Pagayer parmi les géants

Partager

_mg_4250-fileminimizer

Il y a des endroits et des moments qui nous font sentir tout petits, qui nous rappellent à quel point l’homme est une simple particule dans un gigantesque écosystème. Des endroits et des moments qui nous remettent à notre place avec une bonne dose d’humilité. Des endroits fiers et droits qui s’érigent sur des centaines de mètres depuis des millénaires et des moments paisibles et simples qui nous permettent d’y vivre l’instant de notre court passage.

_mg_5160-fileminimizer

_mg_4495-fileminimizer

dji_0060-fileminimizer

Le paradis
Le parc des Hautes-Gorges est notre version abrégée et québécoise du parc national Yosemite en Californie. Un parc rempli de montagnes escarpées avec ses arbres aux mille teintes de vert. Un espace grandiose où la rivière a tracé sa route entre les montagnes afin qu’elles puissent l’observer du haut du ciel. Des chutes interminables nous laissent supposer la présence de lacs vertigineux cachés dans les plus hauts sommets. Le parc des Hautes-Gorges est un bijou imprenable.

dji_0057-fileminimizer

_mg_5467-fileminimizer

_mg_5504-fileminimizer

Nous avons pagayé les yeux grands ouverts à l’intérieur des gorges les quelques vingt kilomètres praticables entre le barrage et les rapides. Nous avons remonté tranquillement les dix premiers de la Rivière Malbaie en se plaisant à travailler contre le courant. On ne défie pas une rivière, on l’affronte. Nous avons donc travaillé à y faire glisser le canot au meilleur de sa puissance, en harmonisant nos mouvements, notre équilibre. Outre un couple de pêcheurs et deux jeunes canoteurs énergiques, nous étions complètement seuls dans ce coin de paradis

À mi-chemin, nous nous sommes arrê-tés l’instant de se revigorer par quelques vivres légers, mais efficaces; salade de fraises, légumes et bonbons de saumon fumé. Pour une raison inexplicable, tout est meilleur dans le bois. Les couleurs sont plus brillantes, les sons plus perçants, les odeurs se multiplient et peu importe ce que tu manges, c’est toujours la bouffe de ta vie. J’imagine que tous nos sens se redressent et deviennent des éponges, des capteurs ultra-sensibles. Peut-être est-ce l’espace ou le grand air si pur qui altère moins notre perception? Rendus au plus haut point de notre route sur la rivière, alors que la majorité des efforts étaient donnés, nous avons réalisé le manque flagrant de bières froides dans le canot… Élixir rêvé, resté en plan sur la banquette arrière de l’auto. Nous nous y consolerons plus tard. Pour l’instant, le paysage pallie amplement cette carence.

_mg_4367-fileminimizer

Les montagnes agissent comme de grandes barrières à travers la rivière sinueuse. Impossible de ne pas faire le trajet jusqu’au bout, chaque courbe incite à voir davantage. Il faut découvrir ce qui se cache plus loin et à chaque détour, le paysage s’amplifie, exulte, explose, nous laissant sans mot.

Si l’on fait une liste exhaustive de la faune que l’on a pu observer, nous comptons au final une dizaine de castors, un ours noir, un porc-épic, une marmotte et des milliers d’oiseaux nous observant au passage. En espérant ne pas avoir dérangé personne, nous nous laissons porter par le courant vers notre point initial sur les dix derniers kilomètres de notre course. Le sillage du canot est la seule preuve de notre bref passage.

Le retour en auto est silencieux, nos nuques sont dorées et nos esprits débordent d’intangible. Les poumons rassasiés et les yeux immenses, nos corps s’éloignent des montagnes, satisfaits et épuisés. Comme quoi la forêt et ses géants nous font grandir en nous faisant sentir si petits. La nature récompense les braves.

dji_0055-fileminimizer

abitibico.ca

///

Texte: J-D Petit et P-O Forest-Hivon, Abitibi&Co
Photos: Jean-Daniel Petit
Drone: Benjamin Rochette

Laisser un commentaire