Catégorie : Rencontres

Le charmeur d’algues

20 avril, 8 h 30, Cap-aux-Os, Gaspésie. Le soleil est timide autant que le printemps. Le village est pei- nard, endormi sous une couette de neige. Quelques branches de rosier sauvage sortent tranquillement de la couverture, l’eau se dégourdit, promesses que l’hiver aura une fin. Un renard passe. Il s’arrête un instant pour nous regarder, puis reprend sa route dans le bois, l’air de dire : « Pas déjà des touristes! » Le temps est gris-blanc comme un tableau de Jean- Paul Lemieux. Caroline dit que la lumière est par- faite pour faire de la photo.

Caro et moi attendons Antoine Nicolas, cueilleur d’algues sauvages, devant son entreprise, Un océan de saveurs. C’est un petit bâtiment recouvert de bardeaux blancs. Une ancienne épicerie. Antoine arrive, tout souriant, et sort de sa Hyundai Accent en wet suit fait sur mesure. Ce Breton d’origine est tombé sous le charme de la Gaspésie il y a déjà plu- sieurs années. Il est heureux de s’y être installé : « Je vis dans une carte postale! Je ne pourrais pas vivre à Montréal. J’ai besoin de la nature, j’ai besoin de la mer. »

Antoine met deux glacières dans sa voiture et nous partons avec lui en direction du village de Petit-Cap. Nous devons y être pour 9 h. C’est la marée haute qui décide de l’horaire. Antoine Nicolas plonge à l’année en apnée dans le golfe du Saint-Laurent pour récolter des algues destinées à la consommation. Il travaille dans ce qu’il appelle « un jardin sous la mer ». Il récolte une quinzaine d’espèces d’algues dans trois secteurs : Douglastown à Saint-Georges- de-Malbaie, Cap-aux-Os ainsi que Grande-Vallée à Cap-des-Rosiers.

Dans la voiture, il nous explique le plan : « Au- jourd’hui, je vais récolter des algues appelées corail de Gaspésie, wakamé et kombu royal. J’ai quatre commandes : pour un centre de recherche, une poissonnerie, un restaurant et pour un crudi- vore de Montréal. »

Nous arrivons sur la grève de Petit-Cap. L’air est frais et bon. Il y a un cap de pierre foncée qui avance dans l’eau comme un navire. Ça sent les algues. Une large guirlande de goémon recouvre une partie de la plage. Les vagues poussent dou- cement les galets. J’adore le bruit que ça fait. Comme le son d’un bâton de pluie, mais avec plus de puissance, une bande sonore hypnotisante que j’écouterais en boucle. L’eau a une couleur com- plexe : mélange de gris, vert, turquoise, bleu. C’est beau.

Une mouette observe notre arrivée. Antoine at- tache des filets à un petit radeau pneumatique, un couteau est fixé à sa jambe, il a des palmes aux pieds. Il entre dans l’eau et enfile son masque. Il avance dans le golfe jusqu’à ce que la profondeur atteigne deux à trois mètres. Il plonge. On ne voit que le pneumatique en surface, au loin. Une palme sort de l’eau de temps en temps. Parfois, c’est la tête. Il fait des apnées de 15 à 45 secondes. La cho- régraphie dure une heure. Notre plongeur cueille les algues une par une, en les coupant à la base. Il les dépose ensuite dans ses filets. J’imagine une vidéo de tout ça, à la OuiSurf, avec une chanson planante de Sigur Rós…

Antoine Nicolas fait 100 à 150 plongées par année pour son entreprise. Il plonge minima- lement une fois par semaine, souvent le di- manche. « J’ai allié ma passion avec un travail. Je ne suis pas enfermé dans un bureau tous les jours. Ça fait une bouffée d’oxygène de plonger. C’est l’un des endroits où je me sens le plus pai- sible », raconte-t-il. Et puis, des algues, il en mange depuis l’enfance : « J’ai été élevé comme ça! Les algues sont comme des légumes ou des épices pour moi », dit Antoine.

