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Rêveries – Les Jardins Floramama

Le village de Frelighsburg est un tout petit coin dans la région de Brome-Missisquoi. Comptant 1000 habitants et des poussières, le mode de vie y est au ralenti. On s’y sent bien, comme si le temps s’était arrêté, comme si on entrait dans un dôme protégé du rythme effréné de nos vies enracinées dans la culture des likes, du temps qui manque pour tout et des relations platoniques au comble de l’individualisme. À Frelighsburg on lâche prise, on dépouille notre esprit de cette lourdeur qui nous enlise et on la laisse aux portes du village – pour vivre. Tout simplement.

On sent cette béatitude chez les habitants, une espèce rare de belles âmes en quête du moment présent, qui font vivre les plus vieux bâtiments, des gens qui se connaissent tous ou presque, une communauté qui bat au rythme du même cœur, un village comme il ne s’en fait plus.

Et quand on monte la côte et qu’on s’enfonce un peu dans la verdure, on débouche sur la ferme florale Les Jardins Floramama, où Chloé Roy, fondatrice, nous attend avec une partie de sa famille. Une ferme florale, au beau milieu de ce microparadis; ben oui, ça a du sens.

Les fleurs se multiplient aux abords d’une vieille grange et s’étendent loin dans les champs. Glaïeuls, œillets d’Inde, dianthus et renoncules pavent le chemin gazonné jusqu’au bout du terrain en nous faisant faire des détours par les différentes serres qui, comme des poules couveuses, abritent d’autres espèces ainsi que des plantes potagères. Chaque variété possède son temps de gloire où, comme dans une chorégraphie calculée, elles fleurissent les unes après les autres.

Quand j’ai vu Chloé pour la première fois, elle était affairée dans la grange; sa beauté naturelle m’a happée : c’est comme si elle était ses fleurs et que ses fleurs étaient elle, un genre de symbiose ineffable qu’on ne lit que dans les histoires. Son visage était doux et bienveillant. Sa peau, lisse comme un pétale, prenait les teintes pêche et rosées des zinnias posés sur le comptoir. Ses membres délicats me faisaient penser à de belles tiges fières et fortes et même ses cheveux légèrement frisés, gage d’humidité, sans doute, imitaient les vrilles de ses plantes. Je n’aurais pas été surprise de découvrir de petites feuilles naître au creux de ses coudes.

Pas étonnant que ce soit de concert avec la nature que notre horticultrice cultive ses fleurs; aux Jardins Floramama, on mise sur une culture écologique et tous les intrants (plants, semences, produits nécessaires au bon fonctionnement de la ferme) sont certifiés biologiques. On soutient la biodiversité des espèces qui y vivent, on prend soin des sols et on entretient la culture de l’entreprise à échelle humaine; une philosophie qui enchante autant que les fleurs elles-mêmes.

Chloé crée des bouquets fermiers et arrangements floraux naturels, délicats et empreints de romantisme avec des variétés de fleurs qu’on ne trouve pas chez le fleuriste du coin. Bien que la ferme ne soit pas accessible au grand public, les fleurs, elles, font leur chemin depuis leur lit jusque dans divers marchés, et égayent d’une beauté désarmante, mariages et autres évènements.

Aussi rares que magnifiques, certaines des variétés sont également comestibles. Dans un élan de curiosité, et complètement vendus à l’idée d’intégrer ces parfums délicats dans des plats, nous avons préparé des recettes mettant en lumière le fruit des efforts de Chloé; scones à la centaurée, gelée de monarde, suçons aux fleurs séchées et crème chantilly infusée aux fleurs (de menthe et basilic), servie avec des fraises d’automne. Toutes ces douceurs enchanteresses ne pouvaient être immortalisées ailleurs qu’ici, dans ce qu’il y a de plus pur et de plus vrai.

La brunante était imminente, il fallait à tout prix capter l’essence du moment féérique, quasi surréel, que nous étions en train de vivre avant que les derniers rayons du soleil passent sous l’horizon; une lumière douce et dorée qui s’accroche aux cheveux, qui illumine les visages, qui se réfracte avec poésie à travers notre pot de gelée aux fleurs. Les criquets et les cigales qui se font la cour, les effluves floraux se mélangeant au parfum de la pelouse humide. Quel beau paradoxe : l’éternel combat entre documenter ou vivre une expérience, tout lâcher, se laisser envoûter.

Tout au long de notre exploration des lieux, j’ai été frappée par toutes les preuves tangibles de l’harmonie parfaite entre l’humain et la nature qui règnent à la ferme de Chloé : des plantes grimpantes qui s’immiscent dans la fenêtre sans carreaux de la grange aux plants d’ail qui ornent les tablettes en séchant tranquillement, des insectes qui vont et viennent à leur guise, parcourant la grange d’un bout à l’autre, jusqu’à Cala, la compagne canine de Chloé, qui nous suivait partout en posant sa patte sur notre cuisse comme pour nous quémander des caresses.

