grosses noix de coco jaune soleil et un autre arbre rempli de fruits rouges ressemblant à des poires, l’akée qui, semble-t-il, peut tuer sur-le-champ quiconque oserait en prendre une mordée alors qu’elle n’est pas encore mûre. Une des femmes de David Fairchild aurait d’ailleurs perdu la vie en y goûtant!

Elle était là, notre belle Colombienne, en chair et en os, telle que vue dans le documentaire, avec un sourire aussi large que les énormes fèves qui cassaient sous nos pieds. Il devait faire 46 000 degrés dehors. La sueur nous ruisselait dans le dos alors qu’on discutait dans l’entrée. Noris nous attendait avec un déjeuner déjà servi : du fromage dans l’huile avec des herbes, des biscottis, des gros morceaux de mangue orangée et juteuse à souhait – on devinait qu’elle venait d’être cueillie – et d’énormes haricots ressemblant à des olives. C’était des « pépins » de jackfruit  ou fruit du jacquier, un énorme fruit, le plus gros au monde, poussant à même un arbre, en fait. Elle les avait fait bouillir, puis nous les a servis avec du sel.

Noris est une passionnée. On la suivait alors qu’elle nous entraînait à travers les rangées d’arbres sur sa terre. Alors que Mathieu et moi esquivions les nombreuses toiles d’araignées qui s’étendaient du sol jusqu’à la partie la plus haute des arbres – avec des centaines d’araignées dedans – Noris elle, avançait sans hésitation en nous jasant avec cet adorable accent colombien. Elle nous a montré les avocats, les mangues et les énormes fruits du jacquier, que nous voulions absolument voir de plus près. Au Québec, on trouve plutôt ce fruit en conserve dans les épiceries asiatiques. On en fait du faux pulled pork  notamment, en y ajoutant épices et condiments. On a pu en cueillir un, Mathieu devait tenir le gros fruit tandis que Noris coupait la tige avec un sécateur. Le fruit s’est laissé tomber mollement de tout son poids. Selon mes calculs il devait peser au moins quarante livres, mais les fruits du jacquier peuvent facilement atteindre soixante-dix livres! On a même pu l’ouvrir – les mains enduites d’huile végétale parce que le fruit du jacquier laisse échapper une sève collante qui rappelle la gomme à mâcher. À ce moment-là, tout ce que nous savions à propos du fruit du jacquier c’était qu’il n’avait pas vraiment de saveur et que sa chair beige pouvait s’effilocher. Mais à l’état frais, c’est une tout autre histoire! La chair présente une belle couleur jaune pastel et son goût rappelle un peu celui de l’ananas.

La mangue : un amour viscéral
Noris a grandi avec sa grand-mère en Colombie et toute son enfance a été bercée par la présence des arbres à fruits tropicaux qui poussaient dans sa cour. Les fruits sont toute sa vie. Mais son préféré, c’est la mangue. Pour Noris, la mangue n’est pas qu’un simple fruit, c’est un mode de vie qui lui a permis de faire le tour du monde. Selon elle, la mangue n’a rien à envier aux autres fruits, comme les bananes par exemple : « les bananes n’ont pas d’âme! Elles sont pratiques, elles nous viennent dans un bel emballage naturel, elles remplissent l’estomac, elles sont économiques, mais elles ne nous atteignent pas au coeur. Les mangues nous connectent à nos souvenirs. Elles ne sont pas qu’un fruit, elles sont des bonbons offerts par la nature. Elles me projettent dans mon enfance, dans mes racines. C’est comme l’odeur d’une tarte de grand-maman, ça vient secouer en dedans, ça m’émeut. Les mangues sont complexes, elles ont toutes des caractères différents, des parfums et des couleurs propres à chacune, elles sont comme des personnes finalement ».

Vous trouverez l’article complet dans le numéro 010 – Pigment.

Texte : Hélène Mallette
Photos : Mathieu Lachapelle et Hélène Mallette

Lueurs : effluves de mille lieux

Noir.
Scratch.
Étincelle.
Lueur.
Odeur.
Combien de fois dans ma vie cette série de mots m’a réchauffée, dedans comme dehors.
Ouvrir les fenêtres et allumer une chandelle, des gestes que je pose pour marquer chaque nouveau petit départ.
Au matin pluvieux ou lumineux, au milieu de l’après-midi quand j’ai l’impression que ma journée est allée s’échouer aux pays des heures perdues, la fin de semaine en espérant que l’air nouveau donnera envie au dimanche de rester plus longtemps que prévu.

Créer une lumière pour illuminer et réchauffer chaque moment, c’est un peu aussi ce qui anime Guillaume Couture, propriétaire de Lueurs, une petite entreprise créative de Québec qui se consacre à la production de chandelles. « À l’origine, Lueurs est venu du fait que ces petites bougies apportaient une chaleur et une lumière naturelle dans mon appartement. Cette lumière naturelle est pour moi cent fois plus chaleureuse qu’une lampe 60W » explique-t-il.

Toutes faites à la main à base de cire naturelle et d’huiles essentielles biologiques, chaque chandelle porte le nom d’un lieu. « J’ai énormément de souvenirs reliés aux odeurs, qui refont surface ponctuellement. Le lien entre les deux est très fort pour moi, et je voulais recréer ce lien en l’illustrant à l’aide d’endroits physiques » déclare Guillaume. Tandis que certaines odeurs lui rappellent d’où il vient, comme la bougie Laverlochère, par exemple, un village du Témiscamingue qui sent les conifères et où il a habité pendant deux ans, d’autres sortent tout droit de son imaginaire et de l’idée qu’il se fait de ces endroits.

Le branding de Lueurs est simple, magnifique et tellement évocateur. De petits pots de verre, des étiquettes aux traits délicats, noirs et blancs, dessinés par son amie et illustratrice, Marie-Lise. Juste ce qu’il faut pour nous donner envie de mettre le feu à la mèche. Pourquoi ne pas avoir choisi la couleur ? « Je crois que même un produit aux couleurs neutres peut être coloré, mais en passant par d’autres sens » m’explique-t-il.

Tout récemment, de nouveaux contenants se sont imposés dans le processus créatif. Guillaume fouille les brocantes et les marchés aux puces à la recherche de pots de grès, de vases et de tasses. Il s’inspire de leurs couleurs, formes, et différentes matières pour y faire couler l’odeur des lieux dans lesquels il nous invite à nous plonger. C’est sa façon de donner aux récipients une personnalité, de les propulser dans leur deuxième vie. Une deuxième vie, il en donne aussi une à la cire des chandelles, qui peut également être utilisée comme huile à massage une fois fondue.
Ici, rien ne se perd, tout sert à nous faire sentir mieux.

Lueurs pigmente l’ombre de sa lumière, l’air de ses effluves et nos petites vies de chaleur, de souvenirs et de douceur.

www.leslueurs.com.

Texte : Elizabeth Cordeau Rancourt
Photos : Guillaume Couture, CATHB

Sodas

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1642
Brassé à Montréal
Préparé à base d’ingrédients québécois
Avec une touche d’érable des Laurentides

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KOLA
Henri Sodas
Cola brassé en petits lots à Montréal
Notes de noix de kola, d’agrumes, d’épices et de caramel

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BEC COLA
Brassé à Montréal
Préparé à base d’ingrédients biologiques
Au sirop d’érable

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SHINOLA
Brassé à Detroit
Par la compagnie d’accessoires Made in America
Fabricant haut de gamme de montres, vélos et produits de cuir

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Photo et texte: Jeremy Hall

5 endroits Instagram incontournables à voir en Islande

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À mi-chemin entre le continent européen et l’Amérique se trouve une île marquée par le passage du feu et de la glace, une terre dramatique aux paysages sertis de volcan, geyser, canyon, sable noir, sources thermales et montagnes brutes. En 5 heures de vol seulement, l’Islande et son relief incomparable nous ouvrent leur lot de possible et d’aventures hautes en intensité.

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Voler en toute frugalité avec Wow Air
On prend la route avec Wow Air qui charmera les voyageurs frugaux; avec un peu d’avance, les aubaines ne font que faciliter notre prise de décision (près de 300$ seulement aller-retour!). Une fois les billets bookés, il ne reste qu’à se trouver un point d’amarre et se louer un 4×4 prêt à nous transporter aux quatre coins de cette terre viking.

En partance de Reykjavik, des dizaines de circuits et d’excursions quotidiennes se planifient en toute simplicité vers la péninsule ouest et le sud de la côte. Et pour les chasseurs de prises de vue et pionniers photographes, des centaines de paysages renversants n’attendent que d’être capturés.

Voici nos 5 destinations photo à mettre sur votre radar lors d’une escapade en Islande :

La chute immersive de Seljalandsfoss
Partir à la chasse aux chutes (foss en islandais) est une activité difficile à contourner quand on visite l’Islande : ces merveilles naturelles se multiplient à travers le pays. Seljalandsfoss est définitivement l’un des plus impressionnantes, avec ces 65 m de haut et sa particularité unique de pouvoir circuler à l’arrière (poncho alert!).

Coordonnées Google Maps : 63.6156232, -19.9885688

Cette chute derrière laquelle on peut se cacher. ? @catmart

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La petite maison blanche d’Arnarstapi
C’est en explorant l’ouest de l’Islande en bordure sud de la péninsule de Snæfellsnes qu’on tombe sur ce villageportuaire qui fut un temps un poste de commerce important. Arnarstapi est aujourd’hui surtout connu des fans de photo pour sa prise de vue bucolique donnant sur une petite maison blanche au pied des montagnes enneigées.

Coordonnées Google Maps : 64.770355, -23.619133

Je l'ai checké out les 5 dernières années sur Pinterest, puis elle était là, juste devant moi. #lapetitemaisonautoitrouge

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Orgue basaltique des plages de Vik
Les plages noires de Reynisfjara dans le Sud accueillent en leurs rives une construction naturelle particulièrement abstraite et intrigante : des orgues basaltiques. Formation rocheuse témoignant d’éruptions de lave qui se contractent en se refroidissant, les orgues basaltiques près de Vik surplombent la mer majestueusement.

