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Découvrir Paris autrement

Présenté par Air Transat

En décembre dernier, Mathieu et moi avons volé jusqu’à Paris pour courtiser le marché européen dans l’espoir d’un jour y distribuer Dînette. De mon côté, j’étais aussi très enthousiaste parce que la globe-trotteuse que je suis n’avait pourtant jamais mis les pieds à Paris. Je sais, il était temps!

Que l’on soit amateur d’attractions classiques listées dans les guides touristiques ou voyageur aguerri, Paris, c’est Paris. Comme nous étions sur Paris pendant seulement 48 heures et que nous étions bookés rendez-vous après rendez-vous, il nous fallait être sélectifs si nous voulions profiter pleinement de notre séjour. Comment fait-on alors pour découvrir la ville lorsque nous avons très peu de temps et que la tour Eiffel, les Champs-Élysées, Montmartre, pour ne nommer que ceux-ci, sont inaccessibles? Nous avons donc pris d’assaut le quartier Le Marais où nous avons pu, le temps de quelques heures, vivre une expérience hors des sentiers battus comme nous les aimons.

Du pain et des idées
Je ne pouvais commencer cette expédition par autre chose que des pâtisseries. Du pain et des idées, c’est tout ce qu’il y a de plus romantique à propos de Paris. Cet établissement datant de la fin des années 1800 était d’ailleurs une boulangerie dès ses débuts. Un décor enchanteur, une odeur de beurre et des rangées de pains et viennoiseries à perte de vue. Bien que le pain y soit délicieux, c’est pour son look authentique qui donne l’impression de remonter à l’époque de sa construction que les habitués viennent y errer le temps d’une brioche. Plafond en verre peint, miroirs biseautés et antiquités, même à l’heure de pointe on peut imaginer les fantômes d’autrefois s’émerveiller devant les mêmes pâtisseries que nous.

Centre commercial
Pas besoin d’être en mode shopping, cette boutique reste, selon moi, un incontournable à visiter uniquement parce que c’est bon pour les yeux. De vêtements, chaussures, articles lifestyle jusqu’à l’impression de visiter un musée, tout est pensé dans le moindre détail pour faire vivre plus qu’une simple expérience de magasinage aux clients.

Umami Matcha Café
Le Matcha n’est pas ma tasse de thé, mais ce café a réussi à me faire changer d’idée. Dès que l’on passe la porte, on peut sentir le rituel et l’ambiance sereine qui vivent entre ces murs. Les clients parlent à voix basse ; un respect qui s’instaure par le calme du décor sans que personne ne l’impose. En plus de son charme épuré, il est difficile de résister à la petite boutique qui propose toutes sortes de produits à base de Matcha ainsi que d’iconiques ensembles de thé japonais.

Paris New York
Le charme principal de la vieille capitale repose dans ses bâtisses ancestrales et dans la façon dont chaque commerce se les réapproprie. Paris New York est un restaurant de burgers de qualité au look éclectique qui mélange les couleurs néon, les matières premières et le minimalisme. C’est le meilleur de New York à Paris, quoi!

Le marché des Enfants Rouges — Chez Alain Miam Miam
Divisé en trois, le marché des Enfants Rouges offre une section marché aux puces, un marché ouvert et une section intérieure pour les plus frileux comme moi. Pour tous les goûts, c’est l’endroit à visiter pour s’imprégner de la vie locale. Dans un petit coin de la place, j’ai trouvé le fameux Alain. Chez Alain Miam Miam, c’est un petit gril à sandwich caché dans les profondeurs du marché. C’est aussi une légende du sandwich bien établie. Il y a toujours une file et on dit même que Jay-Z serait l’un de ses plus fidèles clients. Puisqu’il en vaut l’attente, allez vous perdre dans les commerces de cette institution du quartier Le Marais sans oublier d’y dévorer un fameux sandwich.

Merci
Merci est un magasin à grande surface où l’on trouve un café-restaurant, une librairie et divers articles lifestyle : vêtements, accessoires et mobilier de maison. Tout ça et avec style en plus! On pourrait y passer une journée entière à tout regarder, faire une pause pour taire les gargouillis ou rêvasser, un livre à la main, dans le confort du décor.

Maison Plisson
La Maison Plisson c’est le plaisir d’une épicerie fine avec des aliments majoritairement locaux de qualité dans un décor édénique où chaque produit est mis en valeur tout en se fondant dans celui-ci. Fruiterie, charcuterie, boulangerie, vous trouverez tout le nécessaire pour garnir votre baluchon et tenir jusqu’à votre prochaine destination.

Jimmy Fairly
Le Bon Look de la France avec une touche humanitaire, cette boutique de lunettes vaut le détour. D’abord, pour son décor minimaliste et esthétiquement irréprochable, mais également pour le fait que si vous tombez amoureux d’une de leurs paires, il est possible de la faire livrer chez vous. De plus, pour chaque paire de lunettes vendue, une seconde est remise à des gens dans le besoin!

Miznon
Ce restaurant israélien hante encore mon estomac tellement les saveurs étaient mémorables! Sa simplicité et son authenticité résident dans son décor sans fioritures et sa cuisine rudimentaire où les légumes sont au premier plan. Assis directement entre les choux-fleurs et les carottes, vous savez qu’ici on sert du frais, du vrai. Avec sa cuisson sur le gril, le Miznon vous charmera avec sa patate douce finement salée et son artichaut braisé que vous raclerez jusqu’à la dernière feuille!

Rassasiés de la panse et des yeux, Mathieu et moi avons ensuite pris la route pour l’Allemagne, là où d’autres aventures nous attendaient. Je ne voyais devant moi que la prochaine destination, encore inconsciente de la marque que cette ville et ses habitants venaient de laisser sur moi. Je ne savais pas à ce moment-là à quel point Le Marais allait me manquer. Maintenant, je n’ai pas seulement hâte de retourner à Paris, j’ai surtout hâte de découvrir un autre quartier riche en histoire et en spécialités culinaires!

Au départ de Montréal, Air Transat a des vols directs quotidiens vers Paris toute l’année.
https://www.airtransat.com

Texte : Joliane Roy
Photos : Mathieu Lachapelle

 

Dînette 012 – Brume

Pour le numéro 012 Brume, on s’enveloppe dans le vaporeux, la douceur. Le brouillard nous invite aux rêveries et à l’introspection. Aérien et mystérieux, il reste suspendu dans l’air et nous laisse en quête de réponses. On visite des lieux majestueux, comme l’Oregon par exemple, toujours baigné dans une brume féérique. On accuse souvent le brouillard d’être gris et maussade, mais nous on y voit quelque chose d’onirique, d’envoûtant et de fondamentalement apaisant.

Le numéro 012 « Brume » présente :

– Un reportage au paradis du brouillard : l’Oregon
– Une virée sur la route des châteaux en Allemagne
– Un week-end de SUP et d’échanges avec POP Spirit
– La découverte de l’univers de l’absinthe
– La poésie de Marie-Élaine Guay
– Les parfums botaniques et naturels de LVNEA
– La récolte de raisin bleu

Détails : 148 pages, impression offset, couverture « soft touch » velouté. Imprimé au Québec
Date de publication : 15 mars 2018

L’art de la crêpe à Paris – Expérience Airbnb


En partenariat avec Airbnb.

Il n’y avait pas une once de lumière à l’extérieur lorsque Mathieu et moi encore à moitié endormis avons pris les rues de Paris pour nous rendre à notre expérience Airbnb. Nous l’avions choisie pour l’heure qui entrait parfaitement dans notre horaire beaucoup trop chargé, mais surtout parce que, qui ne rêve pas de manger des crêpes dans un appart à Paris! C’était tout près, mais on avait tout de même réussi à se perdre; moi et les GPS… Après plusieurs tentatives à une adresse qui n’était décidément pas la bonne, notre hôte, Eleonora, a fini par nous appeler, se demandant où nous étions. En bons Québécois que nous sommes, nous avons enfilé les excuses avant de nous rendre tous ensemble, notre hôte, un couple d’Américains et nous deux, audit appartement. C’est que voyez-vous, notre hôte n’était pas seulement une âme charitable qui avait envie de faire découvrir sa culture aux étrangers. Non, non. Nous avions en plus le droit à une blogueuse et chef télé. D’où le point de rencontre mystère.

Tout en marchant hâtivement les uns derrière les autres, elle nous explique alors que l’appartement dans lequel nous nous apprêtons à entrer date du début des années 1800, que celui-ci abritait autrefois une seule et unique famille et à quoi, les diverses sections, aujourd’hui appartenant à des particuliers, servaient. Je me sentais presque dans un musée.

Présentations et visite guidée de l’appartement faites, nous avons ensuite attaqué la préparation de ses fameuses crêpes! Notre hôte était sans aucun doute une habituée. D’une aisance assez déroutante, elle expliquait les étapes et les ingrédients de la recette tout en nous racontant le pourquoi du comment. Nous étions tous sans exception absorbés par ce qu’elle nous racontait, ne voulant perdre un seul mot, surtout de la recette.

L’art de la crêpe, nous disait Eleonora, c’est de mettre le beurre sur un papier essuie-tout et de le passer dans la poêle par la suite. On ne veut surtout pas que ce soit trop gras. Simplement, que rien ne colle. Après une première démonstration, nos cousins du Sud se sont lancés, quelque peu nerveux, mais excités par l’odeur qui flottait déjà dans la cuisine. Répétant les mouvements que notre chef venait de faire, nous passions un après l’autre, sous les yeux veillants et les encouragements d’Eleonora, tels des padawans de la restauration.

L’épreuve enfin réussie, Eleonora nous invita à passer à la salle à manger où le soleil faisait enfin acte de présence. Tout pour mettre l’ambiance. Jus fraîchement pressé, pâtisseries, fruits frais et fromage nous attendaient. Nous pouvions enfin nous détendre et nous délecter. À tour de rôle, nous fîmes circuler les différents éléments afin de garnir notre crêpe. Certains respectant les instructions d’Eleonora, d’autres, un peu plus funky, ajoutaient la twist que leur appétit leur commandait. On apprenait, entre deux bouchées, à se connaître. Les questions usuelles: d’où nous venions, était-ce notre première fois à Paris, et autres formalités passées, Eleonora nous raconta un peu son parcours. C’était intéressant de voir comme le local ne voulait pas simplement dire made in. Eleonora, d’origine italienne avait immigré en France depuis déjà un bon moment et c’est amoureuse des rencontres et des partages qu’elle avait décidé de tenter l’expérience avec Airbnb en accueillant chez elle des voyageurs. Puisqu’elle aussi, dès son arrivée, avait voulu connaître les us et coutumes de sa ville d’adoption, il était naturel de transmettre à son tour un peu de son savoir.

La panse bien remplie, une chance qu’on marche beaucoup dans cette ville, l’activité s’est terminée par des conseils de grande sage sur les meilleures adresses du coin, et surtout, où trouver les meilleures madeleines de tout Paris!

Une expérience en apparence simple s’était avérée tout ce dont un voyageur pouvait espérer. Une hôte attentionnée et soucieuse de faire vivre une expérience locale enrichissante. De la nourriture comme il ne s’en fait pas dans les restaurants touristiques. Et des rencontres éphémères qui laisseront une empreinte permanente dans nos esprits.

Texte : Joliane Roy
Photos : Mathieu Lachapelle

Dînette 011 – Confetti

Confetti
C’est la fête! On s’est rendus à notre deuxième année de publication et on ne pourrait pas être plus fiers! Dans notre numéro 011, intitulé « CONFETTI », on explore la thématique de la fête, du party et du rassemblement. Sur fond de paillettes, confettis, ballons et guirlandes, on propose des recettes qui se partagent bien en gang, dignes de moments dont on se souvient longtemps. Avec des amis, de la musique, une belle ambiance et beaucoup d’amour, on célèbre les petits moments d’extase qui passent toujours trop vite.

Le numéro « Confetti »présente :

– Mérida Anderson de l’atelier YYY
– Petite virée dans le bois avec le team Dînette et des amis
– Recettes de lendemain de veille avec les Fromages d’ici
– Sayulita : village-confettis
– Entreprise Boucle & Papier
– Récolte : Cerise de terre
– Portrait de Juliette de Juliette & Chocolat

Détails : 164 pages, impression offset, couverture « soft touch » velouté. Imprimé au Québec
Date de publication : 7 décembre 2017
Livraison entre 7 et 10 jours ouvrables

NovaMercury : l’art du macramé

Parfois, ce sont les idées, en apparence anodines, qui donnent naissance aux projets les plus incroyables. Parlez-en à Jen Duffin, l’artisane derrière NovaMercury. Au départ, quand elle s’est mise au macramé, c’était par simple intérêt personnel, l’envie un matin de se confectionner des jardinières suspendues. Deux ans et un nombre incalculable de nœuds plus tard, la voilà qui gère sa propre petite entreprise d’artisanat. Elle donne même régulièrement des ateliers d’initiation à ceux qui s’intéressent à son art. Pas mal, pour quelqu’un qui a tout appris d’elle-même.

Ce qui l’inspire? Ses enfants, assurément. D’ailleurs, la petite Nova a aussi donné son nom à l’entreprise. Âgée de deux ans, elle a grandi en même temps que NovaMercury et vadrouille maintenant entre les jambes de sa mère quand celle-ci s’affaire. « Mes enfants me poussent constamment à être une meilleure artiste », affirme Jen avant d’ajouter « mais dernièrement, la couleur m’inspire énormément. J’aime beaucoup expérimenter de ce côté ».

Si le blanc domine dans les œuvres de NovaMercury, c’est qu’il s’agit de la couleur naturelle du coton qu’elle utilise. C’est aussi un ton neutre qui complète facilement les décors. Pourtant, Jen n’a pas peur de jouer avec les chromatismes quand elle confectionne ses pièces. Des jardinières aux couleurs guillerettes aux créations suspendues se déclinant en nuances pastel, les œuvres arborent des teintes harmonieuses, tout en douceur.

« Mon processus créatif en macramé est très spontané », affirme-t-elle avant d’expliquer qu’elle décide rarement d’avance ce qu’elle prévoit créer. Une grande partie des projets qu’elle réalise est d’ailleurs faite sur mesure et se développe en fonction des demandes des clients et de son inspiration quotidienne. La beauté de son art, c’est qu’il varie non seulement selon des teintes, mais aussi des textures et des matériaux utilisés.

Dans son appartement à Montréal, Jen s’est taillé un petit coin de travail tranquille au milieu d’une ribambelle de plantes. Artiste dans l’âme, elle n’en revient pas de la chance qu’elle a de pouvoir faire au quotidien un métier créatif qui l’inspire. Surtout, une job réconfortante pour le corps et l’esprit, car faire du macramé est une activité qui l’apaise autant qu’elle la motive. « Je suis atteinte de fibromyalgie. Comme je souffre de fatigue et de douleurs chroniques, je suis reconnaissante d’exercer une profession qui me permet d’échanger et de connecter avec des gens de partout sur le monde, tout en travaillant depuis chez moi. »

Jour après jour, elle entremêle les fils pour créer des œuvres uniques et pleines de personnalité. Douces, élégantes et délicates, ses créations habillent les murs d’une touche de couleur qui parvient à égayer même les journées les plus grises.

Texte : Camille Domon
Photos : Jen Duffin

Tout en nuances : le café démystifié

En passant la porte du 921 rue Sainte-Catherine Est, force est de constater que la couleur est au cœur de l’atmosphère qui règne à La graine brûlée. Cinq minutes avant 10 h, un matin laiteux d’octobre, l’éclairage du commerce est à la fois réconfortant et stimulant, comme une bulle créée pour permettre aux ambitions de s’envoler et aux amitiés de se former. Le mobilier éclectique propose une marée de possibilités pour se détendre, se plonger dans son ordinateur portable ou démarrer une partie de Super Mario World.

Je suis ici pour discuter avec J-P Loignon, copropriétaire des cafés Oui, mais non et La graine brûlée, afin d’en apprendre plus sur les différentes nuances de café et sur les particularités qui font de ce produit un classique vers lequel on revient toujours.

On m’offre un latté bien chaud, et je réalise en y trempant le bout de mes lèvres qu’il y a bel et bien quelque chose qui tient du rituel dans la consommation du café. Certains ont besoin de ce moment avec eux-mêmes en début de journée, certains s’en servent comme prétexte pour reprendre le temps perdu avec un ami, pour d’autres il s’agit simplement d’une façon d’arrêter le temps au milieu de la routine. Toujours, le café est ancré dans les mœurs partout sur la planète.

Ici, chaque geste a été étudié, les machines sont régulièrement calibrées et c’est cette finesse dans l’exécution qui garantit la fiabilité de la boisson qui accompagne des matins comme celui-là. « Le moulin est aussi important que la machine à espresso. La mouture doit être homogène pour nous assurer une constance. Avec l’humidité ambiante, on doit souvent se réajuster pour que notre café goûte sensiblement la même chose. C’est aussi notre façon d’honorer le produit. »

Malgré le fait que les grains de café soient seulement issus de deux variétés mères, le produit se décline en une infinité de possibilités aromatiques selon le procédé de torréfaction et de préparation. Je ne peux m’empêcher de l’interroger sur les différents types de café qu’on sert traditionnellement dans son établissement afin de connaitre la réelle nature de leur composition.

