Islande

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Durée : 14 jours
Distance parcourue : 3086 km
Nombre de photos prises : 2 833
J’avais vécu l’Islande de nuit, et là, je voulais la vivre de jour. En novembre 2012, mes amis et moi avions visité la ville de Reykjavik pour le festival Iceland Airwaves. Un périple ponctué de bières, de musique pop scandinave, de chaudrées de homard, de chandails de laine de mouton, de fish and chips et d’alcools aux noms imprononçables. Avec Will, mon amoureux, on voulait voir l’île nordique de jour, en été. L’occasion s’est présentée en mai dernier. Bingo! Des vols pas chers reliaient Montréal à Reykjavik.

Le plan : faire le tour de l’île en 14 jours. Deux semaines de rêve au pays de la brume, de la glace, de la lave, du vent, des cratères et des canyons. Autant de jours à parcourir l’immensité du territoire, à fouler le sol accidenté de cette nature à l’état brut.

À bord de notre petite voiture économique, on a parcouru le pays sur la route 1, en sens horaire, en bifurquant à maintes reprises : fjords isolés, péninsule verdoyante, sources thermales bucoliques. Nous n’avions pas d’itinéraire précis : seulement des tonnes de points d’intérêt partout sur la carte. On souhaitait suivre notre instinct et nos envies du moment. D’où la décision de faire du camping durant notre séjour : on aurait un toit à notre disposition, peu importe où l’on se trouve!

Jour 01
Le centre : Keflavik, Thingvellir
Tout de suite après être allés faire le plein de provisions au supermarché, on met le cap vers Haifoss, une des plus hautes chutes d’Islande. Atteindre notre destination est un périple laborieux : la route passe de l’asphalte à la terre, puis à de grosses roches cahoteuses. On pense qu’on a peut-être pris une route F (réservée aux 4 x 4) et on fait le reste du trajet à pied, bière Egils Gull à la main. Quoi, faut bien s’hydrater! Au loin, on entend le bruit retentissant de la chute et c’est avec le souffle coupé qu’on arrive face au spectacle de deux rivières se déversant dans un canyon gigantesque. Vertigineux! On termine cette journée avec une délicieuse et réconfortante soupe traditionnelle à l’agneau, dégustée au restaurant des chutes Gullfoss. Ça creuse le ventre marcher dans un endroit si magistral! C’est sous le soleil de minuit, littéralement, que nous montons notre campement dans le parc national de Thingvellir.

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Jour 02
L’Ouest : Borganes
Le soleil du matin nous réveille doucement. On déjeune sur l’herbe, avec vue sur le parc national Thingvellir, puis on se dirige vers Glymur, la plus haute cascade du pays. On emprunte un petit sentier bordé de jolies fleurs mauves, sous un ciel radieux. Nous nous rendons jusqu’au bord d’un énorme canyon d’où on peut voir une rivière, tout au bas. Des escaliers taillés dans le roc nous permettent de nous y rendre, puis on doit traverser le cours d’eau en sautant de roche en roche et en marchant sur un tronc d’arbre. J’ai la peur de ma vie! Le puissant courant se déverse sous mes pieds alors que je tente de garder mon équilibre. Une fois la rivière enjambée, l’ascension se poursuit sur un terrain accidenté, et le sentier nous fait gravir encore quelques mètres pour finalement nous récompenser d’une vue imprenable sur la cascade Glymur d’un côté, la falaise de l’autre.

C’est ici même qu’on prend le pouls de ce qu’est vraiment l’Islande : un pays où la nature prend le dessus. Où l’immensité nous fait sentir minuscules. Où tout est possible. Où un simple arrêt se transforme en randonnée périlleuse. Nous installons notre campement à Borganes, juste à côté de l’eau. On se pose sur les rochers pour lire, jaser, prendre un verre d’Ísafold Gin en regardant le spectacle du soleil couchant, déclinaisons de rose et mauve incluses. On va se coucher juste à temps avant l’averse, et on s’endort avec la trame sonore de la pluie battante, en souhaitant que notre tente tienne le coup.