Coordonnées Google Maps : 63.405910, -19.074521

Jouer de cet orgue gigantesque.

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Le lagon de glacier de Jökulsárlón
Ce lac de glacier au pied du plus grand parc national islandais, Vatnajökull, surprend de par son calme apaisant et ses douces nuances de bleu azur et acier. Les larges morceaux de glace flottant en sa surface sont souvent comparés à des diamants. Restez à l’affût, les phoques qui y résident aiment bien se sortir le bout du museau.

Coordonnées Google Maps : 64.0784458, -16.2305536

On a entendu les goélands crier, les phoques chanter et les blocs de glace turquoises se déposer sur la plage de sable noir.

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Les puissantes chutes de Gullfoss
Au bout du très couru Cercle d’or, circuit touristique bondé qui nous a quelque peu déçus, se cachent les chutes de Gullfoss de la rivière Hvítá, alimentée par le 2e plus grand glacier d’Islande, et qui se jettent dans un canyon de 70 m. C’est peu vous dire que sa puissance inouïe bouscule tous les sens, surtout par jour de soleil où des arcs-en-ciel coiffent le dessus de ce monument naturel bouleversant.

Coordonnées Google Maps : 64.3270716, -20.1199478

Cette chute est une force de la nature. La fonte des neiges est définitivement le best moment pour l'apprécier.

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Ce billet est présenté par Wow Air qui nous ont gracieusement permis de voyager jusqu’en Islande sur sa ligne aérienne. Toutes les opinions exprimées sont les nôtres.

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Texte: Catherine Martel

Visite éclair sur la Route des Sommets

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C’est sous la grisaille matinale qu’on a levé les voiles pour la région du lac Mégantic avec un objectif simple doublé d’une technique d’exécution un peu nébuleuse : découvrir en une journée un tronçon de la Route des Sommets, une route touristique balisée des Cantons-de-l’Est, avec l’unique plan de rouler sans arrêt jusqu’au village de La Patrie. Nos connaissances de la région étaient assez primitives, mais nos âmes aventurières dominaient clairement ce matin-là. Bien caféinés et chantant à tue-tête la discographie complète des New Kids on the Block (on fait un road trip ou on n’en fait pas!), on a d’abord dévalé les autoroutes, puis rapidement commencé à emprunter les petites routes sinueuses qui tracent si bien le canevas des nombreux lacs et montagnes de cette région du Québec.

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Quatre heures de route et un mal de gorge plus tard, on atteignait enfin le petit hameau de La Patrie, point de départ de l’aventure. Notre visite au centre d’informations (trois pancartes jaunies devant l’épicerie du village) fut révélatrice, car pour combler notre seule journée dans le coin, on avait l’opportunité de prendre place aux meilleures tables de la région, de parfaire notre culture en visitant plusieurs fermettes et centres d’interprétation ou de se dégourdir les jambes en explorant montagnes et cours d’eau. C’est en sillonnant un parcours magnifique qu’on a apprécié un panorama pittoresque et qu’on a eu la chance de rencontrer une multitude de gens passionnés.

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Montagnes et terroir à Notre-Dame-des-Bois
Notre-Dame-des-Bois était le camp de base idéal pour déposer nos valises et profiter du parc national du Mont-Mégantic. Avec cinq sommets montagneux à conquérir et l’observatoire astronomique, la journée s’annonçait occupée. Malheureusement, si la vue est tout le temps magnifique du haut des montagnes, notre panorama se résumait cette journée-là à la lourde couverture nuageuse. On est donc retournés au village avec la promesse de revenir une autre fois.

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Puis, on a par hasard déniché une table chez Le petit resto du terroir, un minuscule et coloré établissement adjacent au gîte Le Vaillantbourg. C’est là que Mélanie, la propriétaire, opère sa magie. Tous ses plats sont préparés avec amour à partir des ingrédients biologiques de son jardin. Elle utilise également les matières premières qu’offre le terroir de la région. Les légumes, fruits et fines herbes qu’elle mitonne savamment pour satisfaire nos bedons sont cultivés dans ses jardins, les Jardins d’Abondance, situés sur un terrain de trois acres acheté lorsque la seule aventure du Vaillantbourg ne lui suffisait plus.

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C’est en l’écoutant sagement nous déferler son enthousiasme pour tous ses beaux projets qu’on a dégusté la plus rafraîchissante des gaspachos aux tomates et au melon d’eau, puis qu’on a laissé fondre sur nos langues la plus délicieuse des tartelettes salées aux tomates, gratinée au Tomme des Broussailles. Un café à la cardamome et une limonade maison à la bergamote plus tard, nous avons à regret quitté l’établissement, en route vers notre prochaine découverte.

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Marina, poutine et brocante à Piopolis
Piopolis, un petit village assis sur les berges du lac Mégantic, nous a charmés dès les premiers instants avec sa coquette marina. Si la température maussade nous a empêchés d’aller profiter de l’eau en kayak comme on l’espérait, on n’en a pas moins apprécié le panorama.

Plus tard en après-midi, après s’être égarés dans les dédales poussiéreux de la brocante du coin, la boutique l’Est Passe-Temps, on a visité la cantine du village sur les conseils de Mélanie. À peine entrés, Milenko, un sympathique Yougoslave exilé à Piopolis, nous a gratifiés d’un chaleureux sourire et nous a fait la conversation en nous préparant la meilleure poutine italienne du coin (du monde!). La sauce à la viande tomatée, juste assez piquante et un peu sucrée, enivrait nos papilles à chaque bouchée.

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Weedon et son fromage
Weedon est l’hôte de la fromagerie P’tit Plaisir, une inspirante entreprise familiale de la région, située entre les lacs Louise et Aylmer. Dans une bâtisse qui détonne avec son bleu vibrant, on a savouré les succulents produits issus de la ferme qui est juste de l’autre côté de la rue. Sans agent de conservation, le lait, les fromages et les délices glacés de l’entreprise proviennent d’un seul troupeau laitier. On s’est régalés avec la Meule du barrage, un surprenant fromage cheddar fumé à la texture rappelant celle du tofu ferme, puis avec la Fleur de Weedon, un fromage de type suisse et sans lactose à la pâte assez ferme au doux goût de noisette.

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Direction Montréal
Le crépuscule prenait tranquillement sa place lorsqu’on a mis le cap sur Montréal, avec un coffre de voiture rempli de fromages et un appareil photo débordant de clichés. À l’image de la route effectuée à l’aube, le retour s’est fait sous un ciel gris qui n’a su effacer les sourires imprimés sur nos visages.

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Texte et photos : Mélissa Moffet

 

L’importance des choses importantes

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La majorité du monde que je connais aurait viré sul’ top de partir en voyage dans les déserts américains. Mais moi je partais seule et je filais pas grosse dans mes shorts. J’étais fébrile, j’avais tellement hâte, mais j’avais aussi peur.

Et le matin où j’ai franchi le seuil de ma maison pour me rendre à l’aéroport, j’ai eu BEAUCOUP peur. Peur de me faire kidnapper, peur de m’étouffer sur une bouchée de quelque chose et que personne soit là pour me faire la manœuvre de Heimlich, peur de faire un arrêt cardiaque en plein désert, une péritonite en plein vol, une labyrinthite aiguë au volant, une pierre au rein dans le fin fond d’un canyon. Ce qui me faisait encore plus peur? Les scorpions. Les maudits scorpions.

J’avais déjà fait un road trip du genre avec Mathieu v’là dix ans, aux mêmes endroits et je n’avais jamais eu peur des scorpions. J’étais trop occupée à m’inquiéter des serpents, des coyotes et d’une potentielle visite extraterrestre en pleine nuit dans le désert de Taos. Mais cette fois, toutes mes anxiétés s’étaient jumelées ensemble pour se matérialiser en scorpion. Si tu t’étais promené dans mon historique Google, t’aurais pu y lire Are there scorpions in Arizona?, Are there scorpions in Utah?, What to do if I get stung by a scorpion?. J’avais même pris soin de me promener sur un forum avec 99 histoires de piqûres de scorpions – je les ai toutes lues. Je peux même te dire quelle espèce est la plus mortelle aux États-Unis (Bark Scorpions), les symptômes, et surtout, quoi faire en cas de piqûre (juste de même, pour les prévoyants : il faut prendre des Bénadryl et se rendre à l’hôpital au PC).

Malgré tout, j’avais envie de sentir le soleil sur ma peau, d’avancer sur des milliers de kilomètres désertiques comme dans les films, de rejouer les mêmes albums jusqu’à ce que je me souvienne de toutes les paroles, de regarder les étoiles couchée sur le dos, mais surtout, d’explorer les choses à mon rythme, suivre mes envies et surtout mon instinct.

C’est avec les mains moites, les yeux un peu mouillés et les poches pleines de bisous de ma petite famille que je me suis pitchée dans le vide. Pour vivre. Vivre des choses, des émotions, vivre le vide et le sentiment paradoxal que rien ne pouvait m’atteindre. Faire de la route jusqu’à l’écoeurantite aiguë, m’asseoir longtemps sur le bord d’un gros caillou rouge mesurant des kilomètres de long et assez haut pour se tuer si t’es cave et que tu fais pas attention. C’est ça aussi, le vide. J’avais les deux pieds dedans. Rien ne te rend plus humble que de réellement comprendre à quel point t’es petit et que tout ce qui t’entoure, cette immensité, est là depuis des millions d’années. Que si tu glisses, tu meurs, pis c’est toute. Que tout va continuer pareil même si tu te fracasses les 206 os en bas du ravin. Ça faisait un peu peur. Mais j’étais bien. Le vide. Une poignée de touristes avec des selfie sticks et deux hippies qui jouent de la flûte de pan au coucher du soleil, OK, mais le vide quand même.