« L’espresso est la base de tous les cafés qu’on fait. C’est un shot simple ou double avec le même volume d’eau et la même concentration. Après, il y a l’allongé qui est plus clair et tire son goût plus creux dans le grain. » J-P passe ensuite au macchiato, qui signifie « taché » en italien et qui correspond à un espresso simple avec une cuillère de mousse. Le cortado, quant à lui, équivaut à un double espresso avec le même volume de lait moussé. « Le cappuccino est celui qui diffère le plus. Il vient d’une tradition italienne avec un gros nuage de lait moussé. C’est un peu le glorieux chapeau de mousse qui fait l’expérience, mais la tendance est plus à la sobriété en ce moment. » Il finit en me disant que dans le cas du café latté, c’est la prédominance du lait qui ajoute une touche sucrée à l’ensemble en raison de la caramélisation du lactose.

En passant par chaque déclinaison, je réalise qu’il est possible de faire un voyage très surprenant dans l’univers du café. J’esquisse un sourire en songeant que chaque voyage est teinté d’un goût unique qui se rapporte à la version locale de ce breuvage intemporel.

À l’instar du fin amateur de vin, le passionné de café saura déceler les nuances qui se déploient dans sa tasse. J-P reconnaît aussi au produit un effet euphorique qui n’en tient pas seulement à sa teneur en caféine : « Après avoir goûté au café, il y a aussi une sorte d’ivresse, une stimulation. »

« J’ai commencé à boire les fonds de café filtre-tablette-de-fin-de-journée de ma mère vers 9, 10 ans. Ça sentait un peu chocolaté et en plus, elle mettait un peu de lait et de sucre. Il y a un petit trip de goût, mais aussi une dépendance à la caféine qui se crée. Graduellement, en retirant ce qui vient autour, tu commences à goûter plus le cœur du café. Et là, j’étais de plus en plus curieux. Chaque fois que j’ai coupé quelque chose, mon intérêt a grimpé. » C’est donc dire que c’est la curiosité, vecteur des plus grands changements, qui est à l’origine de son histoire d’amour avec le produit.

En terminant notre entretien, j’avais envie de savoir quelles seraient les qualités d’un café parfait pour mon interlocuteur. Il prend une pause pour y songer. « Le café parfait pour moi est d’abord et avant tout généreux. Il est pas plate. Il goûte beaucoup et de plein de choses. Je le veux plein, stimulant, réconfortant, chocolaté et avec un goût de noisette. Il est pluriel. Il en couvre large. »

Texte : Roseline Mathieu
Photos : Roseline Mathieu

Cantines urbaines

J’ai probablement arpenté l’autoroute 20 plus de 250 fois entre Montréal et le bout flou de l’Atlantique froid. Je me souviens des arrêts fréquents sur cette route du Québec. Des casse-croûtes. Des poissonneries, des bourgots marinés. Des cafés de route qui ne goûtent pas grand-chose. De l’abandon de toute volonté devant la friture, de l’odeur piquante du vinaigre blanc et de l’Orange Crush qu’on décapsule avec plus de satisfaction qu’une bière de déménagement. Et surtout, du réconfort de ces escapades hors de la ville et de ces petits restos de route visités à travers les itinéraires variables de mes étés festifs.

À mi-chemin entre le sel de la patate frite et celui du varech, il y a des lieux qui permettent au temps de filer aussi vite et de shiner aussi bright qu’un ciel de perséides au mois d’août. On vous suggère donc 5 cantines urbaines pour faire durer le plaisir simple et le beau temps de l’été.

Le dépanneur le Pick-Up – Petit repère de quartier
7032 Waverly, Montréal

Véritable petit bijou du Mile-End situé sur la rue Waverly, ce joli dépanneur abrite un comptoir très prisé dans le quartier. On se sent à la fois dans la quincaillerie d’un petit village et dans un snack-bar aux murs en préfini et aux sièges en vinyle rouge vin. Célèbre pour ses sandwichs, ses pâtisseries et ses brunchs aux Perogies, le Pick-Up propose aussi toute une gamme de produits qui honorent le terroir et les artisans du Québec. Le vin de dépanneur n’aura jamais été aussi bio et local. Authentique et sans prétention. Une belle découverte à faire.

Chez Tousignant – Le casse-croûte des classiques
6956 Drolet, Montréal

Chez Tousignant, casse-croûte à l’allure des années 50, est situé à deux pas du Marché Jean-Talon. On y retrouve tous les grands classiques de la traditionnelle cantine québécoise à petits prix, du milk shake vanille au Pogo fait maison. Dans ce petit espace qui brille sous le stainless, le carrelage rose gomme balloune et le vert néon de la devanture, la convivialité est reine. On peut d’ailleurs lire cette sympathique invitation sur le site Web : « Préparé comme ça mérite de l’être : en communauté. De partout, avec toutes sortes de noms, ils font tous partie de la famille. Tous, chez Tousignant ».

Comptoir 21 – La Gaspésie à portée de la main
418 Gilford, 21 Saint-Viateur Ouest , 4844 Wellington et 747 Square-Victoria, 

Multiplié par quatre adresses dans la ville, ce restaurant de Fish & Chips permet une virée gaspésienne à même la métropole. La morue est super flaky, la chaudrée de palourdes offerte au litre et les calmars servis frits et poivrés à souhait. Efficace, convivial et plaisant comme un dernier road trip estival entre la Main et Percé.

Gibeau Orange Julep – La grosse boule
7700 Boulevard Décarie, Montréal

Avec ses 40 mètres de diamètre de fibre de verre à l’orange, le légendaire snack-bar trône fièrement au milieu du bitume et surplombe la suffocante autoroute Décarie depuis maintenant plus de 50 ans. En plus de sa flamboyante architecture, l’endroit est fameux pour son célèbre élixir à base de jus d’orange et de lait, le Julep. Gibeau Orange Julep porte l’ambiance rétroréconfortante des souvenirs jaunis. Comme un Polaroid spontané pris sur un interstate menant aux plages bondées de la côte Est américaine.

Dic Ann’s – The Original
10910 Boul. Pie-IX, Montreal-Nord

Dic Ann’s offre depuis 1954 de délicieux burgers ayant la particularité d’être très plats et savamment assaisonnés. Ce casse-croûte mythique a été nommé en l’honneur de la sauce épicée inventée par le fondateur Dic et son épouse Ann. Le service ultra rapide a déjà permis au restaurant de battre un record mondial et de servir 1 542 burgers en 1 heure. Le restaurant compte plus de 13 franchises à Montréal et ses environs.

#dicanns #theoriginal

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Bref, les cantines urbaines nous invitent à flâner avec la désinvolture des vacances dans ce mois d’octobre qui se rafraîchit doucement. Pour prendre le large encore un peu, pour nous faire du bien, pour nous rappeler la grande route, le fleuve, l’éclat du temps libre et la simplicité des jours d’été.

Texte : Myriam Gendron

 

Noris Ledesma : Seule au combat

On s’était levés tôt pour faire la route de Miami à Choral Gables dans le sud de la Floride, sous un soleil déjà écrasant pour l’heure. À bord d’une voiture louée dont le climatiseur fonctionnait juste à moitié, on a suivi le chemin que nous indiquait le GPS, jusqu’à ce qu’on rejoigne le rang où poussent toutes sortes de plantations commerciales : avocats, bananes, poivrons, mangues et autres.

C’est en regardant le documentaire Fruit Hunters de Yung Chang que nous avions entendu parler du Fairchild Institute, un jardin botanique / centre de recherche qui a pour mission de sauver la biodiversité des plantes tropicales; un peu comme l’arche de Noé, mais pour les fruits. Ce centre est issu de l’initiative de David Fairchild, un botaniste né en 1869, qui, jusqu’à sa mort en 1954, a voué sa vie à l’exploration de tous les continents pour rapporter des plantes aux États-Unis. Plus de 20 000 espèces de plantes sont arrivées ici grâce à lui, dont les cerises, les dattes, les nectarines, l’alfalfa, le soya, le coton et les mangues.

Noris Ledesma chapeaute aujourd’hui l’héritage fruité de David Fairchild. Cette dernière nous a donné rendez-vous dans l’une des propriétés du Fairchild Institute qui lui a été attribuée pour réaliser son projet de vie : poursuivre ses recherches sur les mangues – une plantation de 20 acres sur laquelle se trouve une maison centenaire cachée au milieu d’une épaisse barricade d’arbres débordant de fruits mûrs. Un jardin d’Éden des temps modernes comprenant des avocats gros comme nos têtes qui se balançaient dans l’air humide juste à la hauteur de nos mains, des fruits du dragon fuchsia qui mûrissaient au soleil, d’énormes fèves beiges trop mûres pour rester accrochées à leurs branches qui jonchaient le sol. Des figuiers, des palmiers garnis de belles grosses noix de coco jaune soleil et un autre arbre rempli de fruits rouges ressemblant à des poires, l’akée qui, semble-t-il, peut tuer sur-le-champ quiconque oserait en prendre une mordée alors qu’elle n’est pas encore mûre. Une des femmes de David Fairchild aurait d’ailleurs perdu la vie en y goûtant!

Elle était là, notre belle Colombienne, en chair et en os, telle que vue dans le documentaire, avec un sourire aussi large que les énormes fèves qui cassaient sous nos pieds. Il devait faire 46 000 degrés dehors. La sueur nous ruisselait dans le dos alors qu’on discutait dans l’entrée. Noris nous attendait avec un déjeuner déjà servi : du fromage dans l’huile avec des herbes, des biscottis, des gros morceaux de mangue orangée et juteuse à souhait – on devinait qu’elle venait d’être cueillie – et d’énormes haricots ressemblant à des olives. C’était des « pépins » de jackfruit  ou fruit du jacquier, un énorme fruit, le plus gros au monde, poussant à même un arbre, en fait. Elle les avait fait bouillir, puis nous les a servis avec du sel.

Noris est une passionnée. On la suivait alors qu’elle nous entraînait à travers les rangées d’arbres sur sa terre. Alors que Mathieu et moi esquivions les nombreuses toiles d’araignées qui s’étendaient du sol jusqu’à la partie la plus haute des arbres – avec des centaines d’araignées dedans – Noris elle, avançait sans hésitation en nous jasant avec cet adorable accent colombien. Elle nous a montré les avocats, les mangues et les énormes fruits du jacquier, que nous voulions absolument voir de plus près. Au Québec, on trouve plutôt ce fruit en conserve dans les épiceries asiatiques. On en fait du faux pulled pork  notamment, en y ajoutant épices et condiments. On a pu en cueillir un, Mathieu devait tenir le gros fruit tandis que Noris coupait la tige avec un sécateur. Le fruit s’est laissé tomber mollement de tout son poids. Selon mes calculs il devait peser au moins quarante livres, mais les fruits du jacquier peuvent facilement atteindre soixante-dix livres! On a même pu l’ouvrir – les mains enduites d’huile végétale parce que le fruit du jacquier laisse échapper une sève collante qui rappelle la gomme à mâcher. À ce moment-là, tout ce que nous savions à propos du fruit du jacquier c’était qu’il n’avait pas vraiment de saveur et que sa chair beige pouvait s’effilocher. Mais à l’état frais, c’est une tout autre histoire! La chair présente une belle couleur jaune pastel et son goût rappelle un peu celui de l’ananas.

La mangue : un amour viscéral
Noris a grandi avec sa grand-mère en Colombie et toute son enfance a été bercée par la présence des arbres à fruits tropicaux qui poussaient dans sa cour. Les fruits sont toute sa vie. Mais son préféré, c’est la mangue. Pour Noris, la mangue n’est pas qu’un simple fruit, c’est un mode de vie qui lui a permis de faire le tour du monde. Selon elle, la mangue n’a rien à envier aux autres fruits, comme les bananes par exemple : « les bananes n’ont pas d’âme! Elles sont pratiques, elles nous viennent dans un bel emballage naturel, elles remplissent l’estomac, elles sont économiques, mais elles ne nous atteignent pas au coeur. Les mangues nous connectent à nos souvenirs. Elles ne sont pas qu’un fruit, elles sont des bonbons offerts par la nature. Elles me projettent dans mon enfance, dans mes racines. C’est comme l’odeur d’une tarte de grand-maman, ça vient secouer en dedans, ça m’émeut. Les mangues sont complexes, elles ont toutes des caractères différents, des parfums et des couleurs propres à chacune, elles sont comme des personnes finalement ».

Vous trouverez l’article complet dans le numéro 010 – Pigment.

Texte : Hélène Mallette
Photos : Mathieu Lachapelle et Hélène Mallette

Lueurs : effluves de mille lieux

Noir.
Scratch.
Étincelle.
Lueur.
Odeur.
Combien de fois dans ma vie cette série de mots m’a réchauffée, dedans comme dehors.
Ouvrir les fenêtres et allumer une chandelle, des gestes que je pose pour marquer chaque nouveau petit départ.
Au matin pluvieux ou lumineux, au milieu de l’après-midi quand j’ai l’impression que ma journée est allée s’échouer aux pays des heures perdues, la fin de semaine en espérant que l’air nouveau donnera envie au dimanche de rester plus longtemps que prévu.

Créer une lumière pour illuminer et réchauffer chaque moment, c’est un peu aussi ce qui anime Guillaume Couture, propriétaire de Lueurs, une petite entreprise créative de Québec qui se consacre à la production de chandelles. « À l’origine, Lueurs est venu du fait que ces petites bougies apportaient une chaleur et une lumière naturelle dans mon appartement. Cette lumière naturelle est pour moi cent fois plus chaleureuse qu’une lampe 60W » explique-t-il.

Toutes faites à la main à base de cire naturelle et d’huiles essentielles biologiques, chaque chandelle porte le nom d’un lieu. « J’ai énormément de souvenirs reliés aux odeurs, qui refont surface ponctuellement. Le lien entre les deux est très fort pour moi, et je voulais recréer ce lien en l’illustrant à l’aide d’endroits physiques » déclare Guillaume. Tandis que certaines odeurs lui rappellent d’où il vient, comme la bougie Laverlochère, par exemple, un village du Témiscamingue qui sent les conifères et où il a habité pendant deux ans, d’autres sortent tout droit de son imaginaire et de l’idée qu’il se fait de ces endroits.

Le branding de Lueurs est simple, magnifique et tellement évocateur. De petits pots de verre, des étiquettes aux traits délicats, noirs et blancs, dessinés par son amie et illustratrice, Marie-Lise. Juste ce qu’il faut pour nous donner envie de mettre le feu à la mèche. Pourquoi ne pas avoir choisi la couleur ? « Je crois que même un produit aux couleurs neutres peut être coloré, mais en passant par d’autres sens » m’explique-t-il.

Tout récemment, de nouveaux contenants se sont imposés dans le processus créatif. Guillaume fouille les brocantes et les marchés aux puces à la recherche de pots de grès, de vases et de tasses. Il s’inspire de leurs couleurs, formes, et différentes matières pour y faire couler l’odeur des lieux dans lesquels il nous invite à nous plonger. C’est sa façon de donner aux récipients une personnalité, de les propulser dans leur deuxième vie. Une deuxième vie, il en donne aussi une à la cire des chandelles, qui peut également être utilisée comme huile à massage une fois fondue.
Ici, rien ne se perd, tout sert à nous faire sentir mieux.

Lueurs pigmente l’ombre de sa lumière, l’air de ses effluves et nos petites vies de chaleur, de souvenirs et de douceur.

www.leslueurs.com.

Texte : Elizabeth Cordeau Rancourt
Photos : Guillaume Couture, CATHB

Dînette 010 – Pigment

Pigment
Tel un cristal qui défragmente un spectre de lumière, on célèbre toutes les couleurs visibles à l’œil humain. On les explore et on les étudie dans une optique différente, on se penche sur leur importance dans le monde de l’alimentation. On travaille les fruits frais et les légumes du marché, on se fait notre propre répertoire, on se crée notre propre nuancier. Les couleurs vives et pastel sont à l’honneur; comme des coups de pinceau sur un canevas blanc, elles prennent vie sur nos pages. Honorant l’union de la nature et de l’humain, elles tourbillonnent dans une fresque éblouissante qui éclabousse les yeux et les papilles.

Le numéro « Pigment »présente :

– Analyse sur les colorants alimentaires
– Dossier architecture sur l’art déco de Miami Beach
– Dossier recettes Noir / blanc
– L’instagrammeuse @maggie_pate et ses teintures naturelles
– Portrait de Jay Gladue, un chef aux origines Cries
– Entrevue avec Charles-Antoine Crête du Foodchain
– Ode aux couleurs organiques du Maroc
– Essai photo sur les couleurs Pantone et les Fromages d’ici

Détails : 164 pages, impression offset, couverture « soft touch » velouté. Imprimé au Québec
Date de publication : 14 septembre 2017
Livraison entre 7 et 10 jours ouvrables

Boulart

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Vous avez fort probablement déjà mangé (et peut-être même acheté) du pain Boulart sans le savoir. C’est que l’entreprise fondée et dirigée par Michel Saillant fournit en pain un grand nombre d’épiceries et de restaurants, souvent pour leur marque maison.

