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Sur le bord avec Dinette magazine

Dînette part faire un tour d’hélicoptère jusqu’au sommet du mont des Morios à Charlevoix pour cuisiner sur un poêle de camping des quesadillas façon haute voltige. – Dinette magazine en association avec Un peu plus loin dévoile une nouvelle série de capsules Web intitulée Sur Le Bord qui réunit des aventures extérieures avec un trip de bouffe facile à réaliser. Ces capsules inspirationnelles mettent en lumière les échanges entre des collaborateurs de Dînette et des entrepreneurs passionnés qui nous partagent leur aventure.

#Teamdinette – Michigan au vélodrome

Chaque année, on rassemble nos amis pour faire notre traditionnel party Michigory, chez nous, dans notre cour. ‘’Michi’’ pour hot-dog Michigan et ‘’Gory’’ en l’honneur de notre invité spécial, Gregory, un ami de Mathieu qui habite en France. En 2012, on a organisé la première édition de cette fête pour souligner son passage au Québec, mais finalement, Gregory ne s’est jamais pointé à son propre party puis il est rentré à Paris. On trouvait ça ben drôle alors le nom est resté et on en fait un chaque année, sans Gregory évidemment. Cette année, le Michigory s’est transporté au vélodrome de Bromont pour initier nos amis à ce sport que Mathieu affectionne particulièrement : le vélo fixie. Des hot-dog végé sur le BBQ avec du chili aux haricots, de la laitue et du fromage, de la bière, du beau temps et des amis, c’est la recette parfaite!

Miami l’appel du pastel

Ciel bleu, brise du large, plage blonde qui s’étend dans l’eau turquoise… Miami Beach a tout pour plaire. D’autant plus que cette petite ville du grand Miami jouit d’un climat unique et d’une architec- ture particulière qui, à elle seule, suffit à lui donner une réputation internationale.

Dans les rues de Miami Beach se retrouve la plus grande quantité de bâtiments Art déco au monde, qui doivent leur popularité au mouvement de revalorisation architecturale qui prend naissance dans la ville à la fin des années 1970 et dont l’apogée est atteint au début des années 1980, lorsque le de- signer Leonard Horowitz peint les façades de plu- sieurs bâtiments de la ville dans des teintes pastel. Là où les teintes neutres avaient dominé et où les bâtiments avaient vieilli éclosent des roses pro- fonds, des turquoises crémeux, des jaunes citron et des oranges sorbets, transformant complètement le paysage et attirant l’attention des citoyens et des autorités qui ont su reconnaître le trésor architec- tural qui se tenait devant eux.

Parce qu’une transformation ne se fait jamais seule, c’est aussi grâce à la populaire série télévisée Deux flics à Miami (Miami Vice), campée à Miami Beach, si l’on peut encore aujourd’hui découvrir les bâtiments surprenants qui bordent Ocean Drive ou Collins Avenue. Présentée comme un décor magnifique et magnifié, Miami Beach devient alors un lieu incon- tournable pour les photographes, les stylistes et les producteurs qui s’y donnent rendez-vous, entraînant dans la foulée des efforts importants de restauration des bâtiments et une popularité aussi soudaine que permanente pour la ville.

Si les couleurs pastel font la signature de Miami Beach, elles représentent pour plusieurs un choix surprenant, voire radical, dans ce climat où l’on retrouve habituellement les couleurs saturées de l’architecture caribéenne. Et pourtant, les couleurs surannées de Miami Beach y ont toutes leur place : à son lever et à son coucher, le soleil baigne l’hori- zon d’une lumière dorée qui donne aux nuages une teinte pêche; au zénith, le ciel d’un bleu lumineux devient l’arrière-plan idéal pour les bâtiments, et en tout temps, le regard s’élève et se perd entre l’azur et le turquoise. La partition est si bien jouée que l’on pourrait croire sans difficulté que Miami Beach est née pour la couleur.

De fait, fondée en 1915 sous le signe du plaisir et de la spéculation immobilière, Miami Beach a, dès le départ, fait partie de ces lieux mythiques qui alimentent l’imaginaire et suscitent les passions. Cette ville, pratiquement créée de toute pièce, grâce au nettoyage des mangroves et au remblaiement de sable entre les îles côtières sur lesquelles elle s’est construite, de- vient l’apanage d’investisseurs qui ne tardent pas à en faire une aire de repos hivernale pour les grands de l’époque, qui y trouvent chaleur, plaisir et luxe. Mais ici, comme ailleurs, le krach boursier de 1929 frappe et transforme la vie à Miami Beach.