Je suis partie de Montréal pour me rendre à Denver en avion. J’ai peur de l’avion. J’ai peur de paniquer et de virer folle à un point tel qu’on ait besoin de me piquer par derrière avec une seringue de calmants dans la jugulaire, j’ai peur d’avoir mal au cœur et de vomir (j’ai la phobie de vomir by the way), peur qu’un vulgaire ballon à l’hélium se pogne dans une des turbines et que l’avion saute, peur que l’avion s’écrase, que les deux pilotes tombent dans les pommes en même temps et que je doive conduire l’avion moi-même, peur que le gilet de sauvetage en dessous de mon banc (que j’ai touché avant le décollage pour être certaine qu’il soit bien là) soit défectueux ou soit genre de format XXL et qu’il glisse par-dessus mon corps pour me laisser sombrer au fond de l’océan comme une vieille crotte.

J’ai décollé en catastrophe parce que le pont Champlain était fermé et que je suis arrivée en retard. J’ai juste eu le temps de m’acheter mon traditionnel nécessaire à vol d’avion (bretzels, M&M’s, bouteille d’eau pétillante) et j’ai pris le vol AC7705 en direction de Denver. Le plan : passer deux jours à Denver et louer un VUS pour faire la route qui traverse un des plus beaux paysages du monde, le désert qui traverse l’Utah, l’Arizona et le Nevada pour me rentre tranquillement à Las Vegas, où Mathieu venait me rejoindre. Pas pire plan, quand même.

Je dois avouer que mes premières heures en sol américain ont été imprégnées d’un drôle de sentiment. C’était ben weird. Être toute seule. J’adore être toute seule, mais là j’étais vraiment toute seule. Et surtout, je pouvais décider de TOUT. Des activités, de comment j’allais occuper mon temps, de ce que j’allais manger, à quelle heure j’allais me lever. VERTIGE. Je marchais dans les rues de Denver en m’efforçant de regarder ce qui m’entourait plutôt que de regarder par terre. Ça fait déjà un bout de temps que je me suis rendu compte de ça; je regarde toujours par terre quand je marche. Et en vélo aussi. Ça donne mal au cœur. Mais moi je suis toujours occupée à regarder autre chose. C’est comme si mon cerveau voulait analyser tous les dangers potentiels qui pourraient se trouver sur ma route : crachat, caca de chien, vitre cassée, cornet renversé, gomme fondue, clou rouillé pointé vers le haut, gouttes de sang, flaque de vomi, rigole de pipi et seringue souillée. Je travaillais fort pour regarder les bâtiments, les gens, partout. Cette pratique franchement ardue a tôt fait de m’envoyer, comme une catin pas de tonus, les deux genoux sur l’asphalte, direct en avant d’une terrasse bondée. Débarque humiliante. J’avais pas vu que le trottoir finissait là. Ben coudonc.

Je me suis plantée. J’ai perdu l’équilibre, un peu, devant le néant. J’ai perdu mes repères, perdu le contrôle. Pis c’était pas grave. Ça m’a pris ça pour comprendre l’importance de l’équilibre. Pas juste sur mes deux jambes ou d’une bonne gestion du regard – un peu en avant, un peu à gauche, un peu à droite, t’sé, le gros bon sens, là – l’équilibre tout court. Ça allait me servir, ça.

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Texte : Hélène Mallette
Photo :  Mathieu Lachapelle

Palm Springs et le Desert Modernism

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Étonnante oasis au coeur du désert, Palm Springs doit sa végétation luxuriante et son riche écosystème à un aquifère produit par la dernière glaciation. Déjà, il y a plusieurs centaines d’années, les Cahuillas, un peuple autochtone habitant toujoursle sud de la Californie, s’étaient installés dans la région et, au tournant du 19e siècle, on trouvait à Palm Springs un sanatorium, construit là en raison du climat doux et propice à la guérison. En 1909, Nellie Coffmann, venue à Palm Springs pour guérir une toux persistante, y construit un premier hôtel et reçoit, parmi ses premiers clients, deux journalistes du L.A. Times qui ont tôt fait de vanter les mérites de la région. Si bien que, dès les années 1920, Palm Springs était déjà devenue la destination par excellence des stars hollywoodiennes; pratique, lorsque l’on sait que les contrats de l’époque exigeaient des vedettes qu’elles restent en tout temps à moins de deux heures d’Hollywood.

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Les premiers pas du Modernisme
Pour loger cette population particulière, animée par le luxe, le confort et le désir de faire la fête, les plus grands architectes de l’époque se donnent rendez-vous à Palm Springs. Au coeur de leurs conceptions se trouvent les idées alors très en vogue : ici, fonctionnalité, esthétique, lignes pures et nouveaux matériaux ont la cote. Ce mouvement moderne, qui s’amorce avec la construction d’hôtels dans les années 1920 (comme la Popenoe Cabin, aujourd’hui détruite, dessinée en 1922 par Rudolf Michael Schindler), prend de l’ampleur dans les années 1930 et, plus encore, dans les années 1950, avec des architectes comme Richard Neutra, Donald Wexler, William Krisel, Albert Frey ou William F. Cody, qui découvrent à Palm Springs un terrain de jeu unique. À l’instar des mouvements internationaux de la même époque, le modernisme de Palm Springs s’inscrit dans une volonté de décloisonnement et d’ouverture, de simplicité et de minimalisme. Mais dans ce territoire de roc et de chaleur, où la lumière est partout (on compte, à Palm Springs, moins de 150 mm de pluie par année), les architectes créent un mouvement plus organique, en laissant le paysage s’immiscer dans les volumes internes et en ouvrant les constructions aux reliefs environnants. Ces trouvailles, propres à la région, ont donné un sous-mouvement du modernisme, appelé après coup Desert Modernism, une architecture du désert, donc, qui fait aujourd’hui la signature de Palm Springs.

Marilyn Monroe, Elis Presley et les autres.
Si Gene Kelly, Marilyn Monroe et Elvis Presley — pour n’en nommer que quelques-uns — ont séjourné à Palm Springs, les vraies vedettes de la ville ont pour nom Kaufmann Desert House (Richard Neutra, 1946), Frey II (Albert Frey, 1962), Elrod House (John Lautner, 1968) ou Loewy Residence (Albert Frey, 1946), des joyaux architecturaux pouvant encore être admirés aujourd’hui. Ces résidences, toutes uniques en leur genre, tirent le meilleur parti de leur environnement et des avancées techniques de l’époque de leur construction : aluminium, modules préfabriqués, fenêtres surdimensionnées, par exemple, entrent dans la composition de ces résidences. Celles-ci sont complétées par tout un lot de bâtiments publics de style moderniste et par les fameuses « Alexander Homes », un lot de plus de 2000 résidences modernistes destinées à des propriétaires aux moyens plus modestes, dessinées par les architectes Dan Palmer et William Krisel et construites, à partir de 1956, par l’Alexander Construction Company. Ces maisons, campées dans le quartier de Twin Palms, ont contribué à démocratiser le mouvement moderniste, si bien que la ville est, encore aujourd’hui, l’endroit où l’on retrouve la plus grande concentration de bâtiments modernistes au monde.

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L’oublie et le second souffle
Après avoir quelque peu sombré dans l’oubli pour une bonne partie des années 1970 et 1980, Palm Springs a vécu un renouveau dans les années 1990 grâce à des amateurs d’architecture, qui ont acquis ses résidences iconiques pour leur redonner toute leur splendeur. Aujourd’hui, Palm Springs accueille chaque année une foule de touristes venus admirer autant le paysage que l’architecture. Si vous passez par là, procurez-vous une carte des bâtiments les plus significatifs de l’architecture moderniste du milieu du siècle dernier au Palm Springs Official Visitor Center, lui-même installé dans une ancienne station-service imaginée par Albert Frey et Robert Chambers et laissez-vous impressionner par son immense toit en porte-à-faux. Visitez le Palm Springs Art Museum Architecture and Design Center, situé dans un bâtiment dessiné par E. Stewart Williams en 1961, ou planifiez une visite guidée avec un des spécialistes de la région. Et, surtout, laissez-vous séduire par la couleur du ciel, l’air chaud sur votre peau et la magnificence du paysage, comme l’ont fait tant d’autres avant vous.

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Lors de cette escapade photo, l’équipe de Dînette a eu le plaisir d’être logée au Arrive Hotel à Palm Springs. Une formule rafraîchissante et franchement luxueuse qui propose des chambres au style hyper moderne qui n’ont vraiment rien à envier aux décors parfaits trouvés sur Pinterest. Un mélange de rétro, de minimalisme et de confort nous berce tout au long du séjour. Le check-in se fait au bar avec une savoureuse bière IPA locale qu’on nous tend dès notre arrivée. Au Arrive Hotel, c’est par texto que la communication se fait; que ce soit pour demander le code Wi-Fi, des serviettes pour la piscine, pour demander à un préposé de venir allumer notre foyer extérieur privé ou pour commander un repas à la chambre. Au grand plaisir de tous, le personnel se trouve derrière le bar à échanger et à profiter de l’ambiance ‘’party piscine’’ qui règne à l’hôtel. En plus d’une magnifique piscine creusée entourée de mobilier extérieur design, l’hôtel propose aussi un restaurant, la location d’adorables vélos rétro, un coffee shop et un ice-cream shop proposant des crèmes glacées et sorbets artisanaux, tout ça, adjacent à l’hôtel.

ARRIVE HOTEL
1551 N Palm Canyon Dr.
Palm Springs, CA 92262
United States
palmsprings@arrivehotels.com
arrivehotels.com

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Texte: Catherine Ouellet-Cummings
Photos: Mathieu Lachapelle

 

 

Dînette 007 – Aride

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Aride
Dînette parcoure les états désertiques des États-Unis pour se laisser bercer par la chaleur aride et les vastes étendues de sable et de pierre. On joue avec les textures et les couleurs, on flirte avec les parfums et les épices, puis on se laisse inspirer par la végétation qui, malgré tout, s’est adaptée au climat et pousse un peu partout.