Nous avons visité les locaux de Boulart à Lachine en compagnie de M. Saillant, qui malgré son agenda bien rempli, nous a expliqué en détail les rouages de sa compagnie et de sa machinerie en étant généreux de son ingrédient secret : le temps.

Parce que le temps, c’est de l’argent, mais c’est aussi ce qui permet aux pains de Boulart d’obtenir une qualité artisanale en fermentant quelques heures. L’usine, qui compte maintenant trois lignes de production qui peuvent chacune produire plusieurs milliers de baguettes par jour, fonctionne à plein régime 24 h sur 24… lentement. De quoi donner raison à la fable du lièvre et de la tortue, même en boulangerie.

Michel Saillant, Entrepreneur en série
À propos du succès de son entreprise, qui compte 90 employés et dont le chiffre d’affaires dépasse maintenant les 50 millions de dollars en vente, M. Saillant demeure très terre-à-terre : « J’ai été entrepreneur toute ma vie. Je me suis cassé la gueule tellement souvent : tu fais des affaires, t’apprends. » C’est vrai qu’il y a beaucoup de chemin parcouru depuis sa première compagnie de tonte de gazon : après avoir construit une maison dans les Laurentides avec son meilleur ami et déménagé aux États-Unis avec les profits de la vente, il ouvre en 1979 le deuxième bar à jus de toute la Californie. À son retour au Québec, il fait une incursion d’environ dix ans dans l’industrie de la mode puis en 2000, par un concours de circonstances, il atterrit chez Pain Doré comme consultant, où il restera jusqu’à 2004.

C’est donc en mars 2004 que débute l’aventure Boulart, alors nommée Baguetteco. « Mon idée, quand je l’ai créée, c’était de reproduire exactement ce que fait l’artisan, de façon industrielle, en grand volume, et vendu surgelé. Ç’a été plusieurs millions d’investissements. Pas de clients, et je ne suis pas boulanger. Un petit défi! », lance Michel Saillant avec le sourire. À maintenant 56 ans, il sait que les trois ans de travail pour trouver son financement en valaient la chandelle. Il obtient donc les fonds en novembre 2007, quelques mois avant la crise financière de 2008. La production débute environ un an plus tard.

« La congélation était une des grandes solutions, à cause des pertes et à cause de la qualité », explique- t-il. Son produit se conserve ainsi 270 jours, et ses clients peuvent répondre plus facilement aux variations de la demande en limitant le gaspillage. Avec la baguette ciabatta, son produit signature, Boulart a lancé « un produit qui n’existait pas en Amérique du Nord. »

Qu’est-ce qui distingue votre modèle d’affaires des autres boulangeries du Québec?
J’ai toujours dit que j’étais un industriel artisan. Ces deux mots ne vont pas ensemble, mais quand tu regardes mon pain, si tu ne vois pas mon usine, tu penses que c’est fait à la main. […] Le boulanger du coin va toujours avoir sa place et va toujours survivre dans son quartier, parce qu’il a une proximité. Et moi, je peux distribuer à la masse; je rends la qualité accessible à tous. C’était ça le but de mon projet initial. Alors tout le monde a sa place. Moi je ne dénigre pas l’artisan, au contraire, je l’aime parce qu’il est sexy et parce qu’il éduque les gens.

Quel a été le plus grand défi dans l’industrialisation de Boulart?
« Personne ici ne touche au produit, c’est 100 % fait à la machine. » De nombreux facteurs influencent le pain : l’humidité, la température, le pétrissage et la farine (que Boulart utilise non blanchie, non traitée, non corrigée chimiquement et sans additif). « Quand tu veux amener [la production] dans un contexte industriel, c’est vraiment un défi, parce que tu ne peux pas commencer à corriger et à changer. »

On a réussi à développer des standards où on fait du pain de grande masse, mais on est en mesure de contrôler les spécificités du produit sans réduire la qualité.

Comment faites-vous pour contrôler la qualité de votre produit?
Ici, j’investis beaucoup dans mes systèmes. J’ai 57 caméras [pour avoir à l’oeil tout le processus]. Tout est traçable, et tout le monde le voit. On a un oeil sur la qualité.

Est-ce que vous constatez un changement dans l’industrie du pain depuis vos débuts avec Pain Doré en 2000?
Le pain blanc représente encore 75 % de mes ventes, c’est énorme. Les pains de grains commencent à prendre de l’ampleur, on voit qu’il y a une tendance.

Quel est le plus grand défi de la mise en marché dans les épiceries?
Le plus gros défi est dans l’exécution. On parle d’un produit frais. […] Je n’ai aucun contrôle sur le traitement de mon produit : c’est ça le plus grand défi [et la plus grande frustration]. Ceux qui exécutent bien ont un succès phénoménal.

Quels sont vos projets futurs pour votre entreprise?
« Notre plus forte croissance, c’est dans l’Ouest américain. […] On a un modèle, on peut l’exporter, on peut le déplacer pour se rapprocher de nos marchés. » Le projet d’une nouvelle usine sur la côte Ouest est donc dans les plans, sans pouvoir s’avancer sur le « quand ». C’est à suivre!

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Texte: Maryse Boyce
Photos: Sylvie Li

5 endroits Instagram incontournables à voir en Gaspésie

À quelque 11 heures de Montréal, on retrouve la ville de Percé point d’attache de notre séjour express en Gaspésie. Perché à flanc de colline à la pointe de la Gaspésie, cette péninsule au centre-est du Québec est bordée par le fleuve Saint-Laurent. On y retrouve des villages de pêcheurs, une odeur saline et des falaises rougeâtres sur lesquels on peut rouler des heures durant. On aurait aimé y passer des semaines, mais on a fait un séjour express de 4 jours.

Un point d’encrage au cœur d’un calme inspirant avec Riotel hotel
La mini-chaîne d’hôtel Riotel a fait office de quartier général pour cette escapade d’un long weekend. Des vues époustouflantes dans chacune des succursales, un personnel accueillant, et des chambres confortables, parfaites pour partir explorer cette belle région qui nous était jusqu’à maintenant inconnue.

Voici nos 5 destinations photo à mettre sur votre radar lors d’une courte escapade en Gaspésie.

La microbrasserie Pit Caribou propose un pub au village de Percé. Par contre, c’est vraiment à la microbrasserie ou la bière se brasse que vous pourrez apprécier cette bière, mais aussi la mer qui vient se jeter sur la terrasse de cet endroit fréquent pas les gens locaux.

La Rivière aux émeraudes est un petit paradis terrestre. De plus en plus fréquenté par les touristes lors des journées chaudes, en début de journée, l’endroit est normalement complètement désert et on s’y sentirait en Croatie, mais en plein cœur de la Gaspésie!

Entre deux magazines, on aime prendre la route quelques jours et partir vers l'inconnu. En voiture, sans GPS, avec juste notre intuition et quelques tuyaux de gens locaux, on part à la recherche des secrets les mieux gardés de chaque région : les cantines de bord de mer, les sentiers de forêts brumeux et les meilleurs endroits pour faire des photos. La @banquenationale nous a demandé de vous partager quels détours suivre pour faire des découvertes uniques et accessibles en voyage cet été. On a découvert ce spot en Gaspésie, la Rivière aux Émeraudes, un bassin d'eau alimenté par l'eau pure des montagnes. On s'est crus en Croatie tellement l'eau était turquoise et claire. On pouvait voir le fond comme dans une piscine. #ad #banquenationale #explorecanada

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Pratiquement chaque village possède sa propre plage, on en trouve même des désertes un peu partout, juste à s’arrêter sur le bord de la route et marcher quelques pas.

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Un classique, le Rocher Percé. Ce magnifique roc qui se tient bien droit à quelques mètres de la côte. Des milliers de touristes l’admirent toute la journée, mais vers 4 heures du matin, on a l’impression d’être au bout du monde.

?? Rocher Percé #4hdumatin #explorecanada

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En provenance de Gaspé, ce S parfait est la grande finalité avant de plongé vers la ville de Percé.

La route qui serpente la côte avant d'arriver à Percé. ?? #explorecanada

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Cuisine voisine

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Lancée en août 2015, Cuisine Voisine favorise les échanges entre voisins, en découvrant, par l’entremise de leurs plats, leur culture, leurs expériences et leurs passions.

Tout débute avec l’histoire de deux voisines, chacune mère de trois enfants. Kathleen McDonald travaille en ville et Madeleine, sa voisine, reste à la maison pour s’occuper de la marmaille. Madeleine a un talent fou pour la cuisine, concoctant ses plats avec bonheur et amour. Généreuse de nature, elle va porter des plats à sa voisine Kathleen qui, parfois, rentre tard, exténuée. L’éclosion de cette grande amitié fut l’élément déclencheur de Cuisine Voisine, que Kathleen McDonald a fondé avec l’aide de Martin Tremblay et Geneviève Benoît, de Productions Les Affranchis, qui ont apporté leur expertise du Web dans cette belle aventure.

Comment ça marche?
Le principe de Cuisine Voisine est simple. Par l’entremise de la géolocalisation, l’internaute trouve les plats disponibles à proximité de son quartier. En quelques clics, ce dernier a accès à une variété de plats et peut en apprendre davantage sur ses voisins. « Oui, on peut y acheter la bonne vieille sauce à spaghetti, mais on peut aussi y trouver des plats ethniques comme le Ohn no khao swè, un plat d’origine birmane à base de poulet. Les Cuistots de Cuisine Voisine sont libres de proposer ce qu’ils ont envie de partager avec leurs voisins et d’offrir les plats qui ont une signification pour eux » souligne Camille Boulais-Pretty, gestionnaire de communauté pour Cuisine Voisine. En ce qui a trait au prix des plats, ils varient en moyenne entre quatre et huit dollars par portion. Au final, les Cuistots déterminent la juste valeur de leurs créations culinaires. L’entreprise propose également des cours de cuisine pour ceux et celles qui souhaitent parfaire leurs connaissances. « L’économie d’aujourd’hui se dirige vers une économie dite de partage. Nous voulons donc aider les Cuistots de Cuisine Voisine à apprendre les rudiments de la cuisine, mais également leur offrir l’opportunité d’apprendre les rouages du monde des affaires et ainsi leur permettre de développer leur propre microentreprise. »

Lancer le concept dans sa propre ville 
Comptant actuellement une clientèle majoritairement montréalaise, Cuisine Voisine est également offerte dans d’autres villes telles que Québec et Trois-Rivières. Heureusement pour les épicuriens à travers la province, le programme Ambassadeur de Cuisine Voisine permet de démarrer le service dans son quartier ou sa région. « L’Ambassadeur aide à faire grandir la communauté Cuisine Voisine et permet à ses membres de se rencontrer, de sentir, de goûter et de partager histoires et saveurs tout en découvrant la cuisine et la culture de son voisin. »

Partenaire du web
Le Web et les médias sociaux jouent un rôle essentiel dans la croissance de son réseau gourmand. « Un des avantages d’une plateforme Web telle que Cuisine Voisine est qu’elle permet une visibilité accrue et une simplification des moyens de transaction. Les bons plats cuisinés par l’un peuvent être achetés par l’autre avec un minimum d’investissement financier de la part du Cuistot et un système de transaction merveilleusement simple. » Il est très rafraîchissant de découvrir l’existence d’un site Web transactionnel (et québécois!) qui favorise l’entraide et la camaraderie. Longue vie à Cuisine Voisine!

COOKSFROMHOME.COM

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Texte: Stéphanie Chicoine
Illustration: Benoît Tardif, Colagene Clinique Créative

Les sirops LAB

Pour les bartenders du Lab, le comptoir-bar du Plateau- Mont-Royal, les cocktails sont de véritables oeuvres d’art tant dans leur présentation que dans leur façon de charmer et surprendre les papilles de ceux qui ont la chance de s’y tremper les lèvres. Le Lab propose désormais sa propre gamme de sirops québécois faits à base d’ingrédients 100 % naturels; épices exotiques, herbes, noix et fruits, tout ça sans agent de conservation ou colorant, pour réaliser nos propres cocktails à la maison.

Nous sommes tombés amoureux de ces sirops et avons eu la chance de les savourer à notre dernier lancement dans de charmants cocktails créatifs et raffinés surmontés, entre autres, de feuilles de basilic frais, de concombre et de lavande. Si vous n’étiez pas là, pas de panique, on vous donne les recettes!

Le Lab propose des sirops comme le Tikki 1930 pour s’agencer à vos préparations tropicales, le sirop BBQ tropical avec ses notes fumées, épicées et fruitées, l’Orgeade qui ajoute une touche douce et veloutée ou le Tonique artisanal aux notes florales et d’agrumes frais. Conçus et préparés de façon artisanale, les sirops Lab, au plaisir de tous, se prêtent tant aux cocktails qu’à la cuisine, en ajoutant une savoureuse complexité de saveurs aux mélanges pour une expérience gustative surprenante, unique et intense!

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L’IMPROVISTE
2 feuilles de basilic pilées
½ oz d’orgeade Lab
½ oz de jus de lime
2 oz de jus d’ananas
1 oz de vodka Sobievski
1 oz d’absinthe Absente 55

Garnitures:
Feuilles de basilic

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LE PROVENÇAL
1 trait de bitter de lavande
1 oz de jus de canneberge blanc
½ oz de sirop simple Lab
½ oz de vermouth blanc Dolin
1 ½ oz de gin Citadelle

Garnitures:
Tranches de concombre

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Texte: Hélène Mallette
Photos: Maude Chauvin

Jason Cantoro

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À cheval entre la photographie, le collage, la peinture et la sérigraphie, Jason Cantoro, artiste montréalais, nous présente des oeuvres colorées qui sont souvent empreintes de son passage dans les rues de la ville. Ne se limitant pas à un seul médium, sa technique lui permet de pousser davantage sa démarche et son travail alors que son style unique le fait aisément sortir du lot.

Montréal comme trame de fond
Nous l’avons rencontré dans son atelier afin de mieux comprendre son processus de création, quoi que celui-ci diffère d’une oeuvre à l’autre. Son travail débute d’abord par une inspiration photo. Son appareil le suit partout et Jason capture des images qui l’inspirent; des clichés de ce qui l’entoure, principalement des paysages urbains, mais pas uniquement, car il croit fermement qu’il ne faut pas se limiter, qu’il faut se laisser surprendre par l’inconnu. Ensuite, il retouche les images. Parfois, certaines d’entre elles nécessitent d’être mises de côté pour y revenir plus tard. Très intuitivement, Cantoro se laisse guider par cette force intérieure. Après avoir imprimé la photo sur un acétate, il la transfère sur une soie qui lui permet d’en faire une sérigraphie sur un support qui l’inspire; soit du bois, du coton, du papier… S’ajoutent ensuite d’autres images plus abstraites créées à partir de collages, ou travaillées numériquement, toujours en sérigraphie.

Il peut commencer plusieurs pièces en même temps et il les peaufine à coups d’inspiration. L’artiste donne le temps à ses oeuvres de prendre forme et d’arriver à maturité. Il est sensible à ce qui l’entoure et tout peut être prétexte à amener sa création plus loin. Une erreur peut justement entraîner une découverte qui n’aurait pu se produire d’une façon réfléchie. Le résultat : une composition de plusieurs couches d’images qui porte à réflexion. Cantoro tente de présenter un point de vue et son contraire, en laissant une ouverture pour que chacun puisse interpréter l’oeuvre de façon personnelle.

Un artiste aux multiples talents
N’imposant aucune limite à son talent, Jason a aussi développé en parallèle un travail de designer graphique. Il a, entre autres, créé l’image de marque de l’entreprise montréalaise LOWELL, qui fabrique sacs et accessoires, ainsi que le design du foodtruck M. Crémeux. Il a aussi fait des pochettes d’artistes et créé le papier peint du restaurant Lawrence à Montréal. Il n’y a pas à dire, cet homme est un touche-à-tout bourré de talents! Cette diversité est importante pour lui, car un projet nourrit l’autre et propulse son travail toujours plus loin. Travailler pour des clients ou des marques lui permet de réaliser des projets qui sont un peu différents de ce qu’il aurait fait lui-même et c’est ce qu’il aime.

Il nous confie avec un grand sourire qu’une des choses qui le rend le plus fier est, sans aucun doute, le fait d’apporter une 3e dimension à ses oeuvres et de se diriger de plus en plus vers l’art public. Ayant souvent introduit Montréal dans ses oeuvres, le fait de les retrouver dans la ville elle-même prend, pour lui, beaucoup de sens.