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Jour 03
L’Ouest : Péninsule de Snæfellsnes
Véritable vestige d’une éruption volcanique, le sol est plaqué de lave recouverte d’un épais tapis vert moelleux. On se plaît à marcher dessus, s’enfoncer, puis voir la mousse reprendre sa forme originale. Nous passons la journée à sillonner les routes de la péninsule de Snæfellsnes, émerveillés par la flore islandaise si fragile et si belle : des petites fleurs sauvages poussent de manière insolite ici et là, parsemant le tapis verdâtre de couleurs éclatantes.

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Jour 04 à 07
Le Nord: Siglufjörður, Akureyri, Myvatn, Reykjahlíð
On pique-nique sur le terrain devant l’église Stykkishólmskirkja à l’architecture insolite : un bon croissant frais, un café chaud, le visage fouetté par le vent. De retour dans la voiture, on emprunte de longs tunnels creusés à même les fjords, pour rejoindre Siglufjörður, un village charmant au paysage grandiose. En arrêtant faire le plein, on se laisse tenter par un pylsur (littéralement saucisse en islandais), le premier d’une longue série. Ce hot dog est un véritable met emblématique du fast food islandais. Saucisse d’agneau, de porc et de boeuf, garnie d’oignon frais et frit, recouverte de ketchup, mayo et pylsusinnep (un genre de moutarde sucrée) : on salive encore!

Arrivés à Akureyri, première grande ville du voyage, on troque nos vêtements d’aventure pour notre look citadin. On se balade toute la journée dans le Jardin botanique, flânant dans le joli café vitré Kaffi Laut, sillonnant les rangées d’espèces végétales. On s’offre une saucette dans la piscine municipale, la Sundlaug Akureyrar, entourés de gens du coin, alternant d’un bassin à 36 °C à un autre à 38 °C, puis faisant les fous dans les glissades pour enfants. Frais et dispos pour poursuivre notre road trip, on met le cap vers Myvatn. Des milliers de mouches nous attendent dans cette région, mais n’arrivent pas à jeter de l’ombre sur les panoramas quasi lunaires où l’on se promène. Les endroits qui défilent semblent dater du début du monde, d’une autre planète.

Jour 08 et 09
L’Est : Borgarfjörður, Seyðisfjörður, Höfn
On se retrouve dans des endroits incomparables, en
plein coeur des fjords à l’est du pays. On a foulé des chemins à flanc de falaise alors qu’un brouillard épais englobait la route, on ne voyait pas à 2 mètres devant nous. On a eu à la fois peur, froid, et chaud. Toute la gamme d’émotions! On a monté le son de la musique, diminué notre vitesse, et on a conduit jusqu’au bout du chemin, d’où l’on a pu admirer des centaines de macareux, oiseaux emblématiques du pays.

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Jour 10 à 14
Le Sud : Vík, Îles Vestmann, landmannalaugar, Reykjavik, Blue Lagoon
Le folklore islandais est rempli de légendes vikings : un coffre rempli d’or se cacherait derrière les chutes de Skogafoss, des trolls transformés en pierres formeraient les pics rocheux jaillissants de la plage de Vik, le vent qui souffle dans les crevasses de Reynisfjara serait les hurlements de ces derniers. L’Islande possède même sa propre version du monstre du Loch Ness : le Lagarfljótsormur, qui vivrait dans les eaux sombres du lac Lögurinn!

Nos derniers cinq jours en Islande ont été à l’image du reste de notre périple : imprévisible, surprenant, envoûtant!

Visiter un pays où chaque kilomètre carré est unique, où chaque instant est une aventure, implique son lot de moments magiques. On a pris un traversier vers les îles Vestmann, escaladé le volcan Eldfell, vu des glaciers, flatté des chevaux, mangé un burger au restaurant Gamla fjósið, dont la viande provient de la ferme juste à côté. On a fait une excursion en super Jeep avec des guides vers le Landmannalaugar, site aux montagnes multicolores. Un endroit à faire rêver! On a eu les joues roses à force de grimper sur les sols rocheux et dentelés de ce site, on a marché dans la neige, couru sous la pluie. On est rentrés à Reykjavik, la capitale, complètement trempés, mais heureux. Déjà la fin. Juste avant de se rendre à l’aéroport Keflavik, arrêt incontournable au Blue Lagoon. L’eau d’un bleu éclatant, la température parfaite de l’eau, le calme malgré la foule, on a relaxé à en perdre la notion du temps, tellement qu’on a failli manquer notre vol!

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Texte et photos : Cindy Boyce

 

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