Le numéro 007 « Aride» vous présente :

– Une chasse aux déserts de l’Ouest américain
– L’architecture de Palm Springs et le desert modernism
– Une entrevue avec Épices de cru
– L’entreprise Cactus Fleuri
– Le safran
– Les sols arides de la Grèce
– Le restaurant Escondite
– Le phénomène du « zéro déchet »

Détails : 148 pages, impression offset, couverture « soft touch » velouté. Imprimé au Québec
Date de publication : 8 décembre 2016
Livraison entre 7 et 10 jours ouvrables

Miel

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Floramiel
Miel pur non pasteurisé
Rucher situé à Val-Alain, Lotbinière, Québec
Floramiel.ca

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Miel de la garde
Miel brut, baratté et non pasteurisé
Rucher situé à Prévost, Québec
mieldelagarde.com

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Brunette
Miel brut de fleurs sauvages
Produit par Miels d’Anicet
mielsdanicet.com

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Miel de Melbourne
Miel parfum d’été non pasteurisé
Rucher situé à Saint-Joachim de Shefford, Québec
mielmelbourne.com

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Alvéole
Miel de quartier local, brut et non pasteurisé
Issu des toits de Montréal
alveole.buzz

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Photos et texte: Jeremy Hall

@jeannemap

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Il fait chaud. 28 degrés selon mon iPhone et il est à peine 10 h. Un dimanche d’été montréalais comme je les aime, le genre qui me fait réaliser pourquoi j’endure cette ville tout le reste de l’année. Au Butterblume, charmant café-resto nouvellement ouvert sur le boulevard Saint-Laurent à quelques mètres du viaduc Van Horne, j’attends Jeannemap.

Jeannemap, car c’est surtout sous ce nom que je connais Jeanne Rondeau-Ducharme, instagrammeuse au talent débordant, membre du collectif @ondejeune et passionnée de road trips. Native de Québec, les escapades en nature lui font du bien
et c’est donc ce type d’images qu’elle décide de partager avec son public, afin de les sortir de leur quotidien.

Parmi ses coups de coeur, la municipalité de Kamouraska, un coin du Québec qui a marqué son imaginaire lors d’un voyage avec ses parents à l’âge de 12 ans. Aujourd’hui, c’est un des multiples endroits qu’elle nous fait redécouvrir lors de ses aventures avec son compagnon @pichasson.

La route et la nature, pansements spirituels aux dommages psychologiques parfois infligés par la congestion, le bruit et la rapidité du rythme de vie des villes. Ironiquement, peut-être un remède au bruit qu’on s’inflige par les réseaux sociaux aussi. Jeanne m’explique qu’elle publie d’ailleurs plusieurs de ses photos une fois revenue au bercail, question de réellement profiter de ses moments sur la route.

Les images qu’elle partage respirent le calme, la découverte, et surtout, nous donnent envie d’explorer des régions de chez nous. Car pas besoin d’aller à l’autre bout du monde ou de prendre des semaines de vacances pour trouver de l’inspiration et de la beauté. Voici un échantillon de ses photos qui, on l’espère, vous donneront envie de prendre la route, en solo ou entre amis, et d’aller prendre un peu d’air frais.

@JEANNEMAP

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Texte: Tamy Emma Pepin
Photos: Jeanne Rondeau-Ducharme, @jeannemap

Dîner en haut des nuages

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Texte: Mathieu Lachapelle
Photos: Tamy Emma Pepin
Drone: Benjamin Rochette

Il est 4 h 30 — le chalet dort encore parce qu’évidemment, tout le monde vient à peine de se coucher. On se déplace doucement à pas de danse afin d’éviter de tapager plus fort que les crépitements du foyer qui s’endort finalement. Paquetage en un temps record. Les zips et les clics des attaches et fermetures éclair de nos sacs sont faits dans la plus grande discrétion. Mais malgré nos efforts, les moindres sons résonnent dans la mezzanine de notre chalet moderne tout blanc où dort le reste de l’équipe. Tortillas, sauce piquante, limes, avocats, tofu râpé et fromage gouda fumé sont déposés sur la banquette arrière pour une collation mexicaine épique en haut des montagnes.

Du grand Charlevoix
Une épaisse brume revêt la coquette baie de madame Saint-Paul. Au travers des routes sinueuses, on entre et sort du brouillard comme dans une montagne russe à Disney World. À droite, le grand fleuve vêtu de ses plus beaux habits, à gauche la végétation du grand Charlevoix qui épouse la chaussée jusqu’à notre première destination : un vaste champ vert petit pois où séjourne le bolide aérien de monsieur Provencher, propriétaire de Héli-Charlevoix. Considéré comme l’indétrônable guide de Charlevoix, parce qu’il l’explore depuis plusieurs années, monsieur Provencher a accepté de nous accompagner pour quelques steppettes de haute voltige… Par pitié, peut-être, après qu’on lui ait déployé notre plan de champions : faire cuire des quesadillas sur la pointe la plus dominante de la région. Et c’est lui qui allait nous servir de guide.

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Le vent dans les tacos
Ébouriffés par le vent des hélices, on enjambe, poêlon à la main, la porte de l’hélico pour un survol de la région en quelques minutes. Puis, l’hélicoptère s’arrête pour une pause chambranlante sur un sommet de montagne aux allures surréelles. Vêtues d’un couvre-sol spongieux, les grandes montagnes nous accueillent à bras ouverts avec ce point d’interrogation au milieu du front. Qui prendrait son avant-midi à faire voler des tacos au gré du vent? On n’allait tout de même pas se contenter de quelques clichés comme les autres clients de monsieur Provencher. Non. On a tout apporté pour un snackà flanc de colline.

Formule de politesse avec notre guide, il nous salue de la main en prenant bien soin de nous pointer bébé ours qui gambade dans le lichen. Intrus dans son terrain de jeu, on lui envoie un signe de peace un peu crispé, en lui faisant savoir que notre passage dans sa cour de récré ne durera que le temps d’un dîner rêvé à la mexicaine.

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Les fermes Lufa

On connaît tous des gens qui aiment clamer haut et fort « moi j’mange juste bio! », et ce, même si ça veut dire acheter des bleuets du Chili et du bœuf de la Nouvelle-Zélande. Peut-être le faisons-nous aussi à l’occasion. Concilier manger bio, local et de saison n’est pas toujours une mince tâche, surtout en ville. Toutefois, il y a une entreprise d’ici qui le permet. Lufa est surtout connue pour ses paniers personnalisables et son marketing à tout casser – par contre, peu de gens connaissent bien ses valeurs et façons de faire novatrices. Au-delà des beaux légumes bios, voilà une toute jeune entreprise d’ici qui a un beau rêve : permettre un approvisionnement alimentaire autosuffisant en plein milieu urbain.

L’agriculture sur toit, version grande échelle
En plein cœur de Montréal se trouve la toute première serre de toit à vocation commerciale du monde. Génial, n’est-ce pas? Les Fermes Lufa ont inauguré leur première serre près du Marché Central il y a 5 ans. Construire une serre de toit peut sembler facile : on a besoin d’une serre et d’un toit, non? Et des toits, il y en a tout plein! En fait, la cofondatrice, Lauren Rathmell, nous explique que c’est toute une affaire. La majeure partie des infrastructures existantes sont conçues pour soutenir une certaine quantité de neige, mais sans plus. Il y a également beaucoup de parties intéressées (ingénieurs, propriétaire de l’immeuble, autorités de réglementation), et beaucoup d’aspects à considérer; il est donc souvent plus facile de construire un immeuble adéquat. C’est pourquoi, en 2013, Lufa donna naissance à une serre encore plus vaste à Laval. On y cultive notamment la tomate ancestrale.

Les serres produisent environ 25 % des produits offerts dans le marché en ligne de Lufa, le reste provenant de divers fermiers partenaires. Lufa nourrit déjà une importante partie de la métropole, mais la jeune entreprise souhaite rejoindre encore plus de familles dans la région du grand Montréal. Parmi ses projets, on compte l’ouverture d’une troisième serre d’ici la fin de l’année. Au menu? Encore plus de vert! On parle aussi d’un réseau de points de cueillette encore plus grand. #onaimeça

Rechercher la dirabilité à tous les niveaux
Chez Lufa, la durabilité est toujours une priorité. Comme la chaleur monte, la construction de serres sur toit permet de réaliser d’importantes économies d’énergie. D’après Lauren, elle permet aussi de tirer parti de terrains existants et d’espaces qui ne servent à rien. De la fibre de noix de coco est utilisée comme base neutre pour remplacer la terre – une pratique qui a entraîné une révolution de l’industrie de la noix de coco en réduisant le gaspillage.

Pour les verdures, tous les nutriments viennent de l’eau, qui est captée, irriguée, recirculée, alouette! sans jamais être évacuée. Dans la serre froide, l’eau pompée par le toit sert aussi à climatiser l’environnement. Les serres sont entièrement automatisées, contrôlées par un programme garantissant que les conditions (température, humidité, lumière) sont toujours optimales pour la croissance des récoltes.

Le contrôle des insectes nuisibles ou porteurs de maladies se fait sans pesticides et insecticides synthétiques ou chimiques; on privilégie la rotation des récoltes et les insectes prédateurs, tâchant de recréer de petits écosystèmes. Ces techniques demandent beaucoup de connaissances et de recherches, mais permettent une culture réellement bio et durable. Les employés de Lufa surveillent aussi attentivement leurs récoltes – l’entreprise a même développé une application interne permettant de compiler des données, de créer des cartes et de déterminer les tendances dans les serres!