Se dévouer à son art
Dès ses études terminées, Cantoro a commencé à se consacrer complètement à son art. Plus de 12 ans plus tard, il présente une signature personnelle et s’est forgé une place bien à lui. Il travaille maintenant avec une assistante et une agente qui lui permettent de se consacrer pleinement à la création. Son atelier sur la rue De Gaspé à Montréal est aussi le point de vente principal où son agente et lui accueillent les clients. Il aime ce contact direct avec les gens et la possibilité de leur faire découvrir sa méthode de travail ainsi que son atelier.

Montréal, port d’attache
Bien qu’il aime voyager pour s’inspirer et collectionner d’autres images, Montréal est pour lui une grande source d’inspiration et son port d’attache pour la création. Selon lui, la ville offre la possibilité d’évoluer de façon intéressante en tant qu’artiste. Le seul bémol : celle-ci est frileuse par rapport à son appui des artistes locaux. Aux yeux de Cantoro, on retrouve à Montréal une relève artistique dont il faut être fier!

JASONCANTORO.COM

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Texte: Marie des Neiges Magnan
Photos: Cindy Boyce

Chez Victoire

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On a tous un restaurant familier, un endroit où, dès qu’on y met les pieds on s’y sent comme chez un ami. Cet ami qui vous attendait pour une soirée depuis longtemps, qui est allé éplucher sa liste de vins, qui a fait des détours pour trouver le bon élixir qui s’harmonisera parfaitement à vos goûts. Votre ami s’est mis aux casseroles toute la journée pour vous servir un plat copieux, savoureux, mais tout en fraîcheur. Cet ami pour moi, c’est le restaurant Chez Victoire, sur l’avenue du Mont-Royal, à Montréal.

Chez Victoire, on vous propose un amalgame de modernité, de fraîcheur avec une touche de convivialité et bien sûr, une cuisine qui se démarque. Depuis plusieurs années déjà, ce restaurant de quartier reste bien campé malgré la concurrence.

Un menu saisonnier 
Le talentueux chef Alexandre Gosselin est au fourneaux de l’établissement depuis bientôt 6 ans. Avec toujours autant de fougue et cette envie de partage, Gosselin puise ses inspirations dans les nombreux voyages qu’il a faits. Ajoutant toujours une touche d’originalité, le chef conçoit un nouveau menu chaque saison pour satisfaire les plus grands épicuriens. Vu leur popularité, les classiques de la carte, eux, subsistent au menu qui, pour sa part, tâche de présenter toujours davantage de produits québécois.

Le frais au cœur de la table
La traditionnelle salade Tomate & mozzarella di Bufala est toujours au menu pour plaire autant aux habitués de la place qu’aux nouveaux venus. Mais nous avons opté pour trois nouveautés du rafraîchissant menu du chef. Ces trois plats se partageaient bien pour en faire un repas pour deux personnes.

L’assiette de porco tonato est tout simplement sublime avec son bacon en fond d’assiette et le thon albacore saisi déposé sur le dessus parsemé d’oignons verts et de yuzu kosho (petite gelée de piments et de zeste de citron asiatique). J’aime particulièrement les plats qui sont frais en bouche, ceux desquels s’échappent des saveurs uniques.

Le second plat, les carottes fanées, idéal comme entrée, est composé de carottes rôties, servies froides, accompagnées de pain brûlé, de crème sure et de fins morceaux de fromage maison. Cette assiette est vraiment surprenante, différente, mais ô combien délectable! Et pour finir, nous avons reçu l’impressionnante assiette de choux-fleurs rôtis et truffes. Je n’aurais jamais pensé savourer un chou-fleur, mais c’est chose faite. Souvent décliné en potage, il ne m’avait encore jamais charmé, mais ce n’est que chose du passé à présent! Servi rôti, ce chou-fleur est recouvert, sans être imbibé, d’une brouillade d’oeufs et de beurre noisette. Il est croquant sous la dent et on retrouve, sur la planche sur lequel il est servi, du bacon poêlé et de nombreuses noisettes, elles aussi grillées à la perfection. C’était nouveau et audacieux comme plat, une belle découverte!

Des vins choisis avec soin
Pour faire équipe avec le chef, Syndie Goineau se charge de la gestion de la salle et du personnel, mais surtout, étant sommelière de formation, elle a bâti une carte des vins sublime. Grande voyageuse elle aussi, elle parcourt les vignobles pour dénicher de petites merveilles. Des producteurs qui prennent soin de leur sol, de leurs vignes, mais surtout qui livrent un produit de qualité, qui se démarque par son unicité. Beaucoup de vins bio, certains en biodynamie et plusieurs classifiés comme vins nature se retrouvent dans l’impressionnante carte des vins de Chez Victoire. Il y a aussi beaucoup de changements et d’ajouts, la carte se renouvelle sans cesse au grand plaisir des fins connaisseurs et des amateurs. Charmante restauratrice, Syndie partage ses connaissances et tente de vous trouver la perle rare quand il est question de vin.

Chez Victoire mérite ses éloges; Alexandre Gosselin et Syndie Goineau travaillent fort pour mener ce navire. Avec un troisième partenaire d’affaires, ces deux restaurateurs se partagent la tâche afin de vous faire vivre une expérience mémorable, comme s’ils vous recevaient en ami.

Chez Victoire
1453, Avenue du Mont-Royal Est
Montréal, Québec
H2J 1Z1
chezvictoire.com

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Texte: Léa Londero
Photos : Cindy Boyce

La techno au service du resto

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Sushi Plus ressemble à beaucoup d’autres restaurants. Mais sous les regards des sumos et des samuraïs qui ornent ses murs, ses clients commandent eux-mêmes leurs plats… sur des tablettes électroniques.

La technologie s’est installée progressivement, mais sûrement dans le domaine de la restauration; le paiement mobile permet au client de payer directement avec son cellulaire, les serveurs troquent de plus en plus souvent carnet et crayon pour une tablette électronique, et il est maintenant même possible de réserver une table dans son lieu de gastronomie préféré ou encore, de commander un repas à livrer et de payer directement en ligne.

Les possibilités sont de plus en plus nombreuses et connues; une étude canadienne d’OpenTable (une compagnie dont l’application du même nom permet de réserver une place dans plusieurs restaurants prisés) sur l’importance de la technologie au restaurant révèle que la moitié des répondants de plusieurs villes canadiennes – dont Montréal – avaient déjà utilisé des écrans tactiles sur les tables pour commander. Qu’est-ce que la technologie vient donc vraiment changer dans les cuisines des chefs et dans leurs salles à manger?

Soirée sushis et Ipad 
Au Sushi Plus de Côte-des-Neiges, le fonctionnement du logiciel de commande en ligne de la tablette est expliqué à tous les nouveaux clients, qui peuvent également utiliser leur propre tablette ou leur cellulaire. On doit tout d’abord scanner un code-barre inscrit sur le mur à côté de la table avant de voir le menu du restaurant apparaître dans le système LevoTouch, un outil de commande numérique bilingue. Une fois son menu sélectionné (à volonté ou à la carte), l’amateur de sushis et de cuisine japonaise peut ensuite naviguer entre les types de plats (sushis, makis, nigiris, etc.) et choisir ceux qui lui font le plus envie, selon la quantité que son appétit lui dicte. Chaque article est accompagné d’une photo, parfois d’un prix. Les convives sont invités à signaler leurs allergies avant d’envoyer leur commande. « Les serveurs accueillent tous les clients et, pour ceux dont c’est leur première fois ici, des explications sur le fonctionnement de la tablette leur sont fournies », précise Le Ma, gérant du restaurant.

Selon lui, la trentaine de tablettes utilisées par le restaurant depuis juin 2015 facilitent grandement la gestion et le service du commerce. Les tablettes permettent notamment de limiter les oublis pendant les heures de pointe. « Avec les feuilles de papier, il y avait plus de chances d’oubli quand les commandes étaient transmises aux cuisines », souligne M. Ma. Désormais, elles sont acheminées directement de la tablette à la cuisine. De plus, les serveurs utilisent aussi une tablette pour gérer les places libres et occupées du restaurant.

Louis Giguère, vice-président et associé de Stereo- Food Box, une agence de marketing alimentaire, voit également la tablette comme « une solution relativement abordable aux soirées difficiles » et un support pour les restaurateurs et les cuisiniers : « Ça leur permet de gérer les stocks, faciliter la prise de leurs commandes auprès des producteurs – ça connecte directement au garde-manger. »

Si Le Ma convient que les tablettes sont plus chères que le papier, il estime qu’elles réduisent grandement les commandes de menus papier; « le client ne commande parfois qu’un seul article, et ça faisait beaucoup de papier pour rien », indique le gérant. Par ailleurs, M. Ma trouve plus facile de changer son menu et d’illustrer chaque mets avec la tablette. « Avant on pouvait se permettre de mettre que quelques images sur le menu; nous avons plus de 100 choix, on ne peut pas mettre autant de photos dans un menu papier », explique-t-il. Les photos aident également les non-initiés à connaître les particularités des sashimis, teppanyakis, donburis, etc. « Ça rajoute à la description d’un plat, ça donne plus envie de goûter. » Et la satisfaction du client l’emporte toujours; les clients de Sushi Plus peuvent demander un menu papier en tout temps.

Tables disponibles sur applications 
Selon l’étude canadienne d’OpenTable, la majorité des clients des restaurants montréalais souhaiteraient néanmoins pouvoir utiliser la technologie avant un repas pour réserver une table dans un restaurant très prisé, de pouvoir connaître à l’avance le temps d’attente pour une table et même ajouter leur nom à une liste d’attente avant leur arrivée. Attendre qu’une table se libère dans son restaurant préféré est un problème depuis longtemps. Les années 1990 ont vu naître les téléavertisseurs qui permettent aux clients de savoir quand leur table est prête. Les téléavertisseurs continuent d’être utilisés aujourd’hui dans certains établissements, comme au bar montréalais Fitzroy pour prévenir les gens de la disponibilité des tables de billard.

Des applications telles Bookenda et OpenTable permettent également de réserver une table en tout temps, et proposent même des restaurants prisés où il reste des places le jour même. Certains restaurants vont même plus loin et lancent leur propre application mobile; c’est le cas du restaurant L’Gros Luxe, dont l’application du même nom permet de savoir si une table est libre dans l’une ou l’autre de ses quatre succursales à Montréal ou dans le Vieux-Longueuil. Ce genre d’outil aide à éviter l’achalandage des restaurants populaires, et aux restaurants de déjouer les clients qui ne se présentent pas à leur réservation.

Un futur dînatoire 100% technologique?
La technologie pourrait-elle toutefois remplacer entièrement les serveurs des restaurants? Pas sûr. Certains restaurants nécessitent beaucoup moins de personnel : par exemple, chez Eatsa à San Francisco, les clients sélectionnent leur repas sur tablettes et le reçoivent dans un four, et à S’Baggers en Allemagne, la nourriture arrive à table au moyen de rails en spirale. Mais dans le cas d’autres restaurants où les serveurs sont toujours très présents, rien n’est moins sûr. Selon Le Ma, de Sushi Plus, les serveurs sont aussi nombreux qu’avant le virage tablette, et « puisque les convives commandent eux-mêmes leurs plats, ils sont maintenant plus présents pour les autres besoins : répondre aux questions, servir les repas, débarrasser les tables, etc. ».

Toutefois, l’expert en marketing alimentaire Louis Giguère maintient que les différents types de technologie ne s’appliquent pas partout. Si M. Giguère admet que les tablettes sont fort utiles pour les soirées occupées des restaurants, il estime que le jeu technologique doit en valoir la chandelle, pour les restaurateurs comme pour les clients. « Les restaurants qui n’ont pas de budget pour les grandes technologies, comme les tables interactives, n’investiront pas », dit-il. « Et je pense que les restos de type authentique et ceux de la culture hipster préféreront des tables communes, des tabourets, et d’autres éléments qui assureront une culture et une ambiance plus fluide que des gadgets », rajoute-t-il.

Pour Louis Giguère et pour Le Ma, la technologie a de l’avenir dans les restaurants. « C’est le futur; c’est plus facile pour les clients, pour les travailleurs aussi », déclare M. Ma. Louis Giguère demeure plus sceptique. « Il faut que la technologie puisse simplifier le service et augmenter l’expérience de la restauration, mais sans transformer le restaurant en arcade », insiste-t-il.

De plus, selon l’expert en marketing alimentaire, l’aspect de l’échange humain (l’accueil du serveur, sa présentation des offres spéciales, etc.) fait partie de l’expérience dînatoire au restaurant et doit être préservé. Le magazine québécois Hôtels, Restaurants & Institutions cite d’ailleurs le besoin de socialisation comme étant une des raisons pour lesquelles les gens vont parfois préférer manger au restaurant plutôt qu’à la maison. Alors, si l’on peut avoir toujours plus de technologie dans les restos, rien ne remplace l’accueil chaleureux d’une personne.

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Texte: Déborah Grausem
Illustration: Sébastien Thibault

Été des chefs 2017

On est super fiers d’annoncer que Dînette est le partenaire média officiel de la 8e édition de l’événement l’Été des chefs au BALNEA spa + réserve thermale. Dès le 2 juillet, tous les dimanches de l’été, des chefs viendront présenter leur plat spécialement inspiré de la réserve thermale et les recettes seront archivées ici-même sur le site de Dînette magazine.

Resto de quartier

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Si certaines adresses classiques de Montréal comblent nos envies de réconfort, des recoins cachés, méconnus ou balayés par les vagues de nouveaux restaurants qui ouvrent en série ont des petits remèdes à notre envie de renouveau. Comme si dénicher le parfait bon plan de quartier nous faisait voir Montréal sous une tout autre lumière, pour ce qu’elle est réellement, généreuse et authentique. Nous sommes donc partis à la recherche de quelques perles gourmandes nichées aux quatre coins de Montréal pour vous faire savourer nos trouvailles coups de coeur, comme si des citoyens aguerris vous murmuraient dans l’oreille leurs secrets les mieux gardés. Notre sélection d’adresses, bien que non exhaustive et parfaitement subjective, est une collection de petits charmes de quartiers qui en capturent l’essence même. Bonnes découvertes!

1. LE BOL DE TARTARE DU KAZU
862 Rue Sainte-Catherine Ouest, Centre-Ville

Kazumontreal.com
Kazu, c’est un peu ce secret de polichinelle que tout le monde aime ragoter quand vient le temps d’élire le meilleur izakaya de Montréal. Bien plus petit que les pubs japonais typiques à l’ambiance délurée, Kazu est une véritable ruche où s’active une équipe enthousiaste pour sustenter ses clients fidèles. La file s’étire presque toujours hors du microcomptoir, mais le service d’une rapidité inouïe vous place rapidement devant un plat de morue noire au miso, de dumplings grillés croustillants, ou ce fameux « tartare bowl » de thon et saumon à la fois frais, crémeux et croquant.

2. LE MENU TARDIF DU CHIEN FUMANT
4710 Rue de Lanaudière, Plateau
Lechienfumant.com
Repère nocturne de la faune de restauration une fois leur service terminé, Le Chien Fumant est une valeur sûre où savourer des plats gorgés de riches saveurs par soir d’appétit tardif. Accoudé au long bar qui longe la cuisine ouverte, le nom du restaurant prend tout son sens. On attend sa gamelle remplie d’ingrédients frais et locaux dans un cadre chaleureux et convivial pouvant asseoir 35 âmes affamées. Ne manquez pas les calamars Chinatown en entrée!

3. LE BAR DU BARROCO
312, Rue Saint-Paul Ouest, Vieux-Montréal
Barroco.ca
Sous ses airs de restaurant feutré et romantique au cachet historique, rue St-Paul, le Barroco cache une douce folie qui se révèle une fois assis au bar, cocktail à la main. Son impressionnante sculpture de bouteille de spiritueux aux mille coloris incandescents est le terrain de jeu des maîtres du shaker qui concoctent avec inspiration le parfait accord « foodtail » – une boisson en symbiose avec la carte de fusion méditerranéenne.

4. LE CACHET CLASSIQUE DU DÉTOUR BISTRO
2480, Rue Beaubien Est, Rosemont
Detourbistro.ca
Le Détour est un bistro typiquement français comme il ne s’en trouve que rarement, sans prétention aucune. Un mardi soir comme un vendredi après-midi, les habitués du quartier s’y retrouvent en solo ou avec des amis pour profiter d’un plateau d’huîtres et partager une sélection de charcuteries. On s’y rend surtout pour se gâter d’une spécialité de comfort food incomparable : le foie gras poêlé servi avec pain aux épices et vin chaud. Notre petit plaisir coupable? Un duo de tartares ou une bavette à l’échalote et vin rouge, le tout accompagné d’un bon verre de vin et suivi d’un film au Cinéma Beaubien – et le tour est joué! On se sent transporté à Paris le temps d’une soirée.