Dans ce qui est connu depuis 1979 comme le Miami Beach Architectural District, un quartier délimité par l’océan Atlantique, 6th Street, Alton Road, Dade Boulevard et 23rd Street, la majorité des bâtiments ont été construits dans les années 1930 par une poignée d’architectes, dont Henry Hohauser, Lawrence Murray Dixon, Albert Anis et Anton Skislewicz. Inspirés par l’Art déco, un mouvement artistique qui tient son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui a eu lieu à Paris en 1925, ces architectes ont imaginé un style unique, propre au climat (autant météoro- logique qu’économique) de la région, en créant des bâtiments d’allure aérodynamique qui font écho aux innovations industrielles de l’époque.

Alors qu’en Europe, l’Art déco est synonyme de futurisme et d’élégance, où de riches ornements côtoient des surfaces géométriques, le style se définit autrement à Miami Beach. Dans les États-Unis post- krach, même les plus riches ne peuvent se permettre les somptueuses pierres naturelles et les bois raffinés qui font la signature de l’Art déco européen. La solution se trouve donc dans l’innovation : les architectes de Miami Beach se tournent vers de nouveaux matériaux comme le néon, les blocs de verres, l’aluminium et la peinture pour créer des effets sophisti- qués à moindre coût. Ils imaginent des fenêtres en hublot, des balcons inspirés des ponts des navires transatlantiques et des motifs originaux, évoquant tantôt des fontaines et des vagues, tantôt des végé- taux tropicaux et des oiseaux marins. Taillés dans la maçonnerie et parfaitement symétriques, les motifs toujours visibles aujourd’hui contribuent au look moderne, en magnifiant la verticalité des lignes.

Originellement peints en vert marin, en bleu poudre ou en saumon, les motifs se détachent sur les bâtiments de couleur neutre, offrant au regard toute la beauté et la délicatesse de leurs agencements. À l’in- térieur, des planchers de terrazzo coloré, des murs recouverts de Vitrolite et des appareils en acier inoxydable appuient le look de Miami Beach.

Rapidement, cependant, l’Art déco cède sa place partout au pays. Au moment où la Seconde Guerre mon- diale met un frein au boom immobilier des années 1930 à Miami Beach, l’Art déco a déjà commencé à perdre de sa popularité au profit de l’architecture moderne dont les préceptes font leur chemin dans les États-Unis d’après-guerre. Quelle chance, alors, de savoir que des vestiges Art déco subsistent en Amérique!

Deux cornets

Se lever tôt. Assez tôt pour immortaliser le lever du soleil. Trop tôt, des fois, pour les vacances. Se faire un petit café, un feu pour faire cuire le déjeu- ner. Se laisser amadouer par la chienne du camping qui grignote notre poêlée d’oignons pendant qu’on regarde ailleurs. Passer nos journées à parcourir les kilomètres d’asphalte qui longent les côtes de la Gas- pésie. Arrêter à toutes les cantines et manger pieds nus dans le gazon. Poutine, club sandwich au ho- mard, rondelles d’oignon avec beaucoup de sel et de la moutarde jaune, hot-dogs pas de saucisse – comme on les aime.

Les vacances. Les vacances avec le bruit des vagues en trame de fond. La chaleur des gens du coin, les sourires gratuits et les beaux bonjours à l’ac- cent prononcé. Une crevaison réparée au seul garage du village par un vieux mécanicien aux mille et une histoires. – Il trouvait qu’on avait l’air de deux beaux cornets avec nos téléphones intelligents, mais même pas capables de patcher un flat. – Quand il a retiré ce qui était coincé dans le pneu, Mathieu s’est écrié : « C’est un méchant gros clou ça! » Sans le regarder, le vieux a posé sa main sur son épaule : « Ben non, c’est pas un clou ça mon homme, c’t’une vis! » avec le rire de moteur étouffé le plus attachant qu’on ait entendu.

La simplicité. La simplicité de tout. Mathieu qui fait jouer son drone dans les airs, moi qui pars à la re- cherche de fleurs et de coquillages en l’attendant. Manger du chocolat les yeux fermés, les jambes al- longées sur le tableau de bord. Le sable. Le rocher Percé. Les cabanes de pêcheurs. Les boutiques de sou- venirs d’où j’ai rapporté une casquette de capitaine. Notre déception quand on a réalisé que la baleine qui faisait du surplace au loin depuis les deux dernières heures, n’était qu’une roche cachée à la surface. Deux beaux cornets, on fait.

La Brume de l’Oregon

Vendredi matin, 7 heures.

Mathieu et moi passons la porte du café NEVER, sur la rue Belmont, à Portland. Après une journée dans les airs pour atteindre la côte Ouest et une courte nuit dans un logement Airbnb qu’on aura encore à découvrir à la lumière du jour, on a rendez-vous avec Ian et Beyth.