La voiture de collection qui trône au milieu des herbes comme un trophée, les pétales qui sèchent sur de grands panneaux, les bouquets suspendus, les bicyclettes des enfants posées contre le mur, la toile blanche dressée sur le mur de la grange destinée aux soirées cinéma en plein air, les bottes pleines de boue attendant patiemment qu’on les enfile; tout est en suspens, tout bouge à une vitesse incroyablement lente et apaisante.

Nous sommes repartis une fois le soleil couché, apercevant les lumières de Noël accrochées sur la petite cabane, et celles qui avaient trouvé leur chemin jusque dans le salon de la maison familiale. Elles créaient, à elles seules, une ambiance charmante, presque magique. Oh, Frelighsburg, comme tu nous enchantes!



Texte : Hélène Mallette
Photos : Nicolas Blais et Mathieu Lachapelle

Défaire ses noeuds

Je suis coupable d’aller partout en voiture. J’habite à Montréal, à quelques coups de pédale ou deux stations de métro du centre-ville, je sais. Je bois mon café dans une tasse réutilisable et je n’achète pas d’eau en bouteille, j’essaie.

Je ne suis pas insensible face à l’enjeu écologique de la conduite en solo, je suis hypersensible face à… tout. La proximité humaine commandée par les voyages en autobus de la STM raccourcit ma respiration, me serre la gorge. Je suffoque, je panique, je veux débarquer, je veux ma voiture – c’est mon refuge. L’instant où, à la fin de la journée, je referme la porte de chez moi pour me retrouver seule dans le silence, c’est mon favori…

Jusqu’à ce que se glisse sous cette même porte un sentiment de solitude qui s’agrippe à mes jambes et trace son chemin jusqu’à mon ventre pour y former un noeud… Cet inconfort, c’est le grand paradoxe de la vie urbaine – des milliers d’âmes qui se bousculent, mais qui demeurent anonymes, de l’étranger dans la file au café, jusqu’au voisin, dont on ne connaît que les habitudes télévisuelles : les murs sont faits de papier de soie.

Quitter l’île de Montréal, j’y ai rêvé souvent. M’exiler là où « tout le monde se connaît » pour vrai. Leur emprunter du lait que je ne bois pas, juste pour dire bonjour.

Pour le moment, je pars pour les Îles-de-la-Madeleine.

Trois jours aux Îles avec Math pour comprendre ce qui cause le changement dans l’œil de ceux qui en reviennent, comme s’ils avaient mis la main sur le lot d’une chasse au trésor.

À notre sortie de l’aéroport, le vent, personnage principal des Îles-de-la-Madeleine, nous accueille avec toute sa force. Les Îles n’ont rien à cacher; dès nos premiers kilomètres sur leurs routes, elles nous dévoilent leurs dunes sablonneuses, leurs larges plages, leur ciel ambivalent, leurs champs verts et dorés. Devant nous, tellement d’éléments, mais honnêtement, tout ce que mon cerveau accepte de percevoir, c’est le grand vide, le grand rien, et à nouveau, j’ai un nœud dans le ventre.

C’est Émile, Madelinot et vieil ami d’école de Mathieu, aujourd’hui à la tête de la salle de spectacles Au Vieux Treuil, qui m’a aidée à le dénouer en mettant le doigt dessus : « T’as le vertige horizontal », qu’il me dit, sourire en coin. Avec une pointe de tristesse, mais d’autodérision aussi, je constate que ma vision a besoin d’ajustement et ma tête d’un peu de temps pour encaisser la grandeur de l’horizon.

On a rencontré Émile au Café de la Grave, abri mythique pour les Madelinots et idéal pour les touristes en quête de connexion avec l’essence même des Îles-de-la-Madeleine. Certains se souviennent de l’époque où les pêcheurs s’aggloméraient au comptoir pour raconter leurs aventures, d’autres vous diront qu’il fut un temps où l’on s’y réfugiait pour se réchauffer les mains près du poêle à bois, disparu depuis. Mes souvenirs à moi seront teintés des sourires réconfortants et de l’enthousiasme entrepreneurial de Marie- Josée et Marie-Frédérique, deux grandes amies aujourd’hui partenaires d’affaires avec leurs mamans, Micheline et Nathalie. Quatre femmes pour succéder aux quatre hommes qui assuraient auparavant la gestion du Café, résidence secondaire de tous – Claude, Henri, Jean-Marc et Fernand. Je m’attache à l’histoire comme je m’attache à tout le monde ici, en quatre secondes. Je ressors du café avec une tasse souvenir. Une fan.

Les grands espaces et l’air salin font leur travail et le rythme cardiaque de Mathieu et moi ralentit, notre pas aussi. « Ça doit être cool, chiller », laisse tomber Mathieu en conduisant. Ça me fait rire. On est ici pour réapprendre comment faire, je crois.