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De la serre à l’assiette
Lufa propose certains aliments de base (concombres, tomates, poivrons, verdures) à longueur d’année, tout en offrant cycliquement des aliments au gré des saisons. L’agriculture sur toit offre deux autres grands avantages : l’accessibilité et la FRAÎCHEUR. Pour Lauren, l’idée est de faire pousser des aliments en pleine ville, près des consommateurs, éliminant ainsi le recours aux intermédiaires et distributeurs. Tout, tout, tout dans les serres est cueilli sur commande seulement, et rien n’est conservé au réfrigérateur. Les employés arrivent tôt le matin et cueillent les légumes en fonction des commandes des clients.

À la serre de Laval, les cueilleurs font les récoltes la nuit, à la lampe frontale, pour que les aliments puissent être joints à ceux de la serre de Montréal et acheminés à l’assiette du client le jour même. Pas mal fresh, n’est-ce pas?

La jeune entreprise à croissance fulgurante – qui est passée de quelques centaines de paniers à nourrir plus de 6 000 familles grâce au bouche-à-oreille – s’est adaptée aux commentaires de ses clients pour compléter son offre de produits (notamment en commençant à offrir des produits d’origine animale), devenant ainsi le one-stop shop pour les Lufavores qui aspirent à manger local et bio toute l’année. En faisant affaire avec divers partenaires pour offrir une sélection complète de produits issus de l’agriculture durable et bio et en offrant des paniers personnalisés, Lufa permet aux gens de faire leur épicerie en visitant la section « Le Marché » sur son site Web. Cette section ultra transparente pousse également les gens à lire, à en savoir plus sur la provenance des aliments qu’ils achètent, contribuant ainsi à changer la façon de penser et les habitudes de consommation des Montréalais.

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En vedette: la bette à carde arc-en-ciel
Quand je suis entrée dans la serre froide de Lufa, qui renferme leurs fameuses verdures, j’ai été frappée par les couleurs vives qui s’ajoutaient au fabuleux vert vif – oh! de la bette à carde arc-en-ciel! On la reconnaît tout de suite grâce à ses grandes et luisantes feuilles vert foncé et tiges allant du jaune au rouge, en passant par le rose fuchsia (saviez-vous que ses racines sont tout aussi colorées?). Il s’agit d’un légume feuillu dont on consomme aussi bien les fabuleuses tiges que les feuilles, crues ou cuites. Elle contient des antioxydants et bon nombre de minéraux et vitamines, comme les vitamines A et K, du fer et du magnésium. Chez Lufa, on la récolte un peu plus tôt que d’habitude, et en plus petites quantités, ce qui permet d’obtenir des feuilles tendres, parfaites pour les salades et sandwichs. Ma recette top secrète? J’utilise les plus grandes feuilles pour envelopper des wraps végétaux à tomber par terre. À essayer!

Pour notre recette de bette à carde marinée.

 

 

Dépanneur le Pick Up

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Texte et photos : Roseline Mathieu

La culture du dépanneur est un univers unique au Québec : ailleurs, on connaît le corner store ou le magasin général. La version québécoise du commerce de rue proposant tous les produits qui dépannent est pourtant bien singulière : des allées de chips aux réfrigérateurs où s’alignent les boissons multicolores et les caisses de bière, il est souvent le témoin privilégié de nos premières dépenses à l’enfance, quand le pouvoir d’achat nous saute au visage à grandes lampées de slush à la cerise. Souvent malmené par les allées et venues des clients pressés, celui-ci demeure un lieu que l’on fréquente régulièrement, d’abord par obligation, puis peu à peu par affection. Chaque quartier jouit du sien et le chérit, au fond, parce que personne n’est réellement indifférent à la douce poésie du dépanneur du coin.

C’est dans cette atmosphère familière que l’on découvre le Dépanneur le Pick Up, avec son décor chargé et ses allées exiguës, que l’on sillonne sans contenir son émerveillement. Mi-dépanneur, mi-cantine, il se tient fièrement au coin des rues Waverly et Alexandra, comme le bijou caché des environs. Véritable institution du quartier Rosemont-La-Petite-Patrie et autrefois nommé Chez Maurice, le Pick Up est fréquenté entre autres par une communauté artistique du milieu punk montréalais, par des travailleurs du quartier cassant la croûte les midis, mais aussi par des curieux et amateurs de sandwichs. Malgré l’offre abondante de produits, surtout issus d’entrepreneurs de chez nous, l’endroit est davantage fréquenté pour sa nourriture, réputée comme authentique et excellente.

Lorsque Dînette a visité le dépanneur, l’endroit était bondé. En pleine heure de lunch, les cuisiniers s’affairaient pour concocter le meilleur de la bouffe sur le pouce et sortaient des plats alléchants, sans prétention. Une fois installé sur un tabouret aux allures rétro rappelant ceux des snack-bars des années 50, on a eu envie d’observer la magie qui s’opère ici.

Sur les tablettes, on trouve des produits québécois, mais aussi des classiques incontournables comme des orangeades, sodas et barres de chocolat et caramel. Au menu, des sandwichs savoureux au pulled pork ou à la dinde, des clubs garnis de champignons chipotle, des salades de quinoa capables de convertir n’importe quel carnivore, des pâtisseries invitantes et un menu déjeuner pour les clients matinaux. Plusieurs options végétariennes sont également offertes, dont le fameux sandwich au faux pulled pork, tout aussi délicieux que son acolyte original. Il a d’ailleurs fait la renommée de l’endroit auprès des végétariens. Difficile de ne pas se laisser tenter!

Entre les rangées sont installées quelques tables, mais le Dépanneur le Pick Up possède également une terrasse à l’arrière, pour les clients désirant manger sur place. Sinon, le lunch vous attend sur le comptoir, directement devant la cuisine et au cœur de l’action.

Sans jamais y avoir mis les pieds, on a pourtant l’impression d’y avoir passé toutes ses années de jeunesse. La culture québécoise a mis au monde le modèle du bon vieux dépanneur au XXe siècle, et le Pick Up s’y installe avec confort et de manière naturelle et sans paraître démodé. Pour emporter ou pour déguster sur place, les plats sont servis avec chaleur et attention.

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Le Dépanneur le Pick Up se présente comme véritable perle dans la coquille de la culture montréalaise. En passant la porte, on pénètre dans un univers chargé de souvenirs qu’il fait bon découvrir, ou redécouvrir!

Dînette 005 – Road trip

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Road trip
Pour le numéro 005, Dînette plie bagage avec une gang de collaborateurs pour un road trip dans la majestueuse région de Charlevoix. On part à la découverte de paysages à couper le souffle, de bonne bouffe et de gens touchants qui nous font tomber en amour avec leur coin de pays.

Le numéro 005 Road trip vous présente :
Hooké : La gang de pêche à la mouche
– Une bouffe en canot dans le parc des Hautes-Gorges
– Le potager de l’hôtel Le Germain
– Des cantines indétrônables
– La maison d’affinage Maurice Dufour
– La tête de violon
– Une pause avec les maillots Mimi Hammer
– Une virée en hélico pour manger des quesadillas sur le sommet d’une montagne

Détails : 164 pages, impression offset, couverture « soft touch » velouté. Imprimé au Québec
Date de publication : 21 juillet 2016
Livraison entre 7 et 10 jours ouvrables

Solids

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Texte : Mathieu Lachapelle
Photo : Jimmi Francoeur

Tourbillon de réverbération, mur de son de guitares écorchées et pop alterno du début des années 1990, tel est le son dans lequel vous plonge le groupe montréalais Solids. Le duo formé de Louis Guillemette (batterie et voix) et Xavier Germain-Poitras (guitare et voix) a fait le tour du monde au cours des dernières années. Ils ont enchaîné tournée après tournée (États-Unis, Europe, Maritimes) et festivals après festivals à un rythme effréné. Leur plus récent opus, Blame Confusion, présente une production tout de même léchée, mais c’est en concert qu’on sent lepoids de leur puissant rock nous submerger de décibels. Entre deux tournées, Louis a invité Dînette à goûter à son mythique pain aux bananes. Il le fait avec des chocolats Rolo dedans, c’est fameux! « Un jour, je me suis tout simplement dit que faire des pains aux bananes avec des Mini Rolo était une bonne idée et je pense que j’avais raison! Une fois, j’ai organisé un party pains aux bananes chez moi avec une dizaine de sortes différentes. J’ai aussi tendance à faire des ba tchs avant les shows pour partager avec tout le monde, de là la réputation! » nous a-t-il confié en riant. En plus, on est chanceux, il nous donne même sa recette! Alors c’est dans le confort de leur cuisine que nous avons demandé à Louis et Xavier, tout simplement, ça mange quoi un band rock du Québec en tournée partout à travers le monde?

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Votre musique préféré pour cuisiner?
Louis : Ça change souvent, mais ces temps-ci j’irais avec Wild Moth, Fake Palms et Fela Kuti.

Xavier : Moi aussi c’est selon mes obsessions du moment. Ces jours-ci, c’est The Clean qui se retrouve toujours sur mon tourne-disque.

Votre grande spécialité culinaire?
Louis : J’irais avec ma sauce à spaghetti à la viande, mais à ce qu’il paraît, il y aurait aussi le pain aux bananes!

Les collations que vous traînez le plus souvent en tournée pour faire de la van?
Xavier : Les chips! C’est fou toutes les sortes « exotiques » qu’on peut trouver en tournée à l’étranger. S’il y a un domaine dans lequel l’humain sait se montrer inventif, c’est bien celui-là! Je suis quand même un fan de chips nature donc c’est souvent celles-là que j’vais essayer s’il s’agit d’une marque qu’on n’a pas à la maison, mais en matière de saveur, mes préférées sont les chips à la Joppiesaus (sauce Joppie), une sauce hollandaise qu’on trouve en Belgique et aux Pays-Bas qui se mange souvent avec des frites. Un genre de mayo jaune aux oignons et au curry.