C’est un appel peu de temps après le Nouvel An qui aura initié cette aventure en Oregon. Au bout du fil, Mathieu laisse tomber qu’il a envie d’aller explorer l’État qu’on surnomme Misty Paradise et dont les images habillent nos tableaux Pinterest, pour ce numéro brumeux. Appuyant mon téléphone entre mon épaule et mon oreille, je lançais déjà des recherches pour réserver des vols avant même qu’il ne termine sa première phrase.

Portland, Oregon, fait partie de ces destinations qu’on aime sans réellement connaître, mais qu’on juge parfois trop loin pour y réserver de courtes va- cances. Ça nous prenait une mission, un projet, pour enfin y déposer les pieds et transformer une simple attirance en réelle histoire d’amour. Ce que je m’apprête à vous raconter aura l’air ro- mancé, mais promis-juré-bisou, tout ce que vous lirez n’est que le récit de deux amis partis chasser la brume et capturer l’essence d’une région mythique coincée entre l’État de Washington et la Californie.

Sans le savoir, notre première rencontre avec des gens de la ville, organisée en trois courriels et deux tex- tos suite à une recherche Google destinée à mettre le doigt sur le « meilleur café de Portland », allait don- ner le ton à tout ce qui suivra. Ian et Beyth sont deux des têtes créatrices de Never Coffee Lab. Dans une ville où l’on compte presque autant de cafés que d’ha- bitants, le leur trône au sommet des palmarès de tous les blogues fouillés avant le départ. En y entrant, on devine déjà un peu pourquoi – les splash de couleur sur les murs, les tasses de céramique inspirées de leur menu où figurent des boissons fumantes, colo- rées et caféinées tantôt à base de fleur d’oranger et de gingembre, tantôt à base de sel marin et de dulce de leche… À peu près tout démontre que l’équipe a trouvé une recette de succès bien spéciale. Le nom choisi me rend assez curieuse pour que j’en demande l’origine à Ian. « NEVER, c’est provocateur, et c’est bon joueur aussi. Bien qu’on prenne notre travail au sérieux – on dit à la blague qu’on représente la 7e vague de café. C’est de l’autodérision. On veut s’amu- ser et rendre le café accessible à tous. »

Rendre le café accessible… N’y a-t-il rien de plus ac- cessible qu’un café? Oui, mais… À Portland, l’industrie fleurit et se peaufine grâce à la proliférante culture du travailleur autonome et au climat (ici, chaque bulle- tin météo indique « 12 degrés avec risque d’averses », une prévision favorable pour un café fumant). Les en- trepreneurs du café n’ont donc d’autre choix que de se démarquer, et ils le font en précisant leur offre et en recherchant les meilleurs mélanges et single-origin (café provenant d’un seul endroit) du monde. Les me- nus des cafés ici ne sont pas sans rappeler les cartes de vin. Chez NEVER, on déconstruit et démocratise tout ça avec des cafés rehaussés de sirops naturels de grande qualité et d’ingrédients bien connus de leur clientèle. Beyth se souviens entre autres du café latté à la patate douce concocté par Ariel, derrière le comp- toir, juste avant l’Action de grâce. Un pied de nez au Pumpkin Spice Latte.

En quittant ceux avec qui on aurait pu passer la jour- née, je leur avoue que leur décor me rappelle le monde de Peter Pan – Neverland… Avec un sourire en coin, Ian me chuchote qu’à ce jour, jamais Zac, le fondateur de NEVER, et Peter Pan, n’ont été vus au même en- droit en même temps…

C’est la première fois que nous voyageons ensemble, Mathieu et moi, mais dès les premières heures, je comprends qu’on fait partie du même groupe – celui des organisés, des préparés, des prêts à tout. Armés de cartes et de notes dans un document qui ne fait pas moins de cinquante pages, notre horaire des quatre prochains jours est ridiculement ambitieux – on est aussi du type qui ne veut rien manquer. Notre déci- sion de profiter de notre première matinée à Port- land pour faire une tournée de ses plus beaux cafés est donc bien peu stratégique en termes de quantité de caféine jugée raisonnable pour un être humain, mais complètement efficace pour affronter tout ce qui figure à l’agenda.

Ces arrêts dans une série de coffee shops sont aussi l’occasion d’observer le quotidien de cette ville et de se mélanger à ceux qui l’habitent. Dans chacun des quartiers, bien qu’ils aient tous leur rythme et leur couleur, on remarque des thrift shops, de vieux camions Ford devant lesquels Mathieu s’extasie chaque fois et des enseignes qui semblent avoir traversé les époques. Les maisons sont colorées, un brin défraîchies – avec un peu d’imagination, on pourrait croire que nous avons traversé la bonne porte pour voyager jusque dans les seventies. Mais ce n’est qu’au premier coup d’oeil que Portland semble figée dans le temps, parce qu’au fil des conversations aussi riches que spontanées avec des étrangers, son avant-gardisme et ses idées progres- sistes brillent fort.