Tout au long de notre visite, un ange, Léa, veille sur notre bonheur en coloriant notre séjour de rencontres et de paysages. Son travail s’étire jusqu’à partager son quotidien et ses amies, avec nous. Ce sont cinq filles armées de chaudrons de moules, de salades et de pains frais que nous avons regardé entrer dans notre chalet avec aisance. Mathieu me jette un regard amusé alors qu’on accueille Léa, Laurence, Marie-Pier, Andréanne et Tanya, chez nous. Et en une soirée avec elles… J’ai tout compris.

Un fascinant mélange de fougue et de douceur vit en chacune d’elles, à l’image de l’océan qui se déchaîne, puis se rendort à quelques pieds de nous. En discutant avec elles et en me laissant bercer par la voix d’Andréanne qui se fond à celle de Laurence qui multiplie les hits en jouant de la guitare, mon cœur prend de l’expansion. Ici, les âmes sont libres et les tracas partent au vent comme nos casquettes. C’est donc ça qui a changé dans l’œil de tous ceux qui reviennent des Îles; soudainement, un laisser- aller sincère, un bonheur facile retrouvé.

C’est avec ce nouveau cœur grand ouvert que les explorations se sont poursuivies. On a visité l’Île d’Entrée, qui, je suis persuadée, est née d’un rêve de pêcheur qui souhaitait marier le vert de l’Irlande aux falaises orangées du Portugal. On a rencontré l’incomparable Ben à Ben, expression familière signifiant « le fils de… », dans son Fumoir d’Antan, où l’odeur de poisson fumé s’est collée à nos chandails de laine pendant des jours et des jours. On a mangé, mangé, et encore mangé chez Marie-Josée, qui a cuisiné tous les plats typiques des Îles : des zéplans (éperlans) au pot en pot (prononcé potte-en-potte) en passant par les galettes de morue et l’effiloché de loup marin, juste pour nous recevoir à sa table dans sa maison ancestrale, entourée de sa famille et de ses amis. On a pris des photos, on a remarqué l’absence de clôtures, on a trouvé ça beau.

Aux Îles, on a revécu nos seize ans, on a fait battre nos jambes vite juste pour le plaisir de courir sans objectif et on a bu, des récits, des bières, des cafés… Parce qu’on a pris le temps de le faire.

Tout ce qu’on y a vu et ressenti, on l’a mis dans nos valises, et on l’a ramené à la maison pour application future. L’absence de clôtures, la nature comme unique guide, l’intimité dans l’immensité, la promiscuité désirée, c’est enviable, enivrant.

Le matin de notre départ, on est parti se balader en kayak sur l’océan avec nos amies. Nos amies qui, il y a 72 heures, étaient encore des inconnues. Pourtant, c’est avec la gorge serrée d’émotions que je leur ai dit au revoir, emplie d’un sentiment semblable à celui qui nous envahit quand on quitte les amies du camp de vacances, après un été d’aventures, de premières amours et de guimauves grillées.



Texte : Marie-Philippe Jean
Photos : Mathieu Lachapelle

Voyage à bord du vaisseau étoilé

Par temps clair, lorsque la chaîne pyrénéenne se laisse observer depuis la plaine, au milieu des sommets enneigés on distingue un point. Comme un repère qui se dresse au-dessus des montagnes du Béarn, l’Observatoire du Pic du Midi de Bigorre apparaît dans l’axe du soleil à son zénith. Juché à 2877 mètres d’altitude, il trône comme un symbole, figure emblématique de la chaîne des Pyrénées et de l’astronomie. Autrefois réservé aux seuls astronomes, il est aujourd’hui accessible au grand public et dispose même d’un restaurant et de chambres d’hôtel. Alors que les scientifiques, les yeux rivés sur des galaxies lointaines y étudient les étoiles et leurs mouvements, le chef, lui, compose avec des produits locaux une cuisine inspirée du lieu et des contraintes physiques liées à l’altitude.

Si vous êtes animés par l’espoir de découvrir la planète qui pourrait accueillir une civilisation extraterrestre, il vous faudra d’abord ravaler votre peur du vide. Un brin de courage vous sera nécessaire pour emprunter le téléphérique qui mène jusqu’à l’observatoire. En effet, celui-ci s’arrache du sol pour parcourir pas moins de 1500 mètres de dénivelé avant d’arriver à l’observatoire! Souvent suspendu entre deux sommets, le trajet offre sa petite dose d’adrénaline. Mais il donne surtout un premier aperçu de la splendeur et de la singularité de l’endroit. Car lorsque le regard se porte au loin vers le ciel, tout en haut se dévoile soudain, fragile et majestueux, l’édifice aux coupoles. Trônant en haut des cimes, ses allures rappellent une station spatiale sortie tout droit d’un film de science-fiction.

C’est une fois sur place qu’on envisage toute la détermination qu’il a fallu pour entreprendre la construction d’un tel édifice à la fin du 19e siècle. D’abord utilisé comme station météorologique, c’est au début du 20e siècle que l’astronome Benjamin Baillaud comprend les avantages stratégiques que représente un tel lieu pour l’observation des étoiles. S’amorce dès lors un projet fou : la construction d’un télescope de seulement 50 centimètres de diamètre, mais dont la réalisation prendra cependant plusieurs années. Bien plus tard, dans les années 60, c’est la NASA qui financera la construction d’un télescope de 106 centimètres de diamètre servant à l’observation de la surface de la lune en préparation de la mission Apollo.