5. LES ENCAS DU CAFÉ BLOOM
1940, Rue Centre, Pointe-Saint-Charles
Lecafebloom.com

Alors que Pointe-Saint-Charles commence à peine à éclore, le Café Bloom, tout doucement, s’occupe d’apporter un peu de vie à ce quartier en se faisant destination gourmande. La semaine comme le weekend, l’endroit déborde de travailleurs autonomes et de jeunes familles. Ici, on fait le détour pour un encas matinal : la cuisine prépare des bols santé changeant chaque semaine et des gaufres belges qui sauront satisfaire les plus grands amoureux du brunch.

6. LES SUSHIS DU JUN I
156, Avenue Laurier Ouest, Outremont
Juni.ca

Le chef Juni San a pignon sur rue à Outremont depuis maintenant 10 ans, et y offre sans doute les meilleurs sushis en ville; pourtant, le Jun I demeure un secret bien gardé. Il faut dire qu’y manger n’est pas donné, mais des plats comme le maki de crabe à carapace molle aux épices cajuns avec caramel de soya nous font vite oublier l’addition. Bref, un resto tout à l’image de son quartier : chic, précieux, irrésistible.

7. LE FAUX PULLED PORK DU DÉPANNEUR LE PICK-UP
7032, Rue Waverly, Mile-Ex
Depanneurlepickup.com
Caché à quelques pas de plusieurs incontournables du quartier (Dinette Triple Crown, Alexandraplatz, Manitoba), le Pick-Up représente à merveille l’hybride qu’est le quartier Mile-Ex. Chaque été sans faute, on enfourche un Bixi pour aller y engloutir le meilleur sandwich de « pulled pork » végé en ville accompagné d’une limonade importée, le tout dévoré au soleil dans une charmante petite cour remplie de tables à pique-nique dépareillées. Le petit plus charmant : on commande… dans un dépanneur! On aura rarement vu une tradition plus montréalaise.

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Texte: Catherine Martel
Illustration: LeBicar

Visite du fumoir Grizzly

À St Augustin de Desmaures, non loin de Québec, se trouve une petite usine au savoir-faire ancestral et à la chaleur humaine incomparable. On y prépare depuis plus de 25 ans un saumon fumé unique en son genre, imaginé par un passionné de nature et apprêté selon un procédé artisanal. Et il faut le dire, les produits de chez Grizzly goûtent le ciel. Issus de la pêche durable, fumés à froid et préparés avec amour, on y retrouve toute la finesse et le caractère de nos meilleurs produits québécois.

La recette du bonheur

Ici tout est frais, responsable et local autant que possible. Des produits cachères, sans gluten ni allergènes, préparés avec amour par une équipe de passionnés. Pêché selon les principes de durabilité dans les mers d’Alaska, de Colombie britannique ou du Chili, le poisson est tout d’abord apprêté à même le bateau. Il est ensuite immédiatement congelé pour être envoyé à l’usine de Grizzly. Il y sera saumuré dans un mélange de sel et d’épices boréales puis badigeonné d’un sirop d’érable tout droit arrivé de Saint-Ubalde. Ultime étape et non des moindres, il sera fumé à froid, avec du bois d’érable, pendant 24 h à 36 h selon les espèces. Sokeye, Coho, truite : les couleurs vives des poissons et les parfums sucrés qui émanent des fumoirs nous offrent un voyage sensoriel qui nous transporte des mers de l’Atlantique aux érablières de notre terroir.

Mathieu Gravel, chef corporatif, est en charge de la création de toutes les nouveautés. C’est lui qui imagine l’accompagnement idéal, le parfait équilibre d’épices ou le bon dosage de sirop. “Certains le font avec un mélange de cassonade et d’eau pour limiter les coûts mais ici on ne fait aucun compromis. Ni sur le goût, ni sur la qualité!”. Difficile de le contredire. C’est lui également qui conçoit les recettes des produits qui se retrouveront sur la table du consommateur. Son plus récent bébé? le tartare. À la demande de plusieurs chefs de Québec, son équipe et lui ont inventé une machine de découpe qui puisse répondre parfaitement aux exigences de ses clients. C’est ainsi que les cubes de tartare Grizzli se retrouvent dans les cuisines des plus grands restaurants de Québec mais également dans les frigos des épiceries. Le tout en conservant le goût, la texture et les parfums d’un poisson qu’on croirait pêché le matin-même.

Une histoire d’amour et de goût

C’est un grand coup de coeur qui a décidé Laura Boivin à changer radicalement de carrière en devenant PDG d’un des plus grands fumoirs au Canada. En participant à un test de goût à l’aveugle, cette avocate en droit corporatif est tombée en amour avec les produits de Grizzly et a décidé de se reconvertir dans la production de saumon fumé. Depuis sept ans maintenant elle mène le bateau et poursuit avec dévouement et enthousiasme la mission que s’était fixée son prédécesseur en 1991 : offrir des poissons de qualité supérieure selon une méthode traditionnelle authentique. Elle y a depuis insufflé des valeurs humanistes précieuses “parce que si on est heureux au travail, tout le reste suivra” nous confie-t-elle.

C’est comme cela qu’elle a décidé d’instaurer des pratiques de développement durable à tous les niveaux de la chaîne de production. Depuis les plus hautes certifications de ses fournisseurs, jusqu’aux préoccupations environnementales de l’entreprise, en passant par les conditions de travail enviables de ses employés, tout y est.  Et tout ceci n’est sans doute pas étranger à l’ambiance bon enfant qui règne dans l’usine. “On a du fun ici et les produits sont tellement bons!” clame Gaëtan, au service de Grizzly depuis 18 ans. Et ils sont 70 de 9 nationalités différentes à mettre autant de coeur à l’ouvrage. Alexjandra, arrivée de Colombie il y a un an, le confirme avec un immense sourire :  “on nous offre même de la formation et des cours de français ici”. Et d’ajouter avec un clin d’oeil à ses collègues “et moi je leur apprends l’espagnol”.

Le secret des poissons Grizzly? Assurément une bonne dose de savoir-faire, une pincée de tradition, une once de créativité et beaucoup, beaucoup d’amour. Toujours innovante et s’impliquant activement en recherche et développement, l’entreprise entrevoit de nombreux projets pour le futur. Gageons que son équipe sera toujours guidée par sa passion et qu’ensemble, ils sauvegarderont les méthodes artisanales qui font de ses produits un fleuron de notre cuisine québécoise.

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Texte : Amandine Gauthier
Photos : Mériol Lehmann

Sodas

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1642
Brassé à Montréal
Préparé à base d’ingrédients québécois
Avec une touche d’érable des Laurentides

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KOLA
Henri Sodas
Cola brassé en petits lots à Montréal
Notes de noix de kola, d’agrumes, d’épices et de caramel

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BEC COLA
Brassé à Montréal
Préparé à base d’ingrédients biologiques
Au sirop d’érable

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SHINOLA
Brassé à Detroit
Par la compagnie d’accessoires Made in America
Fabricant haut de gamme de montres, vélos et produits de cuir

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Photo et texte: Jeremy Hall

Lettre à Montréal

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Pour être complètement franche avec toi Montréal, j’ai songé deux fois à te quitter. La première fois où j’ai voulu partir, je n’avais pas l’intention d’aller bien loin… J’avais juste envie de délaisser mon appartement « pas de laveuse-sécheuse » pour louer un condo sur ta Rive-Sud. T’sé, avec des garde-robes…Le rêve. La deuxième fois, j’étais tombée amoureuse d’une autre. Une autre sans hiver, parce que tes grands froids humides et tout le gris dont tu nous enveloppes la moitié de l’année avaient réussi à éteindre le feu qui m’habitait quand je t’ai choisie y’a 8 ans. Une autre à 4 500 km d’ici. On y parle anglais, les avocats y sont toujours mûrs et on s’y nourrit de smoothies et de lumière…Te dire à quel point ça me plaisait. Mais apparemment, je suis encore là. J’ai les pieds gelés, mais je suis encore là. T’as le droit de rire.

Je n’étais qu’une ado quand on s’est rencontrées. Après 17 ans à vivre tranquillement sur le bord du fleuve, c’était de toi que j’avais envie, parce que la rumeur voulait que c’était chez toi que « ça se passait », que c’était chez toi que « tout était possible ». Ça fait que, ciao maman, bye papa, je m’en vais réaliser mes grands rêves dans un 4 et demi sur le Plateau.

Je me souviens marcher sur Saint-Denis, seule « comme une grande », en me sentant tellement petite en dedans. Je me souviens m’être dessinée un quadrilatère de sécurité, de Maisonneuve à Mont-Royal, de Saint-Denis à Papineau. Mon école, mon épicerie, mon parc, mon bar, et ne pense pas me sortir de là.

J’ai vécu des années dans cette parcelle de toi avant de réellement faire ta rencontre, avant de réellement saisir qui tu étais.

Y’a fallu qu’on me prenne par la main et qu’on me guide. Y’a fallu que ceux qui t’ont choisie avant moi me traînent sur ta ligne bleue, me fassent courir dans les côtes de Westmount, me fassent jouer dans ta montagne et refusent de s’asseoir deux fois à la même table pour que je comprenne de quoi ton coeur était fait. On a mis du temps à s’apprivoiser, toi et moi.

Aujourd’hui, comme c’est souvent le cas en amour, c’est chaque fois que je prends mes distances que je me rappelle tout ce que je ressens pour toi.

T’es pas toujours facile à vivre, admets-le. Il serait temps que tu te décides — la rue Fabre, veux-tu qu’on la monte ou qu’on la descende? Il serait aussi temps que t’arrêtes de procrastiner et que tu les termines tes grands travaux. J’ai pas de doute que ce sera beau, une fois fini. Et il faut vraiment qu’on se parle de tes sautes d’humeur, côté météo. Soit tu nous crées un peu d’espace de rangement pour nos 30 manteaux et nos 12 paires de bottes, soit tu te régularises un brin. C’est beau par contre, tes quatre saisons.

J’te fais plein de reproches quand on est ensemble, mais si tu m’entendais parler de toi quand je te quitte pour visiter l’Europe, ou nos voisins d’en bas…

Je ne me gêne pas pour leur dire que c’est chez toi qu’on mange le mieux. Parce que tes chefs ont du coeur au ventre, et le souci du travail bien fait, avec autant de minutie que de simplicité. Ils savent recevoir aussi. « On peut y manger un repas dont on se souviendra toute notre vie à chaque coin de rue » que je leur dis, aux Californiens, aux Britanniques.

Je ne me gêne pas non plus pour leur dire que ceux qui te donnent vie sont des visionnaires, des audacieux, allumés d’un feu à toute épreuve. Je me vante que bien souvent, ton art éclabousse à l’international. Je parle de ta créativité et de ta musique avec autant d’ardeur que ceux qui te font bouillonner de passion.

Et je leur avoue que t’as fait de moi et de tous ceux avec qui je te partage, des braves. Des braves qui dansent dehors à – 26 °C et qui se risquent sur tes ponts et tes trottoirs-patinoires, mais des braves qui acceptent le défi de redonner vie à des secteurs éteints et qui croient fort en leurs idées aussi.

Merci de m’avoir appris le sens du partage et de la communauté, à travers ton voisinage et tous ceux qui ont su faire passer leur petite business de « commerce » à « institution ». Merci pour les grands voyages, à travers tes quartiers et ta diversité. Merci de m’avoir adoptée, et d’avoir tenu parole. C’est vrai que c’est chez toi que ça se passe, et qu’avec toi tout est possible. Je reste, promis.

Marie-Philippe

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Texte: Marie-Philippe Jean
Illustration: Annick Gaudreault

Dînette 009 – Salé

Salé
Dînette vous transporte au bord de la mer, dans un univers salin bercé par le soleil. Le vent qui vient jusqu’à nous depuis le large accroche dans l’air une légère brume parfumée aux algues. C’est ce même air salin qui aromatise, à sa façon, les produits cultivés et préparés aux abords de la mer. On goûte aux différents trésors nés dans cet univers ou l’air humide et le sel ne font qu’un. On célèbre, dans toute sa splendeur, ce condiment vieux comme le monde.

Le numéro 009 « Salé » présente :

– Un vol au-dessus des marais salants de Camargue
– Un dossier cuisine sur le feu avec Les Fromages d’ici
– L’exploration gastronomique des îles Faroé
– Une virée sur les côtes de la Californie
– Un texte coup de poing de Béatrice Martin
– Une plongée avec le cueilleur d’algues Antoine Nicolas
– Un article sur le miso
– La récolte de plantes naturellement salées
– Une lettre d’amour de Catherine Éthier

Détails : 164 pages, impression offset, couverture « soft touch » velouté. Imprimé au Québec
Date de publication : 15 juin 2017
Livraison entre 7 et 10 jours ouvrables

Faire la pause avec les maillots Mimi Hammer

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Avec l’envie de prendre une pause qui nous tenaillait, Dînette s’est rendu dans un vrai petit coin de paradis dans les Cantons-de-l’Est pour relaxer, se rafraîchir et essayer les maillots de bain Mimi Hammer dont on avait tellement entendu parler; les petits nouveaux made in Québec qui ont fait grande figure à l’international au cours de la dernière année. Des maillots simples et féminins, aux lignes flatteuses, avec des motifs mignons et toujours le détail parfait pour ressortir du lot. Des maillots faits à la main dans lesquels on se sent tout de suite coquette et confiante.

Après une courte randonnée pédestre dans la luxuriante végétation du Paradis Sauvage Geronimo situé à Saint-Étienne-de-Bolton, on s’est arrêtés au pied d’une chute en cascades pour enfin vêtir nos maillots en toute tranquillité et explorer les différents racoins du paysage. Le calme, la paix, juste le son des oiseaux et des chutes qui caressaient nos oreilles. L’eau était claire et formait des petits bassins ici et là sur les différents paliers rocheux dans lesquels on pouvait se tremper le bout des orteils. Je ne sais pas si c’est à cause des chutes ou des maillots, mais on était bien. Vive les road trips.

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MIMIHAMMER.COM

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Texte: Hélène Mallette
Photos: Mathieu Lachapelle

Sur le bord

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La route qui se déroule à l’infini, traversant l’immensité des différents paysages qu’on rencontre, truffée de petites pierres brillantes qui donnent à l’asphalte des allures d’épais foulard de velours noir serti de diamants. La musique, les cheveux qui virevoltent dans les airs, la main téméraire sortie de la fenêtre courant sur le vent, surfant des vagues imaginaires, le soleil qui s’installe doucement sur les jambes, les bras. Les road trips ont quelque chose de bien spécial. Comme si la liberté devenait soudainement accessible, comme si le temps s’arrêtait et que le moment présent devenait la seule chose qui existe. On s’écarte de tout ce qui peut nous ramener à la réalité, tenant bon à ce petit fil de bonheur simple et si fragile.

C’est connu, quand on vit des moments précieux, nos sens deviennent sensibles à tous les stimuli qui s’y heurtent. La musique révèle des mélodies qu’on n’avait jamais remarquées avant, l’air sent différent, tout ce qu’on regarde est soudainement plus beau et la bouffe est tellement plus savoureuse. On dénote les goûts les plus subtils, on prend le temps d’apprécier, de goûter, même si c’est un combo burger et frites. Maintenant, imaginez de cuisiner dans cette ambiance, en ne laissant jamais la réalité vous rattraper. Même pas celle de commander à l’auto. Comme si vous étiez caché pour un petit moment dans un monde parallèle. On vous propose 4 recettes qui vous permettront de cuisiner sur le bord. Sur le bord de quoi? De ce que vous voulez. Sur le bord de la route près d’un champ verdoyant, sur le bord d’un lac après une baignade spontanée dans un spot secret que vous venez tout juste de découvrir, sur le bord d’une table de pique-nique dans une halte routière, sur le bord d’un sentier en montagne sous le regard de la faune qui s’inviterait bien à votre table, sur le bord d’une chaloupe à la brunante. Bref, sur le bord. Armé de votre petit poêle au propane
et de quelques ingrédients que vous aurez préparés avant de partir, le monde s’offre à vous pour une bouffe digne de l’aventure qui se déguste pas mal n’importe où.

Truite à l’unilatérale, Zaatar, fleur d’ail, pistache, grenade

 


Moules au bacon, dijon et céleri

 


Pétoncle poêlé, ambre du Québec, chou de savoie et pomme et Contre-filet, oignons brûlés, champignons, romarin

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Texte: Hélène Mallette
Photos: Mathieu Lachapelle

La route des bières

Parcours bière et bouffe dans les Cantons-de-l’Est

Elle est charmante, cette route des Cantons-de-l’Est qui nous imprègne de sa nature pittoresque, mais surtout, nous surprend par ses haltes gourmandes. Direction Sutton, on croise la route des vins, et depuis peu, la route des bières, qui ramifie en son parcours quelques adresses incontournables pour savourer le riche terroir bière qui se développe ici. C’est avec quelques collaborateurs Dînette que nous avons expérimenté pistes, plats, et Pilsner dans cette région pleine de saveurs.