Le plongeur-cueilleur a parfois de la visite au boulot : « Il m’arrive de voir des baleines. À Cap-des-Rosiers l’autre jour, j’allais me mettre à l’eau et il y avait des petits rorquals près de moi. Ça ajoute au féérique! » Antoine rencontre également des phoques communs : « Ils sont curieux et timides à la fois. Quand on est proche d’une colonie, ils viennent parfois faire un cercle autour de moi. J’ai compté jusqu’à 12 phoques près de moi. Et des bébés viennent parfois mor- diller le bout de mes palmes. »

DE LA MER À L’ASSIETTE

Une fois les algues récoltées, elles sont déposées dans des glacières afin qu’elles conservent la tem- pérature de leur habitat naturel. Antoine est mé- ticuleux et tient à offrir un produit d’une grande fraîcheur : « L’objectif est de garder l’algue vivante le plus longtemps possible. Si je rince, c’est à l’eau de mer. Sinon, c’est un tri manuel pour retirer les petits coquillages et crustacés. Je fais le moins de manipulation possible, pour une grande fraîcheur dans l’assiette du consommateur. »

Les algues d’Antoine sont certifiées Fourchette bleue. Cette certification valorise une saine gestion des ressources marines. « La superficie de récolte est grande. La pression sur la ressource est faible. On ne prélève même pas 1 % de la ressource. C’est important pour moi. Il faut savoir gérer la ressource pour garantir sa pérennité », soutient-il.

L’algue wakamé, aussi appelée « alarie succulente », est la préférée d’Antoine. Il aime bien la faire décou- vrir à ses clients. Elle est facile à récolter et on en trouve en abondance dans ce secteur du golfe. « Elle goûte un peu moins la mer, un peu plus la terre. Elle a un petit goût de noisette intéressant », explique le plongeur-cueilleur.

L’entreprise Un océan de saveurs propose aussi une gamme de produits séchés. De plus en plus d’épi- ceries fines et de poissonneries vendent les algues séchées d’Antoine au Québec. Une recette est pro- posée derrière chaque sachet d’algues.

Antoine a des rêves plein la tête. Il veut transformer sa petite bâtisse de bardeaux blancs en jolie bou- tique où il vendra du poisson, des algues et tout ce qu’il faut pour remplir une boîte à lunch de produits locaux gaspésiens. Caro et moi sommes d’ailleurs revenues à la maison avec des algues fraîches dans notre baluchon, un diaporama de paysages magni- fiques en mémoire et le coeur réchauffé par cette es- capade en compagnie d’un Cousteau nouveau genre.

Texte : Mélanie Gagné
Photos : Caroline Bolieu

Le monde selon Mérida

Je ne savais pas qu’il était possible être aussi mul- tidisciplinaire. T’sais, Spike Jonze et Xavier Dolan, mettons. Ce sont de réels hommes-orchestres/Transformers de l’image, mais ont-ils toutes les ca- pacités d’un VTT (véhicule tout terrain)?

Mérida Anderson, de son côté, a créé sa ligne de vêtements (lire ici : en période de cataclysme, pour combler le besoin primaire nord-américain de se vêtir), confectionne des colliers (oui, on a tous be- soin de coquetterie) et a même construit sa propre bicyclette, de A à Z. (On s’entend pour dire que ça ne vient pas en kit comme un meuble IKEA.) Mérida est un être profondément humain qui com- pose de la musique, qui dessine, qui maîtrise l’art de la poterie (l’artiste derrière YYY), et qui cui- sine comme un chef. Oups, je voulais dire : qui EST chef, avec son livre de recettes Vegan Secret Supper / La cuisine vegan de Mérida. Chu pas mal sûre que Mérida m’a caché d’autres talents. On appelle ça la modestie…

Hey! C’est fou à quel point ton nom – Mérida Anderson – a de la gueule. Y a-t-il une histoire qui y est rattachée?
Je pense que ma mère était juste au Mexique quand elle était enceinte! Elle a choisi ce nom-là parce qu’elle l’a entendu là-bas. Je trouve ça un peu bizarre parce que mes racines ne sont pas mexicaines… mon héritage est plutôt hollandais!