« Le ciel ne nous est pas étranger. Nous lui devons l’existence », écrit Hubert Reeves dans son livre, Poussières d’étoiles. Voilà la phrase qui résume à elle seule la raison d’être de l’Observatoire du Pic du Midi. Car ici, le très lointain et le local se côtoient. Et si les télescopes ont les yeux tournés vers des étoiles inconnues, on n’y pense pas moins à la santé de notre planète. Par exemple, une des principales missions scientifiques consiste à étudier les changements dans la composition de l’atmosphère, et ce, pour en déterminer l’impact sur le réchauffement climatique. Puis en obtenant, en 2013, le label « réserve de ciel étoilé », initiative qui a vu le jour au Québec dans la réserve du Mont-Mégantic, l’observatoire tient à assurer sa pérennité. Ce label engage les villes aux alentours à réduire leur éclairage public afin de ne pas créer de pollution visuelle et donc garantir une meilleure observation des astres. L’effet est doublement bénéfique; il maintient la continuité de la recherche et a un impact direct sur la consommation d’énergie des villes.

Une fois sorti de la cabine du téléphérique, les premiers pas sont éprouvants. L’air commence à se faire rare et chaque pas semble rappeler la lourdeur de notre corps. C’est en empruntant un dédale de tunnels et d’escaliers qui paraissent alors interminables, que se révèle enfin le joyau de l’endroit, le télescope Bernard Lyot. Géant de deux mètres de large construit en 1980, il sert à l’observation du champ magnétique des étoiles. Éric Josselin, responsable de la recherche de l’Observatoire Midi Pyrénées, le connaît parfaitement, lui qui étudie les étoiles géantes rouges – des étoiles immenses « qui sont en fin de vie et qui seront amenées à mourir dans quelques dizaines de milliers d’années ». Dans leur champ magnétique, elles laissent des traces invisibles, des indices, qui donnent une idée de leur composition et leur évolution. Elles nous livrent, par le biais de leur mouvement interne, des informations importantes sur le fonctionnement de notre soleil et son évolution probable jusqu’à sa destruction. Elles nous permettent d’envisager l’évolution de notre planète à long terme. On les regarde avec attention, car elles ne pourraient porter dans leur sillage rien de moins que la vie!

Lorsqu’il parle du lieu, on sent toute l’émotion qui s’empare d’Éric Josselin, pour qui le projet de label de ciel étoilé tient particulièrement à cœur. « On peut penser que dans certains endroits, la pollution visuelle est telle qu’il n’est jamais possible d’observer les étoiles. On s’interroge alors sur la déconnexion que cela peut engendrer chez un humain qui, au cours de sa vie, n’aurait jamais eu l’occasion d’observer la Grande Ourse et ainsi s’interroger sur sa place dans l’univers. » Sans cette prise de conscience, l’activité scientifique est mise en danger. « Or, on sait que l’observation des astres est essentielle dans le développement des sciences, des mathématiques, de la physique et donc dans le développement de l’humanité dans sa globalité. »

« Les voies par lesquelles les hommes parviennent à comprendre les choses célestes me semblent aussi admirables que les choses célestes elles-mêmes », a dit Johannes Kepler dans Astronomie Nouvelle en 1609. Car les lois de la physique sur terre peuvent être transposées pour comprendre celles en action dans le ciel. Il s’exerce un va-et-vient permanent entre les lois physiques qui régissent notre vie, ici, et celles, lontaines, aux tréfonds de la galaxie. Voilà qui parle au chef chargé de la restauration des touristes venus en visite dans ce lieu d’exception. Marc Berger officie dans la cuisine de l’Observatoire depuis maintenant cinq ans. Et avec son équipe, ils doivent s’adapter aux contraintes que constitue la cuisine en altitude, à la manière de scientifiques.

C’est dans une cuisine exiguë que se préparent avec soin les repas pour les quelques privilégiés qui viennent passer une nuit sous les étoiles. On imagine aisément que la cuisine n’était pas la priorité des scientifiques lors de la construction de l’édifice. Mais ce n’est pas le seul défi que le chef doit relever.

On sait par exemple que l’eau bout aux alentours de 90 degrés à cette hauteur, ce qui entraîne évidemment des modifications dans la cuisson des aliments. Cependant pour Marc Berger, « le plus gros défi repose dans la conservation des aliments, qui est beaucoup plus courte en altitude ». Le manque d’air est aussi un obstacle, « on ne se met pas à courir pendant le service, sinon c’est sûr qu’on n’a plus d’énergie avant la fin ». Faisant fi de ces diverses contraintes, la principale exigence du chef reste d’offrir un repas exceptionnel, à la mesure du lieu. Pour cela les produits locaux sont mis à l’honneur; truite, porc noir de Bigorre et foie gras de canard se révèlent avec légèreté, comme suspendus entre deux sommets. C’est durant leur passage en salle que les plats finissent par se magnifier. Construite au bord du vide, la salle à manger dévoile, à nos pieds, les monts enneigés, au-dessus desquels les premières étoiles du crépuscule semblent se profiler.