Dunham, siège de l’innovation brassicole québécoise
D’abord, c’est à Dunham que l’on s’arrête pour tâter le pouls d’une riche créativité qui se mijote en fût. Dans un bâtiment patrimonial du 19e siècle, autrefois relais de diligence, on nous accueille dans l’un des endroits les plus prisés par les passionnés de la bières où se croisent tradition et innovation. Puisqu’à la Brasserie Dunham, sacrée meilleure brasserie au Canada en 2016, on s’inspire d’un savoir-faire brassicole européenne qui a fait ses preuves, et qu’on insuffle de renouveau en osant expérimenter et mélanger les genres. Ici, on brasse des produits éclatés, des assemblages rares, des saisons ahurissantes, et des bières vieillies en barrique exotique, qui prennent le goût des alcools qui y ont fermenté par le passé.

Une tablée saisonnière délicieusement locale
Mais ce n’est pas uniquement notre soif que l’on étanche à la Brasserie Dunham, puisqu’une nouvelle table fermière s’y est installée, adjacente à la microbrasserie. On y sert une cuisine gorgée de produits locaux et bio, apprêtés par le chef Luc Pinard. Avec toute l’attention touristique que générait la brasserie, il fallait offrir aux convives de quoi combler la panse. Ce gastro-pub convivial rassemble donc dans l’assiette le meilleur de la région, provenant des fermes avoisinantes, et changeant selon les saisons. Une occasion délicieuse de jouer la carte de l’accord met-bière!

Tournée bière en quatre actes
Une fois nos appétits comblés, l’équipe de la Route des Bières, circuit brassicole qui propose quatre arrêts dans quatre villes des Cantons, nous accompagne ensuite à la microbrasserie À l’Abordage située à Sutton, puis aux Brasseurs de West Shefford à Bromont. L’excursion d’un jour comprend aussi un tour de la brasserie Farnham Ale & Lager, et offre un départ de Monréal, idéal pour sortir de la ville et explorer cette région d’un nouvel œil.

Dormir au creux des arbres
Côté gîte, le Domaine Kabin Sutton nous ont fait office de cocon moderne pour reprendre nos esprits après cette gourmande expérience bière. De petites cabines minimales campées au pied du mont Sutton, qui offrent une pause en retrait du monde. Ces microrefuges de prestiges sont conçus pour occupation double, idéale pour s’en faire un nid d’amour au creux des arbres le temps d’un weekend, été comme hiver.

Ce ne sont pas les attraits qui manquent aux Cantons-de-l’Est, nourris par une communauté entrepreneuriale inspirante qui a vu en son terroir une source de fierté et de grande qualité qui mérite le détour.

Merci à l’équipe de la Route des Bières, à la table fermière de la Brasserie Dunham et au Domaine Kabin Sutton pour l’accueil généreux.

• La Route des Bières offre son parcours en partance de Montréal : laroutedesbieres.ca
• Réservez votre soirée dégustation locale à la table fermière de la Brasserie Dunham : brasseriedunham.com/table-fermiere/
• Offrez-vous un séjour serein au Domaine Kabin Sutton : www.kabinsutton.com

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Texte : Catherine Martel
Photos : Cindy Boyce

Guillaume de l’Isle

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Texte: Marie des Neiges Magnan
Photos: Valeria Bismar

À Montréal, nous sommes très chanceux en ce qui concerne la gastronomie. On retrouve d’excellents chefs et des restaurants fabuleux qui nous attirent même les regards d’ailleurs. Cet intérêt pour la bonne bouffe se voit aussi dans nos foyers. Depuis les dernières années les émissions de cuisine, les blogues, les magazines et les livres de recettes se multiplient. Les gens cultivent de plus en plus le désir de cuisiner, de recevoir à la maison et d’exceller en la matière. Cette quête de perfectionnement passe nécessairement par une attention particulière aux outils de travail. L’intérêt pour les couteaux de qualité s’est donc vu grandir à Montréal, que ce soit de la part des cuisiniers du dimanche, des foodies ou des chefs.

Guillaume L’émouleur 
En matière de couteaux, Guillaume de L’Isle est devenu la référence à Montréal. Il est arrivé à point nommé dans un marché grandissant où il s’est taillé une place de choix. Sa boutique de couteaux, L’Émouleur, a maintenant pignon sur rue depuis 6 ans. Pourtant, on pourrait dire que c’est le hasard qui l’a mené là. Cherchant un gagne-pain d’étudiant, Guillaume s’est mis à vendre des couteaux. Ses études en microbiologie terminées, il ne se voyait pas passer sa vie dans un laboratoire. Il avait envie de trouver un emploi qui le passionnerait et la fibre entrepreneuriale avait toujours été présente en lui.

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Comme son emploi d’étudiant lui avait permis de prendre connaissance du marché du couteau haut de gamme, l’idée lui est venue d’avoir sa propre entreprise dans le domaine.

La réputation de la qualité des couteaux japonais bourdonnait de plus en plus à ses oreilles et en entrant en contact avec les chefs des restaurants, la demande se concrétisait davantage. Voulant offrir les meilleurs couteaux à ses clients, l’importation du Japon est devenue la solution, et c’est ainsi que son entreprise est née. Selon lui, il n’existe pas de couteaux de meilleure qualité que ceux-ci, forgés et aiguisés à la main. Pour débuter dans le domaine, Guillaume a décidé de se fier à l’opinion des chefs. Il leur a fait essayer plusieurs couteaux et a pris bonne note de leurs commentaires. Selon lui, ce qui est bon pour un professionnel l’est tout autant pour un amateur. L’Émouleur s’en tient à l’essentiel, la qualité la plus importante d’un couteau demeure le fait qu’il soit tranchant, c’est aussi simple que ça. De fil en aiguille, son expertise s’est affûtée à force de poser des questions tant aux chefs qu’aux fabricants. Le couteau semble être dorénavant un objet dont il connaît tous les secrets.

Quelques années plus tard, il a maintenant une quinzaine de fournisseurs avec qui il a fait connaissance lors de ses multiples voyages au Japon. Il a d’ailleurs été frappé par leur courtoisie ainsi que par l’acharnement et la précision qu’ils mettent au travail.

Les couteaux, des pièce de collection 
Les couteaux, il les voit comme des oeuvres d’art. Les artisans mettent plusieurs mois, voire plusieurs années à les fabriquer. C’est pourquoi ce n’est pas qu’une boutique qu’il tient, mais une collection précieuse de couteaux. L’Émouleur semble leur accorder toute l’importance qu’ils méritent. Dans son petit local de la rue Laurier, les couteaux sont accrochés au mur dans un présentoir qui leur donne toute leur prestance.

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Chaque couteau est unique. Ils sont faits à la main spécifiquement pour L’Émouleur avec des matériaux de grande qualité. Les manches sont faits, entre autres, de corne de buffle, d’ivoire de mammouth, d’ébène et de turquoise. Il lui arrive même de codesigner certaines pièces. Pour ce qui est de la fabrication, c’est très long. Le processus s’amorce avec un lingot d’acier qui doit être étendu, martelé, aplati et forgé à la main. La finition et l’aiguisage sont très importants et c’est ce qui fait la qualité tranchante. Finalement, le look du couteau demeure purement esthétique : un fini d’acier plié, martelé ou rustique. Il s’empresse de dire que c’est la lame centrale le plus important et qu’il en fait certainement part à ses clients. Le tranchant résulte de la finesse de cette lame. Le design reste secondaire, l’important pour lui est que son client soit satisfait de son utilisation. Il n’y a pas à dire, autant ses couteaux sont des oeuvres d’art et des pièces de collection, il n’en demeure pas moins que Guillaume ne priorisera rien d’autre que l’efficacité et la qualité du couteau. Comme à ses clients, il a pris le temps de nous montrer la différence entre un bon et un excellent couteau. Le son à peine perceptible à la coupe, la finesse des tranches, la minceur de la lame et finalement, la qualité de la coupe. Il nous fallait pas plus d’un morceau de carotte pour nous convaincre!

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Un travail de coeur
Ce désir d’offrir le meilleur, on le sent dans toute son entreprise. Il préfère, dit-il, bâtir une petite entreprise d’exception plutôt que l’inverse. Sa compagnie grandit constamment, mais elle est limitée par le temps que prend la confection d’un couteau, et c’est de cette façon que Guillaume aime sa business. Il préfère tout faire lui-même afin de contrôler la qualité : de l’accueil des clients jusqu’à l’entretien et l’aiguisage des couteaux, en passant par le choix des pièces. Pour lui, il est important de prendre le temps de recevoir ses clients, de leur montrer et de leur faire essayer les couteaux. Après tout, cet outil de travail peut durer toute une vie. Il faut aiguiser ceux-ci à peu près une fois par année, un service qu’il offre à ses clients pour s’assurer que ce soit bien fait.

On a vite compris comment Guillaume est devenu la référence en matière de couteau haut de gamme à Montréal. D’une part, il est le seul à importer et tenir des couteaux de si grande qualité et d’autre part, il prône l’excellence et la rigueur, deux valeurs qui le définissent aussi très bien en tant qu’individu.

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L’ÉMOULEUR
1081, avenue Laurier Ouest
Montréal, Québec
H2V 2L2
514. 813. 3135
guillaume.delisle@gmail.com

Les bloody Caesar du L’Gros Luxe

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Les mardis soir, à Montréal, des fois c’est traître. On sort juste pour un verre, et bim, on en boit douze et on se  réveille avec la sensation de porter une tuque en acier à l’intérieur du crâne. La légende dit que les Bloody Caesar sont la Rolls-Royce des remèdes contre ce genre de désagrément induit par l’abus stupide d’alcool. Ça tombe bien, un de ces difficiles mercredis matin, j’ai rendez-vous avec Fred Lafontaine, mixologue au restaurant L’Gros Luxe du Plateau à Montréal, pour en déguster trois!

En 1969, pressé de créer un nouveau cocktail pour l’ouverture d’un restaurant italien au sein de l’hôtel de Calgary où il travaille, Walter Chell se rappelle de la recette de spaghetti alle vongole et écrase des palourdes, mêle ça à du jus de tomate, de la sauce Worcestershire, des épices maison et de la vodka. Pour aller avec la thématique italienne, il le baptise le Caesar. Le drink couvre tout l’éventail des goûts et pour Fred, l’essentiel sera d’assurer leur équilibre. Tout au long de ce très cool début d’après-midi, il ne cessera aussi de répéter qu’un bon Bloody n’est pas forcément un cocktail qui suit la recette originale à la virgule près, mais plutôt une boisson
l’fun autant dans sa dégustation que dans sa création. La qualité des cocktails faits par Fred vient de sa maîtrise des goûts et de sa connaissance des produits, compétences qui lui ont permis notamment de participer avec succès à plusieurs concours de mixologie.

Tous les secrets dévoilés
Alors qu’est-ce qu’il nous faut pour un Bloody Caesar? D’abord on veut de l’alcool, on ne va pas se mentir. Presque tous les alcools peuvent se frayer un chemin dans un Caesar, la clé sera d’équilibrer leurs caractéristiques par les autres ingrédients. Ensuite, il faut un mélange de jus de tomate et le jus de palourde. Conseil du mixologue : n’allez pas forcément vers la marque la plus célèbre, ouvrez-vous aux options à base de produits naturels, aussi éthiquement correctes que délicieuses. On va y ajouter un bitter (amer) pour l’amertume, de la fameuse sauce Worcestershire dont la prononciation rend fou depuis des générations et une sauce forte.

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Au bar, Fred a un panier rempli de différents flacons tous plus intrigants les uns que les autres : bitters obscurs, sauces piquantes de l’enfer, mélanges mystérieux… Il complète son cocktail au compte-gouttes : tout est une question d’équilibre des goûts! Il faut aussi un rim (rebord) d’épices sur le verre. Le classique, c’est du sel de céleri. Mais ici encore, on peut y aller loose sur la créativité : toutes les épices de ce monde peuvent trouver leur place sur les rebords d’un verre à Caesar. Il est important que les épices soient des deux bords pour vraiment être senties lors de la dégustation. Fred utilise parfois du jus de fèves épicées pour faire son rim, mais on peut aussi y aller avec du citron ou avec de la saumure d’olive.

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Et il faut de la glace, beaucoup de glace. Si on en met trop peu, elle va se diluer vite dans le drink. Et non, mettre davantage de glace ne veut pas dire mettre moins d’alcool. Et tant qu’on y est, si vous voulez un cocktail double, on met la même quantité d’épices, de bitter et de sauces, c’est le jus qui compense l’ajout d’alcool. « Truc d’industrie » nous dit Fred, alors on l’écoute. On peut décorer avec une branche de céleri, mais aussi avec du concombre, des fèves marinées, des olives, OK, on a compris, on fait ce qu’on veut.

Il n’y a, au fond, que deux gros types d’erreurs pour les Caesar : pas de sirop, sinon ça devient trop sucré et un manque de retenue dans la nourriture qui peut y être ajoutée. Et là-dessus, après une bonne discussion appuyée de photos trouvées sur le Net, on est arrivés à la  conclusion qu’un poulet grillé entier au-dessus d’un litre de Bloody, c’était la coche de trop. Rajouter de la bouffe sur son Caesar, c’est assez courant. D’autant plus au L’Gros Luxe qui a fait du Caesar son cocktail signature.

L’Gros Luxe s’est taillé une place de choix dans le paysage de la bouffe au Québec. L’idée de base est simple : le beau, le bon, le pas cher. Le succès tient aussi à une volonté forte d’offrir aux chefs et aux mixologues de chaque enseigne un espace de liberté qui se retrouve dans les menus. Ce mercredi, ça s’active en cuisine pour nous servir, en équilibre dans les drinks, un assortiment de fritures et burgers, puis une huître délicieusement gratinée et enfin un pulled pork sur une tranche d’ananas. On se régale tant dans les boissons que dans les garnitures. Fred avait annoncé, au début de la dégustation qu’il y avait un risque de finir croche. C’est tout le contraire qui est arrivé finalement, la dégustation des Caesar et la bouffe m’ayant complètement remis d’aplomb pour la suite de la semaine!

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L’GROS CAESAR:
4-5 traits de sauce Worcestershire
4 traits de bitter au céleri
(ou bitter Angostura qu’on retrouve à l’épicerie)
2 oz de vodka
10 oz de Clamato
Rim d’épices à steak, épices cajuns et sel de céleri

Garnitures:
Quartier de citron, quartier de lime, fève marinée épicée, miniburger, mini grilled-cheese, rondelle d’oignon, cornichon frit, ailes de poulet

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LE MÉDITÉRRANÉEN:
3 tranches de concombre pilées
4-5 traits de sauce Worcestershire
4-5 traits de bitter Celery Shrub
(ou bitter Angostura qu’on retrouve à l’épicerie)
2-3 traits de sauce piquante Jalapeno fumé L’Gros Luxe
(ou autre au choix)
1 oz de gin
1 oz de Pimm’s
10 oz de mélange à Caesar Walter, non épicé
Rim de fines herbes, fenouil et sel de céleri

Garnitures:
Quartier de citron, quartier de lime, olive farcie au fromage bleu, tranche de concombre, huître gratinée

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LE CUBAIN:
4-5 traits de sauce Worcestershire
2 traits de bitter marocain
(ou bitter Angostura qu’on retrouve à l’épicerie)
2-3 traits de sauce piquante Habanero et Pêche du
resto Le Chien Fumant (ou autre au choix)
1 ¼ oz de rhum cubain âgé
¾ oz de Cynar
10 oz de mélange à Caesar Walter, non épicé
Rim de poudre de chili, épices jerk et sel de céleri

Garnitures:
Quartier de citron, quartier de lime, tranche d’ananas grillé, pulled pork, tranche de cornichon

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Texte: Sylvain Martet
Photos: Jean-Michael Seminaro

Montréal

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Armée de son iPhone 5s, Naomi Fontaine consacre son temps libre à explorer les rues et ruelles de Montréal pour en capturer l’essence, peu importe les saisons. Avec son compte Instagram @fleurde.lys consacré à l’étude de notre milieu urbain, elle nous fait découvrir Montréal, son monde, sous toutes ses coutures, mais toujours en présentant la ville comme un lieu presque féérique où se mêlent beauté, composition et jeu de lumière.

Il est parfois difficile de trouver le beau dans un amas de béton gris, qui dort là depuis des décennies à s’effriter au gré des tumultes météorologiques. Une chose est certaine, Naomi a ce talent de toujours trouver le bon angle, le bon plan pour en dégager quelque chose qu’on ne voyait pas auparavant. C’est comme si on regardait la ville fleurir, comme si on la sortait de son mutisme, comme si on la libérait. Elle nous parle la ville. Elle raconte des histoires. Il faut seulement savoir écouter.

Toujours debout
La mythique enseigne de Farine Five Roses, partie intégrante du paysage montréalais depuis 1948… Preuve indéniable et tangible du passé  industriel de Montréal, elle tient encore debout (pour l’instant), prête à accueillir fièrement toute âme qui entre sur l’île par le pont Champlain.
Elle est belle avec ses grosses lettres rouges qui font 15 pieds de haut. On parle d’elle partout à
l’étranger, elle se hisse lentement au fil des ans, au rang d’icône montréalaise. Elle nous salue la nuit, comme pour nous dire : « Oui, oui, ça va, je tiens le coup, je suis encore là ».