Et tant qu’à y être, as-tu un film préféré de Wes Anderson, toi?
Ha! Ha! Ha! Hmm, c’est difficile. Je les aime tous. Je vais y aller avec The Royal Tenenbaums!

Mérida, l’équipe de Dînette a eu l’idée de te rencontrer pour son numéro Confetti après avoir remarqué les détails qui se retrouvent sur tes créations de céramique. Ces espèces de confettis – ou peut-être qu’ils n’en sont pas pour toi – font-ils partie de ta signature depuis longtemps?
Avant d’habiter Montréal, quand je vivais à New York, j’aimais beaucoup travailler avec un certain type d’argile dans laquelle il y avait des picots na- turels. À mon arrivée ici, on m’a dit qu’il n’y avait que de la porcelaine au studio. C’était correct un certain temps, mais à un moment donné, je me suis dit : « Hey! I want those dots again! ».
Et tu dois dorénavant les créer…
Oui. J’ai expérimenté et je fais les picots à la main avec une glaçure par-dessus la glaçure initiale pour créer un effet plus graphique. Le picot, c’est maintenant la touche finale!

En tout cas, ça ressemble vraiment à des confettis et c’est vraiment mignon sur les bagels et les beignes.
Merci. J’essaie de plus en plus de tendre vers ça : fa- briquer des objets qui sont plus ludiques, étranges… Je ne veux pas faire uniquement des pots et des tasses, tu comprends?

Et parlant de trucs différents, tu as aussi créé, en 2007, le Vegan Secret Supper (souper végé- talien secret). J’ai lu un peu sur le concept, mais explique-moi comment ces soirées se déroulent.
Ça a lieu une fois par mois, chez moi. Je cuisine tout dans ma cuisine, avec des produits locaux. Pour en- viron vingt personnes. C’est une façon de partager la passion de la cuisine végétalienne, ou même de la dé- couvrir. D’ailleurs, la plupart de mes clients ne sont pas végétaliens, en passant! J’ai commencé à faire ces soupers à Vancouver, j’ai ensuite continué à en faire à New York et maintenant, Montréal. En entrant chez moi à New York, les gens voyaient comment c’était petit et semblaient dire « Oh, I’m really in a house! ». C’est à ce moment-là, je crois, qu’ils prenaient réelle- ment conscience du côté « privé » de la chose…

C’est pour ça le « Secret » dans VSS?
Maintenant n’importe qui peut s’inscrire sur mon site. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a dix ans, le végéta- lisme n’était pas connu du tout. Ça a donc longtemps été une affaire de bouche à oreille… J’ai rencontré des personnes extraordinaires lors de ces soupers, d’ail- leurs, des personnes que je n’aurais jamais pu rencon- trer autrement.

J’ai vu des images de la présentation de tes plats (superbes!), mais je n’ai pas encore eu la chance de goûter à ta cuisine. Comment la décris-tu?
J’aime cuisiner avec les produits de saison et je n’uti- lise jamais le soya. Je n’aime pas forcer les choses. Le fake vegan, par exemple, s’efforcer que quelque chose goûte à quelque chose qu’on connaît, je ne fais pas ça!

Comme le « fauxmage » ?
En fait, je fais un excellent fromage de noix de cajou. Mais je parle plutôt de trucs comme la fausse viande, par exemple. Ça ne m’intéresse pas. Si ça arrive, c’est un hasard. L’autre fois, j’ai fait du chou-fleur pané et un peu « smokey », et mon ami m’a dit que ça goûtait le poisson! Une autre fois, j’ai fait une tarte Tatin avec des patates douces et quelqu’un a lancé : « Woah! C’est exactement comme du saumon fumé! » Mais je n’ai jamais mangé de saumon fumé…

Ha! Ha! Ha! Dis-moi, Mérida, es-tu dans le même état d’esprit quand tu crées des plats que lorsque tu travailles avec la porcelaine?
Exactement dans le même état. Ça me prend beau- coup de concentration. Si je me fâche, ça ne fonc- tionne juste pas. Je suis généralement très calme, par contre. L’autre fois, tout le monde était dans la cui- sine, j’avais toute la nourriture à gérer moi-même, et la porte du frigo, défectueuse, est carrément tombée dans ma main. Tous les plats se sont mis à tomber par terre, un à un, au ralenti…

OMG!
Oui. La dame à côté de moi regardait la scène… « Mon Dieu! Je ne comprends pas comment tu fais pour rester aussi calme! »

Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Dernière question : écoutes- tu de la musique en travaillant dans ton atelier?
Non, j’écoute des podcasts. J’aime bien Heavy Weight. Sinon, juste plein d’histoires de gens ordinaires.