Avoir la chance de passer un moment dans cet endroit nous ramène à notre existence, à l’humilité nécessaire pour la traverser. Là où l’air vient presque à manquer, il suffirait de tendre les doigts pour pouvoir toucher ces étoiles tant elles apparaissent avec clarté. Comme subjugué par la force fragile de ce lieu perché, on contemple les lumières artificielles des villes au loin, pensant à ne jamais redescendre.



Texte : Benjamin Martinet
Photos : Thomas Baron

Comme une longue nuit blanche

Dans le port de Matane, il y a constamment des badauds qui observent le départ et l’arrivée des bateaux. Certains débarquent de leur voiture pour jaser, d’autres restent dans l’auto, la fenêtre ouverte, pour écouter les goélands, manger un sandwich, boire un café et se remplir les poumons d’air salin. Je fais partie de ces promeneurs des quais. J’ai toujours été fascinée par les marins, depuis mes lectures d’enfance d’Hergé ou de Jules Verne. Ce qui m’impressionne, c’est le courage et le flegme avec lequel ils doivent réagir aux humeurs des fleuves et océans indomptables. Ils semblent tellement libres les marins, aussi.

Pour ce reportage, j’espérais prendre le large, avoir la tignasse en broussaille à cause du nordet, me retrouver entourée d’eau, de ciel et de pêcheurs. Mais selon Pierre Cantin, propriétaire d’un crevettier, je n’allais peut-être pas apprécier le voyage… Même si j’ai le pied marin, le printemps, le fleuve est agité et il fait froid. Et puis le bateau part au moins cinq jours et je n’ai pas tout ce temps… On a donc choisi de se voir au quai, quand le bateau allait rentrer d’un voyage.

Samedi 21 avril, fin d’après-midi, au téléphone : « Le bateau arrive ce soir », me dit monsieur Cantin. C’est enfin le moment! J’écris tout de suite à Marie-Eve la photographe, tout emballée. Maudit que j’aime ça partir à l’aventure!

Marie et moi sommes sur le quai des pêcheurs à 21 h 15; seules avec des goélands qui passent d’un nuage à l’autre, et nos tuques d’hiver à pompon. Il y a quelques bateaux désertés à quai, le temps est humide et froid, la marée est basse, ça sent un peu le goémon. On se parle en frissonnant, parce que nous sommes transies, mais aussi excitées de rencontrer l’équipage.

Quelques minutes plus tard, M. Cantin arrive sur le quai pour accueillir les gars et fixer les amarres quand ce sera le temps. Entrée prévue du bateau au port de Matane : entre 21 h 30 et 22 h. Nous discutons avec lui en ne lâchant pas trop l’horizon des yeux. Il parle de son bateau : le Helen M. Cadegan. Un chalutier de 65 pieds construit en Nouvelle-Écosse par une famille Cadegan. Le bateau porte le nom de la grand-mère. Cette femme était pianiste. D’où la note de musique qui orne la proue.

Une petite lumière blanche finit par pointer au loin. C’est celle du chalutier noir qui avance doucement vers le port. La lenteur du bateau rend son arrivée solennelle. Il y a trois hommes sur le pont : Yves Côté, second, Pierre Côté, homme de pont et Herman Bouffard, homme de pont et cuisinier. Le capitaine, Réjean Côté, est aux commandes. Le bateau se range contre le quai, les hommes lancent les amarres à M. Cantin pour qu’il les attache aux bittes.

Les gars et le capitaine débarquent du bateau. On discute un peu et je suis étonnée de voir à quel point ils n’ont pas l’air fatigués même s’ils ont travaillé dur pendant plusieurs jours et nuits. Il est environ 22 h, les hommes rentrent à la maison voir leurs femmes et reviendront tôt demain pour le débarquement de la crevette.

Il y a 47 000 livres de crevettes nordiques dans la cale, dans des poches de 25 livres chacune, sur un lit de glace. Toutes ces crevettes seront acheminées à l’usine de transformation qui se trouve juste devant le quai des pêcheurs. On se donne rendez-vous à 6 h au bateau pour que nous puissions observer le débarquement et ensuite visiter le chalutier.

Dimanche, 22 avril, avant que mon cadran sonne (trop énervée). Je me fais un café, j’enfile mes vêtements les plus chauds, j’apporte un cahier, un crayon et je roule vers le quai. Le soleil se lève, la ville est encore endormie. Il y a une pièce qui ressemble à du Strauss à la radio. C’est beau. Au quai des pêcheurs, il y a beaucoup plus de vie qu’hier soir. Ça fourmille. On voit mieux les bateaux parce que la marée est haute; ils sont maintenant à la hauteur du quai.