Louis : Souvent des mélanges de noix, des sandwichs au beurre d’arachides, et si on est aux États- Unis, n’importe quoi qui vient de chez Trader Joe’s. Trader Joe’s c’est une chaîne de supermarchés qui vend de la bouffe santé/biologique a très bon prix. Pendant nos tournées on essaie de faire des épiceries là-bas le plus souvent possible au lieu de manger dans des truck stops.

Et si vous mangez dans des trucks stops, dans quel pays on trouve les meilleurs pour la bouffe? 
Xavier : J’dirais l’Angleterre. C’est pourtant pas un pays que j’affectionne particulièrement pour sa cuisine, mais étonnamment, à chaque halte routière il y a une épicerie vraiment décente avec des fruits et légumes et une sélection de snacks vraiment pas piquée des vers. Louis : Moi je vais plus y aller avec notre resto préféré sur la route aux États-Unis, le Waffle House.

Et votre resto préféré à vie?
Louis : Dépanneur Le Pick Up sur la rue Waverly à Montréal. Leur sandwich au faux pulled pork végétarien est cinglé!

Xavier : Je dirais le Sumac dans Saint-Henri parce que je fais une fixation sur la cuisine du Moyen- Orient depuis quelques mois.

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Le meilleur repas en tournée c’était quoi?
Louis : Durant notre dernière tournée européenne, on a mangé un rôti de porc beaucoup trop délicieux à Hannover en Allemagne.

Xavier : Le poulet rôti du Hühnerhaus 36 à Berlin qui arrive ex aequo avec les pintxos de Borda Berri à San Sebastian en Espagne. Les pintxos c’est l’équivalent basque des tapas espagnoles qu’on connaît. Il y en a des dizaines de sortes, le format bouchée est pas mal la seule chose qu’ils aient tous en commun. Ils peuvent être servis sur un bout de baguette, en brochette sur un cure-dent, en croquette frite, etc.

Vos boissons favorites?
Louis : Dans l’alcool j’irais avec un Old Fashioned, c’est un drink à base de Bourbon. Personnellement je suis tombé en amour avec ce drink au casino Circus Circus à Reno au Nevada, avec nos bons amis du groupe Makthaverskan. Après le spectacle (qui, ce soir-là, a fini très tôt) on a loué une chambre dans ce casino et on a passé une bonne partie de la nuit à jouer/boire/vagabonder dans les alentours. Sinon dans le sans alcool j’irais avec le Club-Mate disponible en Allemagne (et de plus en plus en Amérique du Nord). C’est une boisson gazeuse au yerba maté. Le Club-Mate a un genre de goût de tabac qui est un peu « rough » au début mais quand on s’habitue on devient vite accro. Pour un produit dans le même genre fait à Montréal; le Prime Mate est excellent, on le suggère fortement!

Votre bouffe de lendemain de veille?
Xavier : J’aime les brunchs bien classiques, mais dans les cas de force majeure ça va souvent être de la pizza. La pizza règle tous les problèmes.

Louis : Quelque chose de léger du genre légumes et fruits. Je ne suis pas trop du type déjeuner super gras de lendemain de veille.

Votre expérience culinaire la plus weird en tournée?
Xavier : On a eu des bonnes et des moins bonnes expériences, mais rien de vraiment bizarre. Peutêtre la langue de morue panée à St. John’s (Terre- Neuve)? Encore là, c’était plus surprenant (et très bon finalement) que weird.

Si vous aviez à manger qu’une seule chose pour le reste de vos jours, ça serait quoi?
Louis : Les lobster rolls de mon oncle Alain Bossé le Kilted Chef. Il m’a beaucoup appris de choses en ce qui concerne la cuisine. Il a d’ailleurs écrit un livre sur les moules! C’est un ambassadeur de la cuisine de l’Atlantique. Nous avons joué au Sappy Fest à Sackville au Nouveau-Brunswick l’été dernier et on en a profité pour aller visiter mon oncle sur la route. Il nous a préparé des lobster rolls de la mort, les meilleurs que j’ai mangés dans ma vie, je pense bien…

Xavier : Je sais pas quoi exactement, mais ce serait probablement sous forme de sandwich, le meilleur concept culinaire à avoir été inventé quant à moi. J’pense pas qu’on puisse s’en tanner.

Vous travaillez sur quoi en ce moment?
Louis : Un nouveau mini album est en fin de préparation, tout ça devrait sortir au printemps prochain, mais on travaille déjà sur des nouvelles chansons pour un futur album complet.

Écoutez Solids : solids.bandcamp.com

Anne Dardick de Dot & Lil

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Texte : Marie-Philippe Jean
Photos : Valeria Bismar

L’édifice de la rue Fullum, à Montréal, accueillant le magasin d’exposition et l’atelier de fabrication de Dot & Lil ressemble à tous les autres espaces industriels du quartier — de la brique, des escaliers de fer, et à l’intérieur, de larges couloirs gris et une longue série de portes numérotées. Mais derrière la porte 208, un autre monde, celui d’Anne Dardick, cerveau de Dot & Lil. Les époques s’y confondent et on remarque au premier coup d’oeil que chaque coin de l’espace a été réfléchi et soigneusement décoré pour s’harmoniser aux objets qu’il présente — des tasses-bougies, des savons, des huiles… Ici, on imagine et fabrique à la main des produits pour le corps, le bain et la maison.
« Café, thé? Aimerais-tu choisir ta tasse? »

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Chaussée de ballerines et faisant valser sa grande chevelure, Anne est l’incarnation de son lieu — délicate, chaleureuse, dont la beauté rappelle celle des stars hollywoodiennes d’une autre ère. D’ailleurs, l’origine du nom Dot & Lil provient de Dorothy et Lillian Gish, deux soeurs actrices qui ont connu la célébrité au temps du cinéma muet.

Anne est aujourd’hui une prolifique entrepreneure de 28 ans dont les produits sont appréciés partout au pays et aux États-Unis, mais ce n’est pas ce qui était écrit sur le plan initial…

C’est en se retrouvant sans emploi en 2008 qu’elle et sa soeur se lancent dans le projet de produire des baumes à lèvres avec quelques ingrédients maison. Le « fait-maison » ça les connaît — « Ma mère faisait ses propres cornichons! » Dans la maison victorienne du Plateau-Mont-Royal où elle a grandi, on cultivait une passion pour le vintage, et tout ce qui se retrouvait sur la table avait été cuisiné de A à Z.

Anne porte un souvenir très clair de la première fois où elle a goûté du macaroni au fromage du commerce, à 9 ans, chez la voisine — « Je trouvais que c’était la meilleure chose au monde parce que je n’avais jamais goûté à un mets transformé! » Évidemment, ce goût pour le contenu de la boîte de carton fût assez éphémère et la tradition de « faire soi-même » se transmit naturellement de mère en fille — après les baumes à lèvres, les savons… Rapidement, le petit projet des soeurs Dardick prend de l’expansion, surtout dans le coeur d’Anne qui soudainement ne se voit plus faire autre chose que de faire croître la petite compagnie.

Quelque temps plus tard, sa soeur déménagea à Los Angeles, continuant de la soutenir à distance jusqu’à doucement lui laisser reprendre la gestion complète de Dot & Lil. À l’époque, la vague de petites entreprises artisanales montréalaises n’en était qu’à ses débuts — le geste était risqué, le saut était épeurant, mais c’est la passion qui l’emporta et mena Anne à embrasser le rôle de chef d’entreprise.

Maintenant entourée d’une équipe de quatre personnes, dont son amie Doriane, à ses côtés depuis le secondaire, Anne peut davantage se concentrer à l’élaboration de nouveaux produits. Si les artistes ont un sens de l’observation aiguisé, elle a également dû développer son odorat pour faire naître des mélanges olfactifs aussi enivrants qu’authentiques.

On associe souvent de façon naturelle des odeurs à des moments, comme tout ici marie le passé et le présent, est-ce que des souvenirs forts guident ta création?

« Absolument. La description associée au savon Orange sanguine a fait pleurer ma mère. Sa famille est italienne, et son père est venu au Canada alors qu’il avait peut-être 20 ans. Si aujourd’hui on importe beaucoup de fruits et de légumes, ce n’était pas le cas à l’époque. Des oranges sanguines, ça n’existait pas ici, mais toute son enfance ma mère a entendu l’histoire des oranges sanguines et de leur couleur provenant du village où mon grand-père avait grandi. Plus tard, ils en ont trouvé, et mon grand-père a réuni toute la famille pour en faire la dégustation… Ma mère a beaucoup aimé que cette histoire m’inspire un produit. »

Je me suis fait prendre au jeu en posant mon nez sur le lait pour le bain Avoine et miel. Des frissons m’ont parcouru le corps : « Ça sent mon enfance…Mais je n’arrive pas à identifier le souvenir… » Anne m’explique que ça émane probablement des subtiles notes d’amande. « C’est ça! Les croissants aux amandes le samedi après-midi! »
Prends-tu des notes de certaines odeurs
parfois?

