Poire : la beauté flamande

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Poire000 (5 of 34) (FILEminimizer)Texte : Ariane Bilodeau
Photos : Jean-Michael Seminaro

Pendant la saison des pommes, l’Abbaye cistercienne de Rougemont est un incontournable où on retourne année après année… que ce soit pour les 14 variétés de pommes ou le sourire contagieux du Père Jacques. La fin de semaine qui suit la fête du Travail, c’est pour la Beauté flamande – une poire du Québec délicieuse, mais méconnue – que les gens se bousculent.

Un partenariat avec la nature
L’Abbaye, qui a été fondée en 1932 par des religieux français, compte aujourd’hui 12 moines cisterciens qui veillent sur un verger et une réserve naturelle privée de 50 hectares – un véritable monastère végétal assurant la sauvegarde du patrimoine naturel tout en favorisant le recueillement et le diapason avec la nature. Le verger compte actuellement plus de 12 000 pommiers et 3 000 poiriers. En plus de ses 7 heures de prières par jour, le sympathique Père Jacques assume la responsabilité du verger et de la cidrerie, avec l’aide de seulement 2 ouvriers à temps plein et d’employés saisonniers. La viabilité du monastère est assurée par l’autocueillette de pommes et de poires, ainsi que par la vente de produits locaux et d’une vaste gamme de sous-produits de la pomme faits sur place avec les fruits tombés

La beauté flamande
En ce week-end qui suit la fête du Travail, c’est la folie au monastère. Autobus remplis de gens enthousiastes, familles effervescentes, amoureux de fruits du verger… tout le monde est en quête du poirier le plus garni et de la poire parfaite. Malgré la pluie, les sacs de 18 lb se remplissent à vue d’oeil. Cet enthousiasme est dû au fait que la poire est rare en autocueillette et que l’Abbaye en est le seul cultivateur d’importance au Québec.

La Beauté flamande est, comme son nom l’indique, d’origine belge. Ce poirier autofertile est l’une des rares variétés à bien s’adapter aux températures québécoises, bien que sa culture soit généralement à petite échelle. Aux vergers de l’Abbaye, l’autocueillette de poires a commencé en 1976, avec une vingtaine de poiriers pour la consommation personnelle des religieux. Toutefois, la rumeur circula et la demande grandit rapidement, poussant les moines à planter de nouveaux arbres chaque année.

Le poirier est un arbre très sensible à la maladie, ce qui explique en partie pourquoi les poires sont généralement plus chères que les pommes. Des arbres meurent chaque année de la tavelure et du feu bactérien – deux maladies qui se transmettent entre les poiriers, mais aussi entre les poiriers et pommiers. Le monastère perd de 20 à 100 poiriers par année à ces maladies; bien que ces nombres puissent paraître négligeables, ils deviennent plus alarmants lorsqu’on considère que les poiriers prennent 8 ans à venir à maturité et à produire des fruits. Par conséquent, un plantage continu est nécessaire pour assurer une production suffisante pour répondre à la demande croissante.

La Beauté flamande est cueillie la semaine qui suit la fête du Travail, elle atteint sa maturité technique vers le 20 septembre, et elle est prête pour consommation le 25 septembre. Contrairement à la pomme, la poire doit être cueillie légèrement avant sa maturité; on peut ensuite la ranger au froid, ce qui lui permettra de se conserver jusqu’en janvier, ou la laisser mûrir à la chaleur et la lumière pendant quelques jours. La maturité est testée en tâtant la chair autour de la queue. Pour cuisiner, il faut attendre que la poire soit bien mûre – les sucres et arômes seront alors plus importants.

La Beauté flamande est un fruit volumineux et plutôt rond, avec une pelure tendre et lisse, qui va du vert vif au jaune citron tandis qu’elle vient à maturité. Elle présente souvent une belle joue rosée ou orangée du côté exposé au soleil – une touche de couleur qui enchante les cueilleurs, mais qui ne change rien au goût du fruit. Sa chair à la fois ferme et croquante, juteuse et fondante – mais jamais granuleuse – présente une touche vanillée qui ravit les gourmets.

Elle est excellente fraîche, mais aussi en jus, en compote (le Père Jacques conseille d’essayer moitié pomme, moitié poire), en confiture, en croustade, en sirop, en sorbet, en tarte… bref, dans tous vos desserts! Elle accompagne aussi bien le salé que le sucré, étant traditionnellement utilisée avant ou entre les fromages pour rafraîchir le palais. Il est conseillé de ne pas l’éplucher, car la pelure de la poire est une excellente source de fibres alimentaires et d’antioxydants, qui aident à régulariser le transit intestinal et à réduire les risques de maladies cardiovasculaires et de certains types de cancers. Un fruit succulent, mais aussi bon pour la santé!

Abbaye Cistercienne de Rougement
471, rue Principale
Rougemont, Québec
J0L 1M0
450.469.2880
abbayederougemont.org

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