Il y a un homme dans la cale du chalutier. Il dépose des poches de crevettes bien rouges dans des bacs de plastique. Les bacs sont ensuite soulevés par un bras mécanique pour sortir de la cale, puis se déplacent sur un tapis roulant jusqu’à l’intérieur de l’usine. Là, les crevettes seront cuites et triées selon des catégories. Cette chorégraphie dure quelques heures.

Pierre Côté vient nous voir sur le quai, tout sourire. C’est le fils du capitaine. Il aura bientôt 33 ans et il en est à sa troisième saison de pêche à temps plein. Il a fait son premier voyage à 9 ans. « Je n’ai pas l’impression d’aller travailler quand je sors au large », dit-il.

Je lui demande de me décrire 24 heures sur un bateau pêche et je prends conscience de tout le travail qu’il y a derrière la livre de crevettes fraîches que j’aime mettre sur ma table : « En 24 heures, le chalut est levé 5 à 6 fois, donc aux 2 heures, 2 heures et demie. Nous prenons 2 000 livres de crevettes par levée de chalut, ça prend 1 h 30 à trier. Ça nous laisse une heure de repos entre chaque levée de filet ».

Le bateau Helen M. Cadegan se rend dans trois zones : Estuaire, Sept-Îles et Anticosti. La saison de pêche débute en avril et peut se terminer en décembre. Un voyage de pêche dure de 5 à 7 jours… Une semaine qui passe comme une longue nuit blanche.

« Mon moment préféré, c’est à 4 h 30 du matin, quand le soleil se pointe, qu’on est en train de trier et que ça commence à sentir le bacon sur le pont. Manger, ça tient le moral des troupes! Avoir un bon cook, ça paraît! », raconte Pierre.

Le rôti de porc d’Herman fait des heureux : « Je le fais cuire lentement au four pendant plusieurs heures avec des patates, du navet, et un poulet rond (entier). C’est très bon! Je fais aussi de la morue, du saumon, du baloney. J’essaie de varier les menus. Au déjeuner, on mange des oeufs, des toasts, du bacon, des saucis- ses et parfois des crêpes. Le midi, je sers un gros repas et le soir, chacun se fait un petit lunch simple. On ne mange pas aux heures habituelles. On mange quand on peut! Et quand ça brasse beaucoup, on mange moins et je fais réchauffer des repas surgelés. »

Quand ça brasse…

Les femmes de marins doivent angoisser à la maison quand elles voient des moutons sur l’eau… « Quand elles appellent pour avoir des nouvelles, on dit toujours qu’il fait bien beau! », confie Pierre.

Pierre nous propose de visiter le bateau. On commence par la cabine de pilotage du capitaine avec tous les instruments de navigation. Un mélange de matériel moderne et traditionnel. Ensuite on descend à l’aide d’une échelle dans la cuisine et la chambre avec les quatre couchettes. C’est un petit espace pour quatre hommes. Comme un mini chalet soumis au tangage. Il y a deux couchettes à bâbord, et deux à tribord. Elles sont superposées. Pierre dort en bas, sous le lit d’Herman. Il s’est fait un mur d’oreillers qui l’empêche de rouler dans son lit à cause du mouvement du bateau. Ça coupe aussi un peu le son du moteur.

« Ça prend une bonne capacité d’adaptation pour être pêcheur. Il faut aussi avoir une excellente santé et un bon caractère parce qu’on vit proches les uns des autres. On travaille, on dort, on mange, on rit, on discute ensemble. Je suis capitaine depuis 35 ans et je pars au large heureux, même après tout ce temps. J’aime mon métier! », dit Réjean, le capitaine.

On se rend ensuite sur le pont arrière. Je regarde ces hommes, je les écoute parler. Ils sont forts, mais humbles, aventuriers, mais prudents, authentiques, solidaires, travaillants. Ce sont, en quelque sorte, des superhéros. Pierre Côté dit d’ailleurs : « C’est noble de nourrir les gens! »

Réjean affirme qu’il ira au large tant que sa santé le permettra. Le père et le fils ont la même étincelle dans l’œil quand ils parlent de leur métier. T’as raison Renaud : C’est pas l’homme qui prend la mer / C’est la mer qui prend l’homme.

Texte : Mélanie Gagné
Photos : Marie-Eve Campbell

The wave

The Wave (la vague) est une formation géologique dont la splendeur fait la renommée des déserts sauvages du nord de l’Arizona. Elle témoigne comme nulle autre de la puissance de la nature et du temps.

Il y a 150 millions d’années, la cadence des marées et courants tourbillonnants du grand océan primordial a façonné ces énormes et gracieux murs de grès de Navajo. Ce sont les forces de la nature qui, dans la ténacité de leur mouvement perpétuel, ont sculpté ce mégalithe, au fil des âges, un grain à la fois. Cette structure en roc massif a pris forme grâce aux forces persistantes de la nature en mouvement. Cette nature, comme en témoigne The Wave, nous apprend qu’avec le temps, elle peut créer des merveilles.