« Oui! Il y a un quartier à Los Angeles qui sent toujours la même chose, ça fait trois ans que je tente de le décrire, je n’y arrive pas encore et je trouve ça très frustrant! Je crois que c’est un arbre, ou une boutique qui porte une odeur particulière… J’ai tout de même créé une fragrance inspirée de cette ville, ça sent le jasmin la nuit, alors j’en ai incorporé beaucoup. Les voyages et mes expériences personnelles m’influencent… »

L’hiver québécois, qu’est-ce qu’il t’inspire?
« Je ne suis pas amatrice de sports extérieurs… Je trouve ça dommage, ça nous permet d’apprécier l’hiver québécois! Mais il y a aussi tout un aspect cocooning, réconfort, à l’hiver que je trouve superbe. Être chez moi et recevoir, je trouve ça très important. Et il n’y a pas de meilleur endroit qu’à la maison pour faire le plein d’énergie. »

Les grands froids encouragent aussi la redécouverte de l’art du bain, hautement maîtrisé par Anne qui rehausse cette indulgence en opacifiant son eau d’un lait de bain comme le ferait Cléopâtre, de bougies aux odeurs harmonieuses, et d’un verre de vin, parce que pourquoi pas. Prendre soin de soi, c’est prendre soin des autres. À deux portes du magasin d’exposition se trouve l’atelier, où tout est assemblé et emballé. Sur la table près des fenêtres, une sélection de tasses vintage dont la plupart ont été choisies par la mère d’Anne est exposée. Notre hôtesse enfile un tablier, noue ses cheveux et embaume la pièce d’une indéniable odeur de lilas en faisant réchauffer cire et huiles essentielles pour les verser dans les tasses qui se transforment en bougies sous nos yeux. Son sourire nous laisse deviner qu’elle a un faible pour ce produit.

 

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Au moment de partir et de refermer la porte derrière moi, j’ai cru pendant un court instant que tout cet univers tenait de l’imaginaire, comme un rêve. Mais Anne est bien réelle, à notre plus grand bonheur.

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Conserves

Photos et texte : Marie-Élaine Thibault

En pleine gueule
Smoked meat de magret de canard : Dans une conserve, un magret de canard québécois entier parfumé aux épices à steak qui se conserve à température pièce. Il vous suffit de déposer la boîte fermée dans une casserole d’eau bouillante pendant 8 minutes et hop, le tour est joué! Servir sur une tranche de pain de seigle avec de la moutarde.

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Katrin
Katrina salsa verde : Les fruits de mer et le poulet seront agréablement rehaussés par une dose de fraîcheur avec cette salsa verde à base de tomatillos. Katrin salsa roja : Parfaite pour agrémenter vos viandes ou encore pour déguster avec des chips de maïs, cette salsa montréalaise contient notamment de la fleur d’hibiscus.

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Olives orange et fenouil : Légèrement parfumées d’arômes d’anis et d’agrumes, ces olives agrémenteront vos plateaux d’antipasti avec classe. L’huile peut ensuite être conservée pour cuire un poisson ou relever une vinaigrette. Olives sumac et chili : Conservées dans l’huile et donc moins salées que celles préservées en saumure, ces olives sumac et chili vous charmeront par leur goût légèrement fruité, acidulé et épicé.

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Preservation Society
Bread & Butter : Ces cornichons vous ramèneront directement à la table de votre grand-mère. Un goût sucré et épicé parfaitement équilibré. Fleurs d’ail marinées : Que ce soit pour garnir un martini, « pimper » une vinaigrette, rehausser un tartare ou ajouter à un plateau de fromages, les fleurs d’ail marinées de Preservation Society créent une forte dépendance avec leur goût d’ail délicat provenant de la Ferme Northslope à Farrellton, Québec. Dilly Carottes : Croquantes carottes nantaises parfumées à l’aneth.

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Une sculpture dans la montagne

Architecture 003-10 (FILEminimizer) Texte : Catherine Ouellet-Cummings
Photos : Thierry Lacasse

Architecture 003-1 (FILEminimizer) Architecture 003-7 (FILEminimizer)Une maison, comme un refuge de montagne, d’où l’on peut admirer la douceur du paysage, sans quitter la chaleur du nid, en Estrie.  Le chemin qui longe la péninsule qui s’étire à l’intérieur du lac, mène à la résidence du sculpteur Jacek Jarnuszkiewicz. Accessible après la courte ascension du sentier, le bâtiment se tient fièrement au coeur de la forêt, à la fois dissimulé par les arbres qui l’entourent et s’élevant vers le ciel. L’endroit est silencieux, paisible, et cette douceur nous suit à l’intérieur où le propriétaire nous accueille. « Je viens ici le plus souvent possible, explique-t-il. J’aime l’isolement qu’il y a ici, je me sens au bout du monde! »  

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Inspiré de la nature, l’oeuvre est une collaboration entre le sculpteur et ses amis Loukas Yiacouvakis et Marie-Claude Hamelin de YH2 Architecture. Également inspiré par l’idée d’une « maison-champignon » qui sortirait de la forêt que par le travail de l’architecte Tom Kunding, Jacek a d’abord développé une série de maquettes et d’esquisses, qui se sont transformées avec l’apport des architectes. « Le processus de conception s’est rapproché de la technique du cadavre exquis développée par les surréalistes, chaque concepteur prenant le relais du premier, de sorte que le projet a évolué au fil des échanges », explique Loukas Yiacouvakis. Au final, le bâtiment de 1400 pieds carrés répartis sur deux étages et demi est articulé autour de deux volumes en bois, l’un clair et l’autre sombre, imbriqués l’un dans l’autre. À l’ouest, où la vue sur le lac est magnifique, les murs ont fait place à de larges pans vitrés, laissant le paysage s’inviter à l’intérieur. Inspirés par les arbres matures très présents sur le terrain, les concepteurs ont misé sur une composition verticale, où le regard circule d’un étage à l’autre et où les jeux de vertige sont les bienvenus. Ainsi, les stries vitrées de la face sud se poursuivent à l’intérieur, donnant lieu à un plancher de verre qui traverse l’espace. Au-dessus de l’entrée, des escaliers grillagés, laissant paraître la hauteur des étages inférieurs, grimpent jusqu’au dernier étage où le salon de lecture s’ouvre sur une terrasse de bois qui surplombe la forêt et offre un panorama spectaculaire sur les environs. Cette tour d’observation est surmontée d’un toit percé dont l’ouverture est orientée au-dessus de la chambre du propriétaire qui peut y voir les étoiles en étant couché dans son lit. Aussi bien dire que rien n’a été laissé au hasard pour faire de cette maison un lieu de paix, en harmonie avec la nature.

Visites à l’état sauvage dans ce lieu particulier où Jacek nous reçoit, les visites ne manquent pas, comme ce jour où un renard s’est approché de la maison, probablement pour attraper un mulot venu grignoter les graines tombées de la mangeoire à oiseaux, ou cette autre fois où, intrigué par un bruit, le sculpteur a vu six cerfs de Virginie galoper sur la route près de la maison. « Le premier avait de très grands bois, les autres le suivaient, raconte-t-il. Comme nous sommes sur une péninsule, isolés des autres résidences, ils savent qu’ils sont en sécurité ici ». De fait, avec son décor épuré, mettant en valeur les particularités du lieu, la résidence invite au calme et à la contemplation, d’abord du paysage qui s’offre généreusement à la vue, et des oeuvres qui donnent à la maison une personnalité riche, unique. Au premier étage par exemple, deux immenses photographies d’Alain Pratte ont été installées. « Alain est un ami et j’aime beaucoup son travail. Ces photographies font partie d’une série de polaroïds rephotographiés puis agrandis. J’en ai deux autres dans ma maison de Montréal », explique le propriétaire. Un mur d’écailles Dans la salle de bains, le mur du fond est décoré de douze ex-libris encadrés. « J’en fais une collection, raconte le sculpteur. J’ai plus de 800 pièces qui viennent de partout dans le monde ». Juste à côté, le sculpteur a créé un motif d’écailles de poisson en cuivre dont chacun des éléments a été fait à la main. Bien que le travail soit impressionnant, l’artiste est modeste : « Sur le plan technique, je me sens un peu comme un imposteur. Mon père était un vrai artisan. Les pièces de zinc qu’il a créées dans son atelier de Varsovie sont magnifiques ». Son travail peut d’ailleurs être admiré dans la cuisine où un monstre marin entièrement fait à la main est exposé.

La cuisine rassembleuse du reste, la pièce aux lignes simples s’articule autour d’un large îlot central derrière lequel un mur d’armoires blanches a été construit. Jacek en sort de magnifiques tasses pâles ornées d’une fine ligne bleue et, parce que dans ce repère de collectionneur, tout semble avoir une histoire, il précise : « Vous savez, ce même modèle de tasses était utilisé pour les gens de deuxième classe à bord du Titanic! » Il les pose sur l’îlot où il prépare des cafés et ajoute : « J’adore cuisiner. C’est moi qui prépare presque tous les repas ». L’îlot qu’il a fabriqué lui-même en est bien la preuve : la plaque de cuisson intelligente, la hotte rétractable et le lavabo ont tous été intégrés dans l’immense plan de travail, de sorte qu’il est facile de préparer le repas pendant que les convives s’installent sur les tabourets. De cet endroit au centre de la maison, la frontière entre l’extérieur et l’intérieur est poreuse. En été, les murs du rez-de-chaussée s’ouvrent complètement alors qu’en hiver, on regarde la neige tomber et s’amonceler doucement sur le terrain pendant que l’intérieur est baigné d’une douce lumière naturelle, qui traverse les trois étages de bas en haut.

Si l’été la plupart des repas sont pris sur la terrasse, l’hiver, ces moments de partage reprennent leur place à l’intérieur où une grande table de bois trône au centre de l’espace. Celle-ci est surplombée d’une suspension signée par le Japonais Issey Miyake et, à la tombée du jour, quand les derniers rayons du soleil s’étirent au rez-de-chaussée, on pourrait croire que l’objet délicat flotte dans la pièce, donnant à l’ensemble du rez-de-chaussée une ambiance feutrée, propice aux discussions qui se prolongent. Et c’est ce qui se produit, lorsque Jacek sort un vin fruité de son cellier pour un apéro improvisé avant que nous reprenions la route dans la noirceur de ce soir d’hiver. Le jour, la maison s’ouvre au paysage qui l’entoure, mais maintenant que la nuit est tombée, les environs disparaissent et la maison se dévoile, comme une lanterne au coeur de la forêt. En s’éloignant, on la voit qui brille encore à travers les branches. Un refuge dans la forêt, où il est si facile de se sentir bien.

