Dîner en haut des nuages

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Texte: Mathieu Lachapelle
Photos: Tamy Emma Pepin
Drone: Benjamin Rochette

Il est 4 h 30 — le chalet dort encore parce qu’évidemment, tout le monde vient à peine de se coucher. On se déplace doucement à pas de danse afin d’éviter de tapager plus fort que les crépitements du foyer qui s’endort finalement. Paquetage en un temps record. Les zips et les clics des attaches et fermetures éclair de nos sacs sont faits dans la plus grande discrétion. Mais malgré nos efforts, les moindres sons résonnent dans la mezzanine de notre chalet moderne tout blanc où dort le reste de l’équipe. Tortillas, sauce piquante, limes, avocats, tofu râpé et fromage gouda fumé sont déposés sur la banquette arrière pour une collation mexicaine épique en haut des montagnes.

Du grand Charlevoix
Une épaisse brume revêt la coquette baie de madame Saint-Paul. Au travers des routes sinueuses, on entre et sort du brouillard comme dans une montagne russe à Disney World. À droite, le grand fleuve vêtu de ses plus beaux habits, à gauche la végétation du grand Charlevoix qui épouse la chaussée jusqu’à notre première destination : un vaste champ vert petit pois où séjourne le bolide aérien de monsieur Provencher, propriétaire de Héli-Charlevoix. Considéré comme l’indétrônable guide de Charlevoix, parce qu’il l’explore depuis plusieurs années, monsieur Provencher a accepté de nous accompagner pour quelques steppettes de haute voltige… Par pitié, peut-être, après qu’on lui ait déployé notre plan de champions : faire cuire des quesadillas sur la pointe la plus dominante de la région. Et c’est lui qui allait nous servir de guide.

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Le vent dans les tacos
Ébouriffés par le vent des hélices, on enjambe, poêlon à la main, la porte de l’hélico pour un survol de la région en quelques minutes. Puis, l’hélicoptère s’arrête pour une pause chambranlante sur un sommet de montagne aux allures surréelles. Vêtues d’un couvre-sol spongieux, les grandes montagnes nous accueillent à bras ouverts avec ce point d’interrogation au milieu du front. Qui prendrait son avant-midi à faire voler des tacos au gré du vent? On n’allait tout de même pas se contenter de quelques clichés comme les autres clients de monsieur Provencher. Non. On a tout apporté pour un snackà flanc de colline.

Formule de politesse avec notre guide, il nous salue de la main en prenant bien soin de nous pointer bébé ours qui gambade dans le lichen. Intrus dans son terrain de jeu, on lui envoie un signe de peace un peu crispé, en lui faisant savoir que notre passage dans sa cour de récré ne durera que le temps d’un dîner rêvé à la mexicaine.

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