Cette pensée hantait mon esprit alors que nous parcourions les six kilomètres de plateau désertique roussi qui mènent à The Wave. Je ne dirais pas que c’était la plus facile des ascensions, mais elle était très certainement la bienvenue! Ma copine Laysea et moi nous réjouissions de pouvoir nous dégourdir les jambes après de longues journées à rouler vers l’Est – notre premier grand road trip en tant que couple.

Deux semaines plus tôt, j’avais pris la décision de quitter ma vie confortable, encore, et de paqueter l’entièreté de mon existence dans une vieille caravane, encore, pour aller vivre en nomade, encore. La première fois que j’ai fait le grand saut, j’avais fini par vivre deux ans seul sur la route; assurément les deux années les plus formatrices de ma vie, avant d’éprouver le besoin de ralentir et de me caser un peu. Quand j’y pense, je n’ai jamais eu l’impression que de se caser revenait au même que de ralentir. Le rythme effréné de la ville me donnait le sentiment de nager à contre-courant. Il n’en fallait pas plus pour que le désir insatiable de retourner vivre sur la route, en toute liberté, se refasse sentir; mais cette fois-ci, ce serait en compagnie d’une complice, quelqu’un qui partage la piqûre du voyage et la soif de vivre qui m’habitent. Notre traversée du pays nous mènerait d’ouest en est, jusqu’à la Floride, où vit sa famille.

Il faisait froid, le jour où nous avons marché jusqu’à The Wave. Les vents et les pluies de la veille avaient fait place à un ciel bleu et ensoleillé. Afin d’assurer la protection de cette merveille naturelle, un permis spécial est requis pour s’y rendre. Il peut être difficile à obtenir, mais sans lui, les randonneurs s’exposent à des sanctions sévères. Et il n’y a pas de véritable sentier menant à The Wave, mais les rangers du bureau des permis vous indiqueront le chemin à coups d’expressions vagues du genre « tournez à droite après le gros rocher », ce qui ajoute à l’aventure, selon moi.

Fossile du temps
Se tenir debout entre les murs de pierre voûtés de The Wave est une expérience sans égal. Les murs vous entourent, vous entraînent comme si les eaux ayant submergé l’endroit jadis revenaient à la charge juste pour vous saluer. On peut presque ressentir l’énergie qui arpente les immenses murs autour de soi. J’étais subjugué par la force brute qui émanait du roc, par la grâce sauvage de la nature, fossilisée par le temps. Mes doigts parcouraient les murs de grès, explorant leurs textures, admirant à la fois leur force et leur délicatesse. Il y avait une fragilité en cet instant. En ces lieux. En moi. Tôt ou tard, tout ça redeviendra poussière.

Les forces à l’origine de The Wave et de nos vies paraissent bien faibles lorsqu’on les mesure en jours. La nature semble tranquille au premier coup d’œil, mais donnez-lui du temps, laissez l’énergie circuler librement, et de l’univers naîtront monts et merveilles.



Texte et photos : Michael Weybret

Trempette de petits pois au citron et sésame

1 . Cuire les petits pois dans une eau bouillante salée 1 à 2 minutes. Égoutter et déposer dans un bol d’eau glacée (cela permet de fixer la couleur et d’arrêter la cuisson).
2 . Égoutter les petits pois et déposer dans le bol du robot culinaire avec le reste des ingrédients. Assaisonner et mélanger jusqu’à ce que la texture soit lisse et bien crémeuse.
3. Servir en trempette avec des craquelins et de beaux légumes du jardin!

Ingrédients:
500 ml (2 tasses) de petits pois surgelés
1 petite gousse d’ail hachée
5 ml (1 c. à thé) d’huile de sésame grillé
45 ml (3 c. à soupe) de tahini
Zestes d’un demi-citron
30 ml (2 c. à soupe) de jus de citron frais
45 ml (3 c. à soupe) d’huile d’olive
15 ml (1 c. à soupe) d’eau
Sel et poivre du moulin

Glaçage au chocolat, vanille et avocat

1. Peler les avocats, couper en gros morceaux et déposer dans le bol du robot culinaire avec le reste des ingrédients. Pulser jusqu’à ce que le mélange soit bien lisse.
2 . Réfrigérer au moins 1 heure avant d’utiliser.