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Les cafés
Montréal regorge de petits cafés paisibles où il fait bon s’évader dans un bon livre, bavarder
avec une personne aimée ou se laisser absorber devant un ordinateur portable. Les cafés de quartier sont le point de repère préféré des amoureux de la ville. Effluves de grains de café grillés, vapeur dans l’air, bourdonnement de conversations discrètes, décoration souvent délicieusement atypique avec des meubles dépareillés, des matériaux recyclés et des oeuvres d’art inusitées. Les quartiers Rosemont, Villeray, Hochelaga, Pointe-Saint-Charles, Saint-Henri, pour ne nommer qu’eux, nous enchantent avec leurs cafés accueillants où la culture Montréalaise est toujours au rendez-vous.

Un paysage qui évolue
Avec le temps, l’oeil devient si habitué à croiser les mêmes paysages, qu’on finit par ne plus les remarquer. On devient désensibilisé par cette splendeur. Toutes ces années, ces siècles à se construire, à se peaufiner, à se forger une identité. Mais ils sont toujours là, les paysages. Il ne suffit que de regarder. Quand on s’y attarde, toute une myriade de lignes, de formes et de couleurs s’unit devant nos yeux et redessine les paysages sous le signe de la beauté. Nous sommes entourés par le beau, et ça, Naomi le voit.

Les maisons
Même les devantures de maison se sont passé le mot pour garder la marque du passage du temps dans leurs briques. Témoins du siècle dernier et parfois même plus, ces maisons ont accueilli, au fil des années, de nombreuses familles, ont vu des mariages, des naissances, des peines d’amour, des baisers en secret sous la pluie, des enfants jouer dans la neige, ont connu l’époque des calèches et des chevaux, des premières voitures à moteur qui sillonnaient les rues, ont survécu aux orages, ont vu des feux d’artifice, des déménagements, l’arrivée des vacances, la misère, la Première Guerre, la Deuxième, le hockey, la télévision, le bonheur, la vie. Et elles sont encore là, solides et majestueuses avec leurs murs de pierre, leurs portes de bois et leurs escaliers. C’est fascinant de savoir qu’elles détiennent toutes une partie de l’histoire de Montréal entre leurs murs.

Naomi Fontaine, tel un chevalier des temps modernes, défend et propage avec fierté sa perception de Montréal, elle nous imprègne de cette richesse urbaine, contribuant elle aussi à l’immortalisation de sa beauté. Montréal, ça ne s’explique pas, ça ne se visite pas, ça se vit.

@FLEURDE.LYS

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Texte: Hélène Mallette
Photos: Naomi Fontaine, @fleurde.lys

 

5 endroits Instagram incontournables à voir en Islande

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À mi-chemin entre le continent européen et l’Amérique se trouve une île marquée par le passage du feu et de la glace, une terre dramatique aux paysages sertis de volcan, geyser, canyon, sable noir, sources thermales et montagnes brutes. En 5 heures de vol seulement, l’Islande et son relief incomparable nous ouvrent leur lot de possible et d’aventures hautes en intensité.

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Voler en toute frugalité avec Wow Air
On prend la route avec Wow Air qui charmera les voyageurs frugaux; avec un peu d’avance, les aubaines ne font que faciliter notre prise de décision (près de 300$ seulement aller-retour!). Une fois les billets bookés, il ne reste qu’à se trouver un point d’amarre et se louer un 4×4 prêt à nous transporter aux quatre coins de cette terre viking.

En partance de Reykjavik, des dizaines de circuits et d’excursions quotidiennes se planifient en toute simplicité vers la péninsule ouest et le sud de la côte. Et pour les chasseurs de prises de vue et pionniers photographes, des centaines de paysages renversants n’attendent que d’être capturés.

Voici nos 5 destinations photo à mettre sur votre radar lors d’une escapade en Islande :

La chute immersive de Seljalandsfoss
Partir à la chasse aux chutes (foss en islandais) est une activité difficile à contourner quand on visite l’Islande : ces merveilles naturelles se multiplient à travers le pays. Seljalandsfoss est définitivement l’un des plus impressionnantes, avec ces 65 m de haut et sa particularité unique de pouvoir circuler à l’arrière (poncho alert!).

Coordonnées Google Maps : 63.6156232, -19.9885688

Cette chute derrière laquelle on peut se cacher. ? @catmart

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La petite maison blanche d’Arnarstapi
C’est en explorant l’ouest de l’Islande en bordure sud de la péninsule de Snæfellsnes qu’on tombe sur ce villageportuaire qui fut un temps un poste de commerce important. Arnarstapi est aujourd’hui surtout connu des fans de photo pour sa prise de vue bucolique donnant sur une petite maison blanche au pied des montagnes enneigées.

Coordonnées Google Maps : 64.770355, -23.619133

Je l'ai checké out les 5 dernières années sur Pinterest, puis elle était là, juste devant moi. #lapetitemaisonautoitrouge

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Orgue basaltique des plages de Vik
Les plages noires de Reynisfjara dans le Sud accueillent en leurs rives une construction naturelle particulièrement abstraite et intrigante : des orgues basaltiques. Formation rocheuse témoignant d’éruptions de lave qui se contractent en se refroidissant, les orgues basaltiques près de Vik surplombent la mer majestueusement.

Coordonnées Google Maps : 63.405910, -19.074521

Jouer de cet orgue gigantesque.

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Le lagon de glacier de Jökulsárlón
Ce lac de glacier au pied du plus grand parc national islandais, Vatnajökull, surprend de par son calme apaisant et ses douces nuances de bleu azur et acier. Les larges morceaux de glace flottant en sa surface sont souvent comparés à des diamants. Restez à l’affût, les phoques qui y résident aiment bien se sortir le bout du museau.

Coordonnées Google Maps : 64.0784458, -16.2305536

On a entendu les goélands crier, les phoques chanter et les blocs de glace turquoises se déposer sur la plage de sable noir.

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Les puissantes chutes de Gullfoss
Au bout du très couru Cercle d’or, circuit touristique bondé qui nous a quelque peu déçus, se cachent les chutes de Gullfoss de la rivière Hvítá, alimentée par le 2e plus grand glacier d’Islande, et qui se jettent dans un canyon de 70 m. C’est peu vous dire que sa puissance inouïe bouscule tous les sens, surtout par jour de soleil où des arcs-en-ciel coiffent le dessus de ce monument naturel bouleversant.

Coordonnées Google Maps : 64.3270716, -20.1199478

Cette chute est une force de la nature. La fonte des neiges est définitivement le best moment pour l'apprécier.

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Ce billet est présenté par Wow Air qui nous ont gracieusement permis de voyager jusqu’en Islande sur sa ligne aérienne. Toutes les opinions exprimées sont les nôtres.

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Texte: Catherine Martel

Kara Bino

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C’est emmitouflée dans un chandail de laine couleur crème que Sarah Babineau était attablée un samedi matin au Ferlucci. Dehors, la neige qui s’était si longuement fait désirer tombait enfin, alors qu’à l’intérieur du petit café italien, les murs de bois blanc portaient des étagères remplies de films VHS et de jeux de société. Le tout portait à croire que nous étions dans un douillet chalet des Laurentides, plutôt que sur la rue de Castelnau, dans le quartier Villeray.

Le Café Ferlucci est l’une des multiples bonnes adresses montréalaises que la photographe de 23 ans partage sur son compte Instagram. Or, c’est lors d’un échange étudiant à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux en janvier 2015, qu’elle eu le déclic d’utiliser son compte comme city guide.

Pour partager ses découvertes, mais surtout, son émerveillement pour cette nouvelle ville qui était la sienne. Avec cette ligne éditoriale, son audience a grandi. Puis, à son retour à Montréal, celle qui travaille maintenant comme responsable du contenu Instagram de Oatbox, a continué à utiliser son compte afin de partager la beauté de Montréal. Revenir pour mieux voir sa propre ville avec les yeux du voyageur. Au menu de sa galerie : de charmants cafés, des commerces locaux et de douces vignettes de la vie quotidienne — le tout, avec un minimum de filtre, afin que les images des adresses partagées reflètent bien la réalité.

@KARA_BINO

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Texte: Tamy Emma Pépin
Photos: Sarah Babineau, @kara_bino

 

Cours, émeu, cours!

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J’ai essayé de faire un jeu de mots avec émeu et le verbe émouvoir pour mon titre, mais j’en suis arrivé à la conclusion que la simplicité a meilleur goût et qu’un oiseau capable de courir jusqu’à 55 km/heure méritait bien un clin d’œil à Forrest Gump. Je trouve aussi que l’émeu est capable de faire des faces aussi drôles que Tom Hanks, mais ça, c’est une autre histoire. Il faudra vous rendre au Centre de l’émeu de Charlevoix pour voir ça live!

Dans la catégorie « Potin de chalet », quand Lucas et moi avons dit à Catherine Ethier que nous partions visiter une ferme d’élevage d’émeus dans le pittoresque village de Saint-Urbain, elle nous a fait la demande d’en chevaucher un pour elle. Oui oui, bien sérieuse, s’imaginant déjà dans les cieux roses infinis de l’Océanie.

Que tous les pelleteux de nuages soient avertis : même si l’émeu est le deuxième plus gros oiseau du monde après l’autruche, il est trop sauvage pour qu’on l’enfourche et sa physionomie l’empêche de voler. Pire : il est incapable de reculer, ce qui m’a fait beaucoup rire. Alors si, dans la luxuriante région de Charlevoix, un émeu devait faire face à un ours, croyez-moi, il faudrait qu’il coure en tabarnak! Ou qu’il lui donne un coup de patte, « le même effet qu’un coup de couteau », nous a-t-on prévenus. L’émeu : un ratite fascinant…

Ratite : Oiseau coureur dont le sternum est dépourvu de bréchet.
Bréchet : T’sé, l’os en forme de « Y » avec lequel on fait un vœu?

De l’Australie à Saint-Urbain
Le Centre de l’émeu de Charlevoix est une des plus importantes fermes d’émeus au Canada. Quand le ratite est arrivé au Québec en 1989, un bon nombre de producteurs ont voulu le prendre sous leurs ailes (héhéhé) et ont acheté des cheptels, mais peu d’entre eux ont réussi à avoir un retour sur la production des œufs. Il faut dire que la majorité de ces producteurs était ce qu’on appelle des gentlemen-farmers, des fermiers à temps partiel. La mise en marché de
l’émeu n’étant pas facile, il fallait y consacrer plus de temps. Sans oublier que l’animal donne peu de viande au final, ce qui a été une déception pour plusieurs…

Véritable passionnée, Raymonde Tremblay a fait le choix de se consacrer à l’émeu en 1997 et a, au fil des ans, développé une expertise lui permettant de bien comprendre toutes les étapes d’une production intégrée : la reproduction, l’incubation, la poussinière et l’engraissement, en plus de la transformation et de la mise en marché. « Nous faisons toute la production agricole ici, sur la ferme familiale des Tremblay! », rappelle celle qui, dans une autre vie, était diététiste. Et la petite équipe d’employés le répétera : pas d’hormones de croissance, pas d’antibiotiques, pas de farines animales. Il s’agit donc de production intégrée naturelle.

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Kossé ça goûte?
Quelque chose entre le bœuf et le canard. La chair est rouge, douce au goût et extra-maigre (de 2 à 4,7 % de gras). Elle est, bien sûr, une source de protéines, mais elle contient aussi du fer, du potassium, du zinc et de la vitamine B12. La façon royale de la manger, selon Raymonde : en tartare ou en carpaccio. Et au grand bonheur de la propriétaire du Centre, quelques restaurants de Baie-Saint-Paul l’offrent maintenant sur leur menu. Je vous dis ceci à l’oreille comme ça, comme au jeu du téléphone : on nous a soufflé que le tartare d’émeu du Manoir Richelieu est plus que pas pire pantoute. Je ne sais pas comment « plus que pas pire pantoute » va sonner au bout de la chaîne, mais bon, au pire ça vous amènera ici, à Charlevoix, et vous en goûterez partout.

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Ma bosse est plus grosse que la tienne
Crêpes farcies à l’émeu, terrine d’émeu au poivre rose, mousse de foie d’émeu au porto, cubes à brochettes, sauce à spaghetti bolognaise à l’émeu… L’oiseau exotique a beau donner peu de viande, on se rend compte à quel point Raymonde et sa gang font preuve de créativité devant les produits dérivés vendus à la boutique.

« Mais la plus belle découverte au sujet de l’émeu, explique Raymonde, c’est son huile, qui se trouve dans la bosse qu’il a sur le dos. » D’instinct, il y a plus de 1000 ans, les aborigènes d’Australie l’étendaient sur leurs blessures ou tout simplement pour se protéger du soleil. Les études scientifiques le démontrent aujourd’hui : l’huile d’émeu pure est non seulement hydratante, mais elle aide également à régénérer, cicatriser et atténuer les douleurs. Dans la poche de l’émeu, Raymonde a donc trouvé son joyau (oh que l’envie est forte d’écrire bijou de famille!) et, huit ans de recherche en laboratoire plus tard, elle peut désormais ajouter dans son CV qu’elle détient sa propre gamme de soins naturels pour le visage et le corps, tous à base d’huile d’émeu issue de la ferme. Un petit traitement exfoliant, monsieur Hanks?

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En observant les émeus jumelés aux stations de reproduction, je me suis demandé : ces êtres spéciaux sont-ils ouverts à l’échangisme? Sachez que, dans le merveilleux monde des émeus, c’est la femelle qui choisit son mec, et les deux restent fidèles l’un à l’autre le temps de la reproduction. Par contre, s’il s’avérait que ce soit un mauvais « match », Raymonde pourrait décider de faire un « rematch ». Coudonc, on est-tu en train de pondre un concept de télé-réalité, nous là ? Et qu’on se le tienne pour dit : si un touriste essaie de faire son smatteau Centre de l’émeu en te pointant le mâle, et en disant « Checkla femelle, juste là, tu la vois? », tu es en train de te faire fourrer raide! Il n’y a absolument aucune distinction physique entre le mâle et la femelle (seulement à l’interne), seuls leurs cris dévoilent leur sexe. Les mâles grondent et les femelles pavoisent à grands bruits de tambour!

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Texte: Melissa Maya Falkenberg
Photos: Lucas Harrison Rupnik

Trip de bouffe

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À onze heures du matin, derrière le comptoir de Trip de bouffe, deux employées s’affairent. La musique emplit l’espace, des clients de tous âges entrent et sortent, ça sourit, ça parle taboulé et moudardara. Sorti du sous-sol où il prépare les plats de cette institution montréalaise en devenir, Richy Farkas apparaît en premier, un filet sur la tête et un autre sur sa barbe fournie qui ajoute mille points de sympathie au personnage. Le temps de prendre un excellent café et Georges Medlej arrive, carrure aussi large et massive que son sourire. Au passage, il ne peut s’empêcher de retoucher à la disposition des salades en libre service, s’excusant par la suite de ses réflexes perfectionnistes. La complicité et la complémentarité des deux associés sautent aux yeux instantanément. On prend le temps de discuter avant que le rush de midi ne commence.

Comment a démarré, pour vous, l’aventure Trip de bouffe?
Georges : On a quitté le West Island, Richy et moi, dans les années 2004-2005 et on s’est installés sur le Plateau. On a toujours travaillé ensemble, d’abord dans la musique, et puis on a géré un centre d’exposition. Bref, notre contrat s’est terminé, on s’est regardés et on s’est dit « On se cherche-tu une job? » (rires) Puis Richy a suggéré qu’on s’en crée une et moi je lui ai dit : « j’ai une p’tite idée! » Ça me trottait dans la tête, mes parents ont toujours été dans la bouffe, j’ai grandi là-dedans. J’sentais que ça pouvait marcher.

Richy : On fait partie de cette petite gang-là qui fait des affaires maison, à sa façon. C’est familial, c’est relax!

G : En plein coeur de Montréal, la bouffe libanaise maison n’était pas offerte. Rich’ trouvait que c’était une bonne idée sauf qu’on avait juste de l’expérience dans le service à la clientèle, pas dans la préparation de bouffe. C’est là qu’on a approché mon père, qui est le directeur de la cuisine et qui a toujours été dans l’alimentation et l’entrepreneuriat. On lui a proposé un dernier projet avant sa retraite et ça lui tentait d’embarquer. C’est pour ça que c’est notre petite entreprise familiale, mes parents, mes meilleurs amis, moi…

R : Toute l’équipe est comme une petite famille!

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Le staff c’est important pour vous?
R : Une des affaires qui me touche le plus, c’est quand je me promène dans la ville et que je rencontre des clients réguliers qui me parlent de notre staff, de comment ils sont éblouis par notre service, j’suis touché chaque fois.