La ferme au pied levé à Magog

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Texte : Julia Mateian
Photos : Frédéric Beauchamp

Vendredi matin, 10 h, on sillonne les petites rues de Magog pour découvrir un magnifique gîte, unique en son genre. Tout en montant la colline où se trouve la ferme, on ne peut s’empêcher de s’exclamer à la vue du terrain et de ses environs. Le design du bâtiment principal est très linéaire, aux allures modernes, mais s’intègre à merveille avec les lieux. Sitôt descendus de la voiture, on se fait chaleureusement accueillir par deux toutous, gardes de la propriété. Sourire en coin, on se dirige vers l’entrée où nous faisons la connaissance de Marie-Thérèse et Denis, propriétaires, aussi attachants l’un que l’autre. Nous étions fébriles à l’idée d’en apprendre un peu plus sur ce petit coin de paradis!

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Une nouvelle vie
« Et si on s’achetait des vaches? » nous raconte Marie-Thérèse. Il y a 10 ans, le couple, originaire de la Rive-Sud de Montréal, se cherchait un (petit) terrain. Après plusieurs promenades en région, c’est sur ce domaine qu’ils ont décidé de s’installer. À l’origine, on y trouvait une grange ainsi qu’une maison datant des années 1930, peu entretenue. Ce n’est que quelques années plus tard que la maison actuelle fut construite, à l’image des propriétaires, par l’architecte Patrick Morand.

Sans aucune expérience sur une terre agricole, le couple a décidé de se lancer tout d’abord dans la production de sureau, un colorant alimentaire. En raison d’un hiver précipité, ils ont malheureusement dû abandonner cette idée et ne voulant pas perdre une année, ils ont décidé de faire l’achat d’animaux – c’est à ce moment que l’aventure à réellement commencé.
« On n’avait pas dans l’idée de faire de l’agriculture, c’est un concours de circonstances », explique Marie-Thérèse. Une dizaine de vaches Highland et leur taureau, des chèvres, des canards, des oies, des poules, des porcs – une diversification intéressante s’est créée avec les années. Chaque troupeau est choisi avec soin et les propriétaires veillent attentivement à leur bien-être. Denis, designer d’exposition de profession, a tout appris par lui-même; de la façon de manier correctement une scie jusqu’à conduire un tracteur. Quant à Marie-Thèrèse, sa formation d’infirmière l’aide souvent à prendre soin des animaux.

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Dans la cuisine
Il y a 5 ans, c’est dans sa propre cuisine que Marie-Thérèse a commencé à fabriquer ses produits maison. « Ma tourtière s’inspire de celle du Pied de Cochon mais à la place du jarret de porc braisé, je le fais confire » nous dit-elle. Leurs produits ont rapidement capté l’intérêt des fins connaisseurs qui reviennent ici, saison après saison, chercher leurs produits préférés. Par contre, il faut faire vite, car les quantités sont limitées. « Nous n’avons que cent poulets et les poitrines disparaissent dans le temps de le dire! » renchérit Marie-Thérèse. Le secret réside sans aucun doute dans la qualité de leurs ingrédients et comme elle le mentionne « On mange ce qu’on voit ».

Les animaux sont très bien traités, élevés en pâturage et nourris avec des grains biologiques. « On amène le boeuf à maturité environ 11 mois plus tard que les autres producteurs. Ça coûte plus cher, mais la viande est drôlement meilleure. »

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On nous suggère ensuite la table champêtre, expérience culinaire possible pour les groupes de 6 à 20 personnes. Un menu sans menu, des plats inspirés de la saison, 6 services au choix du chef (ou moins, à la demande), un souper où on apporte son propre vin. Pour 50 $, on peut déguster des raviolis à la pintade, des côtelettes de veau, du chevreau ou même une tarte Tatin servie avec la crème glacée du pomiculteur voisin – un vrai délice!

Au pied levé
Le nom de la ferme vient de l’expression au pied levé, « car nous sommes toujours prêts à vous recevoir! », explqiue Marie-Thérèse. Depuis mai dernier, la ferme accueille également ses hôtes dans l’une de leurs 5 chambres dont la décoration sort tout droit d’une maquette Pinterest. Des lits douillets, des planchers modernes en béton et des accessoires aux allures rustiques chics nous donnent envie d’y passer une nuit de plus. On a hâte au petit déjeuner pour déguster les madeleines faites maison tout en sirotant un café réconfortant. On passe l’après-midi à visiter la ferme, observer les animaux, faire une randonnée pour revenir se prélasser dans le salon douillet, à côté du feu de foyer, livre à la main. C’est si facile de s’approprier les lieux et de s’y sentir à la maison!

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Avant de partir, on passe par la boutique chercher quelques (plusieurs!) plats congelés et une peau de vache magnifique pour donner une touche chaleureuse à notre chez-soi. On embrasse les deux propriétaires et on leur promet de revenir très bientôt.

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Barbounya

Barbounya - sliderTexte : Léa Londoro
Photos : Jean-Michael Séminaro

Le brunch a toujours été synonyme de bonheur. Je me souviens qu’étant petite, lorsqu’on recevait pour le déjeuner-dîner avec une table débordant de délices, c’était le signe que la journée allait être encore plus belle qu’à l’habitude. Des personnes qu’on aime sont rassemblées et amorcent leur journée en partageant un bon repas, n’est-ce pas la preuve absolue que la journée sera merveilleuse?

Tout ça pour en venir au sujet qui nous intéresse, le BarBounya.
Cet agréable restaurant du Mile-End nous plonge dans l’univers de la cuisine turque. La chef Fisun Ercan, originaire de Turquie, puise dans ses racines pour offrir aux Québécois un amalgame de saveurs et de parfums dans tous ses plats. Ayant appris les rudiments de l’art culinaire auprès de sa mère et sa grand-mère, la chef entreprend des études plus formelles en cuisine française au Collège LaSalle.

Déjà propriétaire du restaurant Su dans Verdun depuis quelques années, Ercan s’associe avec Edward Zaki (Chez Victoire et Confusion tapas du monde) pour ouvrir ce magnifique restaurant de mezzés sur Laurier Ouest.

Dans un décor alliant le moderne, l’industriel et le classique, l’approche du restaurant est unique en son genre. Sur de longs comptoirs ainsi que de grandes tables hautes, tous les convives sont amenés à savourer leur repas côte à côte. Cette initiative rend l’ambiance de la place très conviviale et on se surprend à discuter avec ses voisins sur les plats que chacun choisira.

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Par un beau jour du mois de juillet, notre groupe d’amis opte pour la terrasse afin de partager un brunch estival. Le menu des brunchs est court, mais extrêmement varié. Le choix s’avère difficile à faire, car la carte regorge de petites merveilles.

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On s’arrête tout d’abord sur les boulettes d’agneau, qui semblent être le grand classique au menu. Le serveur nous les recommande fortement, tout en ventant chacune des assiettes. En expliquant la carte avec une description précise de ce qu’offre la cuisine, l’équipe de service effectue un travail à la fois remarquable, professionnel et convivial. Servies avec pois chiches dans une sauce tomate, les boulettes sont tendres en bouche et on décore le plat d’un œuf poché et de yogourt qui viennent équilibrer l’acidité des tomates.


La suite à lire dans le prochain numéro, en kiosque le 12 novembre.
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Barrasso casse la croûte

barasso-sliderTexte : Hélène Mallette
Photos : Thierry Lacasse

Gros soleil, 32 degrés, le bruit de la distorsion résonne aux quatre coins de Drummondville alors que le festival Rockaganza! balance aux citoyens et autres curieux de la région un festival de musique alternative qui en est à sa deuxième édition. Dinette s’est rendu au Terrain de La piaule, en plein cœur de la ville, pour pique-niquer avec le groupe rock montréalais Barrasso. Composé de Jonathan Beauregard, chanteur et guitariste, Étienne Beaupré et Thierry Bourgault d’Amico, tous deux guitaristes, Francis Paquette à la batterie, et du bassiste Louis-Simon Bastien, Barrasso est un de ces groupes qui décapent, aux mélodies énergiques qui vont droit au but. Avec son album Des X, des croix, des pointillés tout frais sorti des presses, Barrasso a mis la pédale au tapis et a complètement ébloui les festivaliers agglutinés devant la scène. Les membres de la formation se sont donnés corps et âme devant eux. Juste avant de monter sur scène, les gars sont venus manger de gros sandwichs avec nous, que chacun montait à son goût, question de faire le plein d’énergie pour leur prestation.

QUI DIT PIQUE-NIQUE DE BAND, DIT SYSTEME D.
Avec un petit coin de pelouse pour relaxer, un ampli de guitare en guise de buffet et un rebord de porte de garage d’entrepôt pour faire office de comptoir-lunch, le contenu du pique-nique, lui, était loin d’être laissé au hasard. Il y avait de la viande à profusion (saucisson, calabrese, prosciutto, jambon blanc, rillettes de canard) étant donné la précision apportée par Thierry : « Nous, on est des vrais carnivores! ». Il y avait également du fromage suisse, du brie, du confit d’oignon, et du bon pain que nous avions pris, plus tôt le matin, à la boulangerie chez Guillaume sur St-Laurent à Montréal, où on a pu repartir avec quelques délicieuses baguettes bien craquantes et la plus grosse miche de tous les temps. Tout ça agrémenté de moutarde de Dijon, de cornichons, d’olives et de chips. C’est très important les chips!

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Le sandwich bass drum
Pain miche géante
Saucisson
Calabrese
Prosciutto
Jambon blanc
Confit d’oignons
Roquette
Moutarde de Dijon
Fromage suisse
Cornichons

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Chacun s’est fait un sandwich à son goût, Louis-Simon, lui, a TOUT mis ce qu’il y avait, avec des chips sur le dessus (pas sur la photo), pour ajouter, comme il dit : « …de la légèreté et du croustillant ».

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