Dépanneur le Pick Up

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Texte et photos : Roseline Mathieu

La culture du dépanneur est un univers unique au Québec : ailleurs, on connaît le corner store ou le magasin général. La version québécoise du commerce de rue proposant tous les produits qui dépannent est pourtant bien singulière : des allées de chips aux réfrigérateurs où s’alignent les boissons multicolores et les caisses de bière, il est souvent le témoin privilégié de nos premières dépenses à l’enfance, quand le pouvoir d’achat nous saute au visage à grandes lampées de slush à la cerise. Souvent malmené par les allées et venues des clients pressés, celui-ci demeure un lieu que l’on fréquente régulièrement, d’abord par obligation, puis peu à peu par affection. Chaque quartier jouit du sien et le chérit, au fond, parce que personne n’est réellement indifférent à la douce poésie du dépanneur du coin.

C’est dans cette atmosphère familière que l’on découvre le Dépanneur le Pick Up, avec son décor chargé et ses allées exiguës, que l’on sillonne sans contenir son émerveillement. Mi-dépanneur, mi-cantine, il se tient fièrement au coin des rues Waverly et Alexandra, comme le bijou caché des environs. Véritable institution du quartier Rosemont-La-Petite-Patrie et autrefois nommé Chez Maurice, le Pick Up est fréquenté entre autres par une communauté artistique du milieu punk montréalais, par des travailleurs du quartier cassant la croûte les midis, mais aussi par des curieux et amateurs de sandwichs. Malgré l’offre abondante de produits, surtout issus d’entrepreneurs de chez nous, l’endroit est davantage fréquenté pour sa nourriture, réputée comme authentique et excellente.

Lorsque Dînette a visité le dépanneur, l’endroit était bondé. En pleine heure de lunch, les cuisiniers s’affairaient pour concocter le meilleur de la bouffe sur le pouce et sortaient des plats alléchants, sans prétention. Une fois installé sur un tabouret aux allures rétro rappelant ceux des snack-bars des années 50, on a eu envie d’observer la magie qui s’opère ici.

Sur les tablettes, on trouve des produits québécois, mais aussi des classiques incontournables comme des orangeades, sodas et barres de chocolat et caramel. Au menu, des sandwichs savoureux au pulled pork ou à la dinde, des clubs garnis de champignons chipotle, des salades de quinoa capables de convertir n’importe quel carnivore, des pâtisseries invitantes et un menu déjeuner pour les clients matinaux. Plusieurs options végétariennes sont également offertes, dont le fameux sandwich au faux pulled pork, tout aussi délicieux que son acolyte original. Il a d’ailleurs fait la renommée de l’endroit auprès des végétariens. Difficile de ne pas se laisser tenter!

Entre les rangées sont installées quelques tables, mais le Dépanneur le Pick Up possède également une terrasse à l’arrière, pour les clients désirant manger sur place. Sinon, le lunch vous attend sur le comptoir, directement devant la cuisine et au cœur de l’action.

Sans jamais y avoir mis les pieds, on a pourtant l’impression d’y avoir passé toutes ses années de jeunesse. La culture québécoise a mis au monde le modèle du bon vieux dépanneur au XXe siècle, et le Pick Up s’y installe avec confort et de manière naturelle et sans paraître démodé. Pour emporter ou pour déguster sur place, les plats sont servis avec chaleur et attention.

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Le Dépanneur le Pick Up se présente comme véritable perle dans la coquille de la culture montréalaise. En passant la porte, on pénètre dans un univers chargé de souvenirs qu’il fait bon découvrir, ou redécouvrir!

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