G : À cause de notre formule pas commune, sans menu affiché, le lien direct avec le personnel de service est obligatoire. Ils (les employés) doivent expliquer comment on fonctionne, il faut expliquer ce qu’il y a dans les plats. Les employés vont suggérer leurs préférences. On leur dit « ne soit pas un vendeur, soit un conseiller. » Est-ce que c’est juste le papa qui cuisine ou
vous avez développé des skills?

R : Ouais, j’fais de la sauce à l’ail, j’fais du marsaban, moi j’suis le back-up system. (rires)

G : Faut s’assurer qu’on connaisse tous les volets de toute la cuisine, c’est nous la relève de mon père, c’est notre place. On sait ce qu’on aime comme bouffe, on sait comment la présenter, faut savoir comment la faire pour pouvoir le montrer à tous nos prochains employés.

Vous mettez souvent votre touche personnelle dans les plats? Est-ce que vous faites beaucoup d’expérimentation?
R : Ça évolue naturellement. Pops va faire un plat pendant un temps puis va rajouter quelque chose de différent pour le rendre encore meilleur.

G : Y’a beaucoup de produits qu’on garde typiques, les gens ne savent pas comment les faire traditionnellement, ils n’ont jamais été exposés à des ragoûts libanais. On connaît le ragoût de pattes de cochon québécois, mais un ragoût libanais… T’es aussi bien de laisser le produit tel quel, tu rends hommage aux produits, aux origines.

Vous êtes tous les deux Libanais?
R : Georges l’est, moi j’suis Hongrois et Roumain d’origine. La bouffe libanaise ça a été nouveau pour moi, même si j’ai grandi avec Georges, la préparer et la vivre vraiment, ça, c’est nouveau et super intéressant. J’ai appris plein de choses… J’suis un Libanais en training qui approche le niveau pro! (rires)

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Thierry, le photographe, shoote les moindres recoins de la place, remplissant son appareil photo d’images de montagnes de falafels, de kaléidoscopes de légumes coupés et de la décoration flyée de l’endroit (dont Richy s’est grandement chargé) et particulièrement des étranges mannequins mascottes de l’enseigne, Sfiha et Fatayeur, nommés d’après des délicatesses de la carte. Pendant ce temps, les gars insistent sur l’importance du partage dans leur
culture, leur vie quotidienne et les liens forts qui se créent avec la clientèle depuis trois ans, liens qui les poussent à aménager leurs temps au magasin pour être sûr de voir tout le monde. Cette attention résume parfaitement ce qu’est Trip de bouffe, un endroit où l’amitié et la bouffe ne font plus qu’un.

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TRIP DE BOUFFE
277, Avenue du Mont-Royal Est
Montréal, Québec
H2T 1P6
tripdebouffe.com

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Texte: Sylvain Martet
Photos: Thierry Lacasse

 

Grilled cheese

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Un des souvenirs de jeunesse que je préfère c’est lorsque nous rentrions au chaud après une journée complète de glissades lors des journées froides d’hiver. Avec nos joues rouges, notre petit nez froid et les cuisses brûlantes (d’avoir remonté sans relâche la pente pour glisser), on entrait dans la maison, et comble du bonheur, nos parents nous accueillaient avec un bol de soupe chaude et des grilled cheese. Deux banales tranches de pain blanc bien beurrées et du fromage Singles de Kraft (deux tranches si on était chanceux) et le tour était joué. Avec nos doigts qui sentaient les vieilles mitaines, notre visage qui commençait à reprendre vie, on s’emmitouflait dans des couvertures pour écouter un film en mangeant nos grilled cheese… Le paradis!

Cette création culinaire fût inventée et grandement savourée à partir années 1920 aux États-Unis. La Grande Dépression ayant frappé de plein fouet le peuple américain, plusieurs se sont retrouvés complètement démunis face à cette crise. Beaucoup de gens se sont retrouvés à manger des grilled cheese qui, au départ, n’étaient composés que d’une seule tranche de pain qu’on faisait gratiner, étant donné leur coût peu élevé et leur apport nutritif. À des fins pratiques, on y déposa une seconde tranche pour fermer le sandwich. Il était ainsi plus facile à manger et surtout, plus bourratif. Aujourd’hui, plusieurs restaurants ont ce classique si réconfortant au menu. Voici une liste des meilleurs endroits où
dénicher ces petites merveilles. On y retrouve des versions améliorées, certaines plus audacieuses et d’autres, « boostées » à bloc!

1- Le Lapin Pressé

1309, aveneu Laurier Est, Montréal
Se spécialisant dans le « domaine », Le Lapin Pressé varie son menu de grilled cheese régulièrement. certains classiques restent par contre marqués à l’ardoise. Ils ont fait leurs preuves et la renommée du café. Ce que j’aime particulièrement du Lapin Pressé, c’est la variété des fromages utilisés. Chaque sandwich a un goût unique, car ils sont tous faits avec des fromages différents. Mon préféré : le « saint-Paulin, thym et lapin confit », c’est assurément celui qui fait la signature de la place. Miam!

2-La Shop
276, rue Principale Est, Magog
Lashop.co
À La Shop, on ne vous sert essentiellement que des grilled cheese, de la bière de microbrasserie ou un espresso fraîchement coulé. Situé dans une vieille bâtisse avec de grands murs de briques, au cœur du quartier industriel de Magog, ce restaurant est sympathique, tout en simplicité et plus que chaleureux. Ils ont un très beau choix de grilled cheese qui font tous saliver! Le Chèvre des Montagnes (pain chaud aux olives, poulet citronné, tomates séchées et fromage de chèvre) et le Pommé (pommes caramélisées, canneberges, brie et fromage à la crème) sont absolument délicieux!

3-Le Cheese

5976, avenue De Monkland, Montréal
lecheesetruck.com
Amateurs de fromage et de bonne bouffe pas compliquée, vous serez servis au restaurant Le Cheese. Le grilled cheese Batman, un grilled cheese au bacon, avocat, tomate et cheddar blanc, est particulièrement délicieux avec le goût de l’avocat et du fromage chaud qui coule partout! Un grilled cheese décadent à essayer soit au casse-croûte Le Cheese ou au foodtruckdu même nom.

4-Olive & Gourmando
351, rue Saint-Paul Ouest, Montréal
oliveetgourmando.com
Ce charmant restaurant du Vieux-Montréal est toujours achalandé et avec raison. Tout est bon. Presque tout est fait maison. La fraîcheur des aliments est toujours au rendez-vous et le menu régulier est aussi délicieux pour leur déjeuner que pour le lunch. En plus de leurs sandwichs décadents, Olive & Gourmando offrent un sublime grilled cheese. Farci d’oignons caramélisés, de fromage raclette, de gouda Beemster XO et de leur ketchup maison, ce choix est tout simplement divin.

5-L’Gros luxe
Montréal (Plateau, Mile-End, Sud-Ouest), Vieux Longueuil et Québec
lgrosluxe.com
Ce restaurant bien à la mode offre une ambiance urbaine, dynamique et qui tient compte du quartier où il est implanté. Avec ses cinq succursales et un menu nord-américain typique (ailes de poulet, cornichons frits, tacos et mac and cheese), L’Gros Luxe sert aussi de décadents Bloody Caesar ornés de rondelles d’oignon frites et de mini burgers. Cet endroit est vraiment unique et festif! Proposant une version grilled cheese poutine (pain artisanal au beurre, mélange de fromage maison, fromage en grains, frites et sauce à poutine), vous pouvez aussi « pimper » votre grilled cheese classique avec une vingtaine d’ingrédients (porc effiloché, bacon, guacamole, fromage de chèvre, etc.)… De quoi vous faire saliver encore et encore!

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Texte: Marie F.
Illustration: Benoît Tardif, colagene.com

 

Hooké

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« À La pancarte, tourne à gauche, monte jusqu’au fond, et c’est la deuxième maison. »
C’est avec les indications de Fred dans mon téléphone que notre voiture sillonne les rues de Baie Saint-Paul jusqu’au lieu qui sert de chalet, et de « camp de base » pour toute la tribu de Hooké.

Fred, c’est Fred Campbell, membre fondateur de cette communauté de pêcheurs à la mouche aujourd’hui suivie et aimée partout sur la planète. Vous allez vite comprendre pourquoi…

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Samedi, 16H42.
On arrive, je les vois, ils sont quatre, vêtus de chemises de flanelle et de grandes salopettes. Les sourires de bienvenue qu’ils nous dessinent dès qu’on s’avance vers eux semblent aussi vouloir dire : « Enfin, vous êtes là! ». C’est que l’après-midi tire à sa fin, et que d’habitude, c’est dès l’aube qu’ils ont les pieds dans la rivière.

– Une journée de pêche, ça commence quand le soleil se lève, et ça se termine quand le soleil se couche!

– Oui… Mais ça dépend aussi de ce qui s’est passé le soir d’avant!

Leur hâte et leur joie se font ressentir dans tous leurs échanges. Rapidement donc, j’enfile l’uniforme de circonstance et je me retrouve à nouveau sur la route, coincée entre grands filets et cannes à pêche, cette fois avec Fred et son ami, Frank.

En chemin, j’apprends que Hooké, c’est plus, beaucoup plus qu’un rassemblement de mordus de pêche. Mon instinct me dit de les écouter attentivement, parce qu’il y a plusieurs leçons de vie qui s’apprêtent à émaner de cette conversation sans qu’ils en soient eux-mêmes tout à fait conscients. Ils parlent d’abord de leur communauté comme d’une opportunité de se réunir. Juste pour se voir. Juste pour se parler. Juste pour le fun. « On est des maniaques, mais on s’est surtout embarqué là-dedans parce qu’on aime ça… être ensemble. Ce qu’on partage d’abord et avant tout, c’est du temps » de laisser tomber Fred, dans toute son authenticité.

Et il n’y pas de critère, ni de compétition, dans le monde de la pêche à la mouche. Que t’aies 15 ou 70 ans, que t’en sois à ta première ou ta 394e fois dans tes bottillons imperméables, on veut que tu sois là. On veut savoir si tu penses que les mouches vertes attirent plus le saumon que les mouches bleues, et si t’as envie de te joindre au feu de camp qui suivra le coucher du soleil.

C’est pas plate?
Je ne peux m’empêcher de leur partager mes vieilles croyances de fille qui n’a jamais pêché de sa vie : « Pour des gars qui ont grandi dans la montagne, en ski et en snowboard, vous ne trouvez pas ça ennuyant, attendre toute la journée que ça morde? »

« Quand tu vas à la pêche, le plus important, c’est de bien choisir avec qui tu y vas. Si tu choisis du bon monde, tu vas avoir du bon temps. »

Ah ben oui.

Et c’est bien parfait, que le temps s’étire à la rivière. Ça force à lâcher prise. En fait, ça se fait tout naturellement…

Leur rythme cardiaque ralentit, leur corps tout entier se détend et leur esprit entre en communication directe avec la faune et la flore qui les entourent dès leurs premiers pas dans l’eau. Le stress de la vie n’existe plus, me confient-ils, quand ils sont armés de leur canne à pêche.

Comme des surfeurs qui lisent les vagues, ils ont appris à suivre le rythme de l’eau, à tenter de déjouer la nature, comme ils aiment le dire, pour attraper des poissons. Ils ont saisi, entre autres, qu’ils ne contrôlent pas grand-chose. Un autre bel enseignement.

Samedi, 18H15
Arrivée sur les lieux, je suis mes pêcheurs dans un champ, puis dans une forêt de fougères qui me parachute dans un autre monde et nous mène aux abords de la rivière, bordée de grands rochers et dans laquelle plongent de chauds et puissants rayons de fin de journée.

On se regarde tous en riant :

« Ouais, ça fait partie de la pêche de se laisser impressionner par la beauté de la nature chaque fois! »

Ces gars-là ont tous été initiés à ce sport traditionnel par leur père ou leur grand-père. À cette époque, on pêchait pour se nourrir. Aujourd’hui, on le fait pour jouer. Les truites, saumons, brochets et autres prises de la tribu sont donc tous relâchés après avoir été remerciés pour la dose d’adrénaline.

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C’est un sport, mais c’est aussi un art, la pêche à la mouche. Il faut les voir minutieusement façonner leurs mouches avec leurs grandes mains « C’est de l’artisanat masculin! », de me préciser Frank, champion incontesté de la mouche selon le reste du groupe. Après une partie de roche-papier-ciseaux qui détermine qui aura la chance d’être le premier à lancer sa ligne, je suis Fred de près pour observer ses mouvements, grands, fins, fluides, une technique qui confirme son expérience, un style tellement personnel.

J’ai gardé tout ça en dedans, mais je vous le dis à vous, la gorge me serrait un peu d’émotion de les voir ne faire qu’un avec leur environnement, et d’avoir la chance d’observer de leur sensibilité, de leur talent, de leur passion.

Samedi, 20H30
Ce que j’ai vite compris de l’expérience Hooké, c’est que la journée est loin de se terminer au moment de sortir de l’eau. Direction campement pour manger tous ensemble sur le bord du feu. Avec la simplicité pour thématique, on assemble quelques ingrédients pour rapidement offrir un repas à tout le groupe et profiter de la présence de chacun tout au long de la soirée – quelques pains grillés sur des bâtons, des tomates fraîches arrosées d’huile et accompagnées de basilic,
cuites directement sur la braise, des fromages de la Laiterie de Charlevoix offerts par pêcheur Philippe, des pommes cuites dans la braise pour dessert, quelques bières, de la musique country comme trame de fond, et on obtient, je pense, la recette du bonheur. Du moins, celle de Hooké, et elle aura su me plaire profondément.

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HOOKE.CA

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Texte: Marie-Philippe Jean
Photos: Tamy Emma Pepin
Drone: Benjamin Rochette

Au menu

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Les entrepreneurs Brian Harrison-Dorval et Renaud Jobin-Robitaille, respectivement programmeur et infographiste, sont, depuis 2010, à la barre de Hyper, une agence Web basée à Québec. Outre leur passion pour le merveilleux monde du Web, Brian et Renaud entretiennent un amour inconditionnel pour la bière. Les deux créateurs ont donc combiné leurs deux dadas pour créer AuMenu, une application ingénieuse et unique au Québec.

L’application permet aux amateurs de bières de microbrasseries d’accéder rapidement à l’offre de bières en fût disponibles dans les établissements participants. « L’idée nous est venue tout simplement. Nous tentions souvent de consulter le menu de bières avant même de nous déplacer, soit via Facebook ou les sites Web, mais ce n’était pas toujours possible », raconte Renaud. Depuis janvier, l’application connaît un vif succès, tant chez les consommateurs que chez les commerçants.

Disponible sur le Web ainsi que sur iOS et Android, AuMenu est très simple d’utilisation. L’inscription se fait en deux temps trois mouvements, soit par l’entremise de leur compte Facebook ou encore en remplissant un court formulaire (nom, courriel et mot de passe). Il faut tout d’abord savoir que pour consulter les différents menus de bières en fût des établissements il n’est pas nécessaire de se créer un compte.

Cependant, la création d’un compte comporte de nombreux avantages. Vous pouvez ajouter des établissements et des bières dans une liste de favoris pour ainsi recevoir des notifications. Vous voulez vous improviser critique de bière? L’application vous invite à donner une note aux bières que vous avez dégustées. Il vous est également possible de consulter le descriptif de chaque bière afin de vous guider dans vos choix (note moyenne des utilisateurs, pourcentage d’alcool, niveau d’amertume (IBU) et disponibilité du produit). Prochainement, le détenteur d’un compte pourra également gérer son profil et ses amis.

AuMenu se veut aussi utile pour les propriétaires de microbrasseries ou de bars. « On trouve que le domaine brassicole est un milieu très rassembleur et nous tentons activement d’avoir une carte complète des microbrasseries du Québec », explique Renaud. Les détenteurs d’un compte peuvent mettre à jour leur menu de bières en fût en ligne en saisissant les données des produits dans l’application. Elle permet également d’accroître la visibilité de l’établissement en obtenant un point de repère sur la carte géographique ainsi qu’un profil personnalisé comprenant une description de l’établissement, les heures d’ouverture, l’adresse, le numéro de téléphone, le courriel et le site Web.

On adore le concept proposé par Brian et Renaud, car l’application nous force à sortir de nos buvettes habituelles pour découvrir de nouveaux établissements. Que vous souhaitiez découvrir une nouvelle IPA qui sort des sentiers battus ou renouer avec cette délicieuse Porter qui a bouleversé vos papilles gustatives, AuMenu est un excellent guide pour étancher notre soif. Elle devient aussi un outil incontournable dans la planification d’un road trip pour voir ce qui se fait de bon partout au Québec.

Et l’application est gratuite! Que demander de mieux? Alors, inscrivez-vous et abandonnez-vous aux joies de la dégustation de bières de chez nous! Santé !

AUMENU.INFO

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Texte: Stéphanie Chicoine
Illustration: Benoît Tardif, Colagene Clinique Créative