Dans la catégorie « Plus on a de cordes à son arc, plus… » (à vous de compléter ce nouveau proverbe) : voici les trois talents que Mérida aimerait développer au fil des ans :
Le metalsmith (travailler le métal comme les forge- rons), le verre soufflé et la fabrication de meubles.

 

Parce qu’il faut bien avoir du fun :
3 questions-quickie-confetti limite pertinentes pour Mérida Anderson :
1 . Clan Bagel Fairmount ou Bagel Saint-Viateur? Saint-Viateur pour celui au sésame, Fairmount pour
le tout garni!
2 . Y a-t-il quelque chose que tu ne fais pas dans la vie?
Des biscuits! Je te jure! Mes biscuits ne sont jamais réussis!
3 . Pour ou contre lancer des confettis sur les nou- veaux mariés à un mariage?
Hein? Quoi? Je ne suis même pas POUR le mariage!

Bouclet et papier – le coeur à la fête

Un matin d’octobre, je me suis rendue chez Boucle & Papier, sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal, pour une séance photo festive. Dans l’autobus qui re- montait la Main, les gens sans manteau souriaient, profitant des rayons de soleil presque trop généreux pour un matin d’automne et donnant du même coup le coup d’envoi idéal à cette journée épique qui se profilait.

Chez Boucle & Papier, la propriétaire, Jessyca Houle, et son équipe avaient assemblé plus de 400 bal- lons de fête pour en faire une guirlande incroyable. « J’aime ça quand ça bouge, je n’ai pas peur d’essayer des choses, m’a expliqué Jessyca. Au pire, ça ne fonc- tionnera pas, mais on aura essayé! » À l’intérieur, la boutique était remplie de ballons de toutes les cou- leurs qui s’agençaient parfaitement aux collections de papeterie déployées sur les murs et sur les diffé- rents présentoirs.

Situé angle Saint-Laurent et Saint-Viateur, Boucle & Papier a célébré son deuxième anniversaire cet été (avec une guirlande de ballons, bien sûr!). « Chaque anniversaire me rend vraiment heureuse! », lance Jessyca. Et on la comprend : alors qu’une majorité d’entreprises en démarrage doit fermer ses portes dans ses premières années d’existence, Boucle & Pa- pier a le vent dans les voiles. Il faut dire que le concept de la boutique — un endroit spécialisé en cartes de souhaits, en accessoires de bureau et d’anniversaire ainsi qu’en papeterie de fantaisie — est peu répandu au Québec. « La tradition de donner des cartes pour toutes sortes d’occasions est davantage ancrée chez les anglophones, constate la propriétaire, ce qui fait que j’ai surtout trouvé mon inspiration du côté améri- cain, comme à New York. » Cela explique également pourquoi Boucle & Papier propose une grande col- lection de cartes en anglais, en plus de nombreuses cartes en français. « Les produits qui entrent ici sont tous des coups de cœur. Je présente des petites et des grandes entreprises, canadiennes et américaines », explique la propriétaire. Le tout est agencé en bou- tique de façon esthétique et intuitive, de sorte que l’on s’y promène avec aisance, passant d’un coup de cœur à un autre.

Le choix de s’installer dans le Mile-End répond aux mêmes besoins. Quartier éclectique au cœur de Mon- tréal, le Mile-End regroupe des travailleurs, des ré- sidents et des touristes, aussi bien francophones qu’anglophones, qui représentent un bassin de clients diversifiés pour la boutique. À preuve, bien que la plupart des clients qui visitent la boutique soient des femmes dans la vingtaine, le matin de notre rencontre, c’est un homme d’un certain âge qui a d’abord cogné à la porte à la recherche d’un journal de voyage pour sa fille (il a opté pour un modèle classique à la couverture noire) et d’accessoires pour le personnaliser.