L’odeur de café se marie à celle de l’air humide ty- pique de la région et nous rappelle que tout près de la ville, des chutes d’eau colossales, de longues et larges plages, des forêts denses et des caps sableux nous attendent.

À Portland, le grand dehors inspire et stimule l’es- prit des chefs, artistes et entrepreneurs. C’est le constat que Mathieu et moi avons fait après avoir pris place aux tables de chez Tusk et Navarre, des restaurants où les produits locaux dominent tous les plats; et suite à nos moments passés avec les âmes derrière OLO Fragrance.

Il y a quelque chose de bien spécial dans l’idée de rencontrer les visages derrière des entreprises qui font partie de notre quotidien en l’enjolivant, en le simplifiant.

« Regarde, OLO Fragrance, c’est là! » C’est en rou- lant que j’ai reconnu le nez en néon dans la vitrine d’Heather Sielaff. On s’arrête. En poussant la porte de sa boutique atelier, je me dis que le silence qui y règne et la lumière qui y pénètre ne semblent avoir été invités que pour accentuer les effluves de cèdre et d’eau de rose qui flottent dans l’air.

Heather, qui a appris seule à transformer sa connais- sance des huiles essentielles en entreprise de fra- grances présentant des produits délicats à mi-chemin entre les huiles et les parfums traditionnels, fait main- tenant équipe avec son mari, Jonathan, un musicien qui a longtemps fait carrière dans le café.

Chaque objet d’art et chaque plante bordant les confections d’Heather ont été soigneusement choi- sis par le couple dont le bon goût est indiscutable. Mathieu et moi parcourons l’espace en lisant les étiquettes identifiant les entonnoirs qu’on renverse pour sentir « Dark Wave », « Wood », « Forêt » et « Lightning Paw ». En lisant les ingrédients, mes yeux s’arrêtent sur « Mountain Air ».« Vous avez fait ça comment, embouteiller l’air des montagnes? », que j’ose demander.

« Créer des fragrances, c’est un peu comme peindre. Un artiste peut peindre une forêt, mais il peut peindre l’amour ou la tristesse aussi… Il y a une partie de notre travail qui consiste à évoquer un sentiment, ou un moment, par un mélange d’odeurs. » Heather ajoute à cette explication aussi logique que poétique qu’elle peut mettre des semaines, voire des mois, à trouver la manière de capturer l’essence aromatique d’un souve- nir ou d’un lieu. Charmé par tout ce qu’il touche, voit, sent et entend chez OLO Fragrance, Mathieu repart avec « Wood ». Si vous le croisez prochainement, ap- prochez-vous, il sent les soirées sur le bord du feu, verre de whisky à la main.

Le document de voyage de Mathieu qui vit maintenant sur le siège arrière de notre voiture déborde d’images de grands rochers et de cascades, et on est prêts à les voir en grandeur nature.

Pour cette partie du périple, je me laisse guider par son excitation, et lui par mes indications. En Oregon, plusieurs merveilles se cachent, et les trouver est une aventure réservée aux plus déterminés d’entre nous. Sous chacune des images du document de repérage de Mathieu, on trouve des indices dignes des chasses au trésor.

Premier arrêt : Cannon Beach. Le vent est fort, les vagues aussi, et la plage est quasi déserte. Des condi- tions parfaites pour un duo venu chasser le brouillard. L’immensité des rochers et de l’océan devant nous me fait sentir toute petite et cette pensée me dit qu’il y a peut-être un lien à faire entre l’humilité et le calme qui habitent les gens d’ici et la nature qui les entourent. Se réveiller au son des vagues, c’est reposant, et n’aper- cevoir que rarement la cime des hauts cèdres qui nous entourent, ça permet de relativiser un peu sur la grandeur de ce que nous sommes et l’importance de ce qui nous préoccupe.

L’arrêt suivant, on l’atteint en escaladant une dune de sable pour atteindre le sommet de Cape Kiwanda, ou comme on l’a surnommé, « la Lune ». Devant nous, un océan turquoise. Sous nos pieds, une palette de jaune et d’orangé. Quand la réalité dépasse tout ce qu’on a pu voir sur Instagram. Sans trop penser à la quantité de caféine consommée depuis notre arrivée, on a même profité d’une petite plateforme gazonneuse à flanc de montagne pour s’asseoir et boire un espresso. On appelle ça « rendre l’ordinaire extraordinaire », je crois.

Bien qu’on soit en plein marathon jusqu’à faire exploser notre compteur à « Wow! », on prend le temps, par- tout, de s’asseoir et de ressentir nos épaules s’abaisser et nos mentons se relever. La respiration est automati- quement plus lente, plus consciente, près de l’eau.

L’eau – l’élément de l’Oregon, qui offre de multiples spectacles de chutes d’eau à toute heure du jour. Vêtus d’imperméables et de bottes prêtes à être couvertