Katherine Levac

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Pour cette édition rurale, on a tout de suite pensé à Katherine Levac. Non pas qu’elle évoque quelle que forme que ce soit de ruralité, mais parce que la native de St-Bernardin me donne envie de parler au « nous », tellement j’étais emballée à l’idée de discuter biscottes avec elle.

Avant toute chose, spécifions que Katherine n’est pas née dans un chou dans la campagne profonde ni n’a découvert l’avènement de l’électricité et des cronuts en mettant le pied à Montréal. St-Bernardin, c’est à mi-chemin entre Montréal et Ottawa; les champs et les terres agricoles ont beau valser tous azimuts, si Kate avait envie d’aller voir un show de Malajube, un saut de biche suffisait (et un billet, aussi). J’ai tout de même voulu enquêter sur ce qu’il se passait de beau et de différent, par chez elle, à table.

Ça ressemblait à quoi, les repas, chez les Levac quand tu étais petite?

Les matins étaient importants. Jusqu’à mes 12 ans, on avait une ferme laitière. J’ai des souvenirs de lait encore chaud avec une couche de crème dessus. Tu vas te dire « mais c’est donc ben dégueulasse! ». C’était délicieux. Plus tard, quand ma mère nous est arrivée avec une pinte de lait 3,25 %, le lait qui se rapprochait le plus de ce qu’on avait connu à la ferme, je me suis demandé si j’étais après boire de l’eau.

Les déjeuners étaient vraiment importants, chez nous. On était des lève-tôt et on déjeunait tous ensemble. C’est assez rare, aujourd’hui, les familles qui se réunissent le matin. Pour nous, c’était un moment qui comptait vraiment.

J’ai aussi de beaux souvenirs de quand on faisait les foins; on préparait les lunchs et on allait les porter aux gars dans le champ. Des fois, on mettait un Ginger Ale ou une petite liqueur dans le sac pour leur faire une surprise. J’aimais tellement ça. Des sandwichs au jambon haché, pain brun, pas de croûte, c’est ça mon bonheur dans la vie. J’ai pas besoin de plus! Ça, et des épluchettes de blé d’Inde, sans fin. Je peux manger 1000 épis; je pourrais me faire de l’argent dans des concours. Ça me dérangerait pas d’en vendre sur le bord de la route. D’aller le cueillir avec toi. Je te dirais : « Cueille pas celui-là; attends quatre jours. Un simple quatre jours va tout changer ». Je pourrais runner une business de blé d’Inde.

« La flamboyante rousse qui murmurait à l’oreille des épis deux couleurs » : c’est ainsi que je nommerais ce formidable projet d’entreprise de bord de route (mais c’est à ta discrétion, Katherine. Je suis blood de même; je te laisse choisir le nom de ta business).

Sollicitée comme pas une dans soixante-deux projets en même temps, l’humoriste et comédienne me confiait avoir en ce moment peu, si peu de temps pour cuisiner, à son grand regret. Ce qui la rend heureuse par-dessus tout? Des produits frais. Juste ça. Un poisson avec un petit légume du jardin. De beaux aliments simples. Rien de compliqué. J’aime savoir ce que je mange.Y’a rien que j’haïs plus que de pas savoir ce que j’ai dans mon assiette. En tournée, j’arrive à trouver des restos corrects. On mange pas juste des burgers. Mais la bouffe est rarement simple, justement. Je me demande souvent : quessé que je viens de manger là? Ça reste souvent un mystère. Mettez-moi des navets pis une côtelette de porc, je vais être heureuse comme c’est pas permis. Et on peut-tu prendre un break de thaï? C’est rendu que TOUT est « à la thaïe »; c’est un fléau. Un tartare « style asiatique », fais pas ça. On est à Victoriaville. C’est non.

Ça ressemble à quoi, un party de famille chez les Levac? Avez-vous des classiques?

Quand ma grand-mère nous reçoit, ça ressemble à un restaurant; y’a toujours un choix de quatre plats : de la lasagne, du poulet aux pêches, des steaks et pour ceux qui aiment pas ça, y’a un petit riz. C’est un buffet. Y’a toujours quelque chose pour « ceux qui aiment pas ça ».
Trois mots : poulet aux pêches.

Ai-je été coupée du folklore de ce plat dans mon St-Hubert profond? Mais quelle intrigante merveille. Habituée aux sourcils qui s’élèvent frénétiquement à la simple mention de ce classique familial, Katherine me rassure en me disant qu’elle a jamais entendu parler de ce plat-là ailleurs. C’est une recette que ma grand-mère a inventée. Encore une fois, on est dans la simplicité. Tu fais cuire ton poulet dans un genre de sirop de pêches avec un peu de crème. Tu sers ça sur n’importe quoi. C’est une magnifique recette. Tu vas me dire : « Quel mélange de marde. Ça se peut pas! » Mais je te jure, c’est vraiment délicieux. J’ai illico envie d’en mettre sur mes rôties. Ce monde odieux manque furieusement de pêches sur une volaille. Et de questions spring-spring, que je me suis empressée de lui poser avant de la laisser retourner travailler.

As-tu un petit jardin de ville?

Quand j’étais à Ottawa, je travaillais au Musée de l’agriculture et je m’occupais d’un potager là-bas. J’étais malade. Badass. Je viens de déménager et je pense que je serais du genre à avoir un petit jardin sur mon balcon, même si je peux pas faire pousser tout ce que je faisais pousser là-bas. Les jardins urbains, c’est une nice initiative. Mais le but d’un jardin, pour moi, c’est dans ma cour, à jardiner seule, sans plein de gens qui jardinent à côté de moi. Mais je ne suis pas fermée à l’idée.

Qu’est-ce que tu refuses de mettre dans ton panier d’épicerie?

De la moutarde jaune. Je suis pas capable, je trouve ça répugnant. Si quelqu’un me dit « passe-moi la moutarde », je peux pas toucher le pot, ça m’écoeure. L’odeur, la couleur; j’haïs toute de la moutarde. J’ai l’impression que c’est pas supposé exister. Que c’est chimique.

Décris-moi le craft parfait.

Like-moi (l’émission de télé) c’est le craft (service de traiteur pour plateau de tournage) parfait, c’est plein de choses nourrissantes pour vrai. Comme du hummus. Tout ce que tu veux pour déjeuner de nice : des croissants, des toasts, parfois des cretons. Les cretons, c’est une petite attention. C’est pas nécessaire. Petits fromages Babybel? Petite attention. Et pendant la journée, y’a des surprises, comme des Mister Freeze. C’est merveilleux. On peut voir l’impétueuse amante de fraîcheur et de petites attentions Katherine Levac dans Code F (un ben bon programme!), Paparagilles, Like-moi et dans un bar près de chez vous. Ben, pas assise au bar avec une crème de menthe, là. En rodage pour son prochain spectacle qu’elle écrit présentement.

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Texte : Catherine Ethier
Photo : Jimmi Francoeur

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