Trois enfants et une boutique
Bien que la boutique ait fêté ses deux ans, l’idée der- rière Boucle & Papier a germé bien avant. « J’ai eu l’idée il y a cinq ans, pendant mon premier congé de maternité, raconte Jessyca. Au cours d’un voyage en Californie, je suis passée pour la seconde fois dans une boutique dont le concept me plaisait et, comme j’avais toujours voulu avoir une entreprise, ça m’a beaucoup attirée… Mais, mon congé se terminait un mois plus tard et j’ai bien dû retourner au travail! »

C’est donc au cours de son second congé de mater- nité qu’elle a pu élaborer son plan d’affaires et faire de son rêve, une réalité. « J’ai ouvert la boutique le 19 juin. À la mi-juillet, j’apprenais que j’étais enceinte à nouveau! », lance- t-elle en riant. Cela aurait bien pu compliquer les plans, mais Jessyca est rassurante : « Ça a super bien fonctionné! Lucie venait partout avec moi. Elle a grandi ici. Elle faisait ses siestes dans le back- store! Et puis, le fait d’avoir des enfants m’a obligée à déléguer certaines tâches et à faire confiance à des employés, ce qui est un gros plus pour Boucle & Papier. »


La boutique repose donc maintenant sur une équipe de confiance, comptant trois employées à temps partiel et une employée à temps complet, en plus de Jessyca. « Quand j’engage quelqu’un, je lui fais en- tièrement confiance. J’ai engagé des filles créatives, le fun, avec qui on a envie de passer du temps », explique-t-elle. Le processus de sélection va dans le même sens : il n’est pas rare que les entrevues se déroulent dans un café du coin ou autour d’une crème glacée sur le trottoir face au Kem CoBa.

Bien ancrée dans le quartier où elle travaille, Jessyca est radieuse lorsqu’elle parle de son local : « J’ai visi- té plusieurs locaux, mais celui-ci s’est imposé à cause de son emplacement. Le quartier est unique et puis la garderie est à trois portes. Je vois mes enfants tous les jours! » Pour lui donner raison, le groupe de son fils cadet passe devant la vitrine à deux reprises pendant notre entretien. Chaque fois Jessyca lui envoie la main tout sourire pendant que les enfants ébahis regardent l’amoncellement de ballons au sol de la boutique.
L’émerveillement et le sens de la fête sont contagieux dans la famille, semble-t-il. « J’adore faire la fête! Je suis le genre de personne à être debout très tard la veille de l’anniversaire des enfants pour faire une guir- lande… J’aime recevoir, j’aime décorer! J’aime aussi les rassemblements improvisés. J’habite en ville, j’ai beau- coup d’amis qui habitent proche. On s’organise faci- lement des 5 à 7 dans le parc, avec nos familles », me raconte Jessyca.

Des filles et une guirlande
Midi a sonné quand nous sortons finalement la guir- lande à l’extérieur. Sur le trottoir, l’effet est immé- diat : les passants s’arrêtent, posent des questions, nous sourient. Jessyca rencontre une amie et prend des nouvelles. Des petits groupes interrompent leur marche pour prendre des photos. Il faut dire que ce n’est pas tous les jours que l’on croise cinq filles, un photographe, et plusieurs mètres de ballons de fête sur la rue! En marchant vers une ruelle à quelques coins de rue où l’on prendra les dernières photos, Jes- syca me parle avec enthousiasme de ses projets et de sa vision d’affaires. Quand je lui demande de décrire sa boutique en cinq mots, elle a un peu de difficulté – « j’aime tellement parler que j’ai de la difficulté à me limiter à cinq mots! », lance-t-elle – mais elle y parvient rapidement : « coloré, spontané, frais, comme dans vent de fraîcheur, nouveauté et chaleureux! ». Je ne peux que lui donner raison.