Ingrédients:
125 ml (1⁄2 tasse) d’un bon cacao
3 gros avocats bien mûrs
1 gousse de vanille grattée
65 ml (1⁄4 de tasse) de lait de coco
85 ml (1/3 de tasse) de sirop d’érable
10 ml (2 c. à thé) de jus de citron frais
65 ml (1⁄4 de tasse) de sucre en poudre
1 pincée de sel

Tarte de légumes et jambon blanc

1 . Mélanger la farine, le sel, la poudre à pâte et le beurre quelques secondes au robot culinaire. Ajouter l’eau et l’œuf, pulser jusqu’à ce que la pâte commence à se former. Retirer du robot et former un disque.
2 . Déposer la pâte sur une surface de travail farinée, puis abaisser en un grand cercle à l’aide d’un rouleau à pâte. Foncer un moule à charnière de 23 cm (9 po) tapissé d’un papier parchemin et couper l’excédent de pâte. Réfrigérer au moins 30 minutes.
3 . Laver soigneusement le poireau à l’eau froide, éponger et émincer. Dans une poêle, dorer le poireau dans le beurre jusqu’à ce qu’il soit tendre, assaisonner et réserver.
4 . Préchauffer le four à 190°C (375°F).
5 . Trancher finement, à la mandoline, les courgettes, la courge et la patate douce. Assaisonner.
6 . Mélanger la ricotta, le pesto, le citron, le parmesan et les poireaux. Assaisonner et étaler au fond de la pâte, puis disposer par-dessus les légumes et les tranches de jambon en formant une spirale serrée. Badigeonner d’huile d’olive, assaisonner et enfourner environ 1 h 20 ou jusqu’à ce que les légumes soient tendres.

Note: La quantité de légumes nécessaire pour faire cette tarte est approximative et peut varier selon la grosseur des légumes utilisés.

Ingrédients:
Pâte
500 ml (2 tasses) de farine tout usage
5 ml (1 c. à thé) de sel
5 ml (1 c. à thé) de poudre à pâte
125 ml (1⁄2 tasse) de beurre froid en cubes
125 ml (1⁄2 tasse) d’eau froide
1 œuf battu

1 poireau moyen
15 ml (1 c. à soupe) de beurre
2 courgettes jaunes
1⁄2 courge butternut pelée et épépinée
1 patate douce pelée
250 ml (1 tasse) de ricotta
85 ml (1/3 de tasse) de pesto de tomates séchées
Zestes d’un demi-citron
30 ml (2 c. à soupe) de jus de citron
125 ml (1⁄2 tasse) de parmesan frais râpé
225 g (1⁄2 lb) de jambon blanc tranché
45 ml (3 c. à soupe) d’huile d’olive
Sel et poivre du moulin

Cinéma en nature

L’hiver a été long et le soleil a mis du temps à poindre au bout de l’horizon. On n’y croyait presque plus, mais l’air s’est finalement réchauffé juste assez pour nous donner espoir que les soirs d’été sont juste au coin de la rue.

Fromages d’ici nous a mis au défi d’amener une activité intérieure à l’extérieur et de préparer deux recettes bien fromagées sur le feu, en pleine nature. C’est sur une terre agricole léguée de génération en génération que nous avons installé notre set-up parfait; un champ, un vieux pick-up avec des amis dans la boîte arrière, d’autres dans une Westfalia, des lanternes et des couvertures sur l’herbe, et un feu de camp pour cuisiner. Tour à tour, nous avons tous exploré la vieille grange précaire et intrigante qui siégeait comme un vieux rêve en haut de la colline. En ses murs de planches écartelées et chambranlantes, nous avons découvert deux vieux bassins pour bouillir l’eau d’érable. Le propriétaire nous a dit qu’il s’en servait encore chaque année, même s’ils étaient vieux de 140 ans!

Le clou de la soirée : un film en noir et blanc projeté directement sur un mur extérieur de la grange, au son des criquets qui s’élève dans la brunante. Les derniers rayons du jour, des fromages de chez nous, des feux de Bengale pour illuminer nos rires qui s’entremêlent et la fumée du feu qui imprègne nos vêtements et nos cheveux. Pas besoin de grand-chose pour créer des moments magiques.



Texte : Hélène Mallette
Photos : Nicolas Blais

Tire Sainte-Catherine

1 . Déposer la cassonade, le sirop de maïs, l’eau, la mélasse et le vinaigre dans une casserole à fond épais, puis chauffer en remuant à feu moyen jusqu’à ce que le thermomètre à bonbon indique 123°C (255°F).
2 . Retirer du feu et y ajouter le beurre et le bicarbonate de soude. Remuer et verser sur une plaque préalablement beurrée.
3 . Laisser tiédir jusqu’à ce que la tire puisse être manipulée sans se brûler. Se beurrer les mains, puis étirer en la repliant chaque fois sur elle-même pendant une dizaine de minutes ou jusqu’à ce que la tire devienne dorée et ait perdu son lustre.
4 . Couper en petits tronçons à l’aide d’un ciseau huilé et emballer dans de petits carrés de papier ciré.

Ingrédients:
500 ml (2 tasses) de cassonade dorée
30 ml (2 c. à soupe) de sirop de maïs
125 ml (1⁄2 tasse) d’eau
125 ml (1⁄2 tasse) de mélasse
15 ml (1 c. à soupe) de vinaigre blanc
65 ml (1⁄4 de tasse) de beurre
2,5 ml (1⁄2 c. à thé) de bicarbonate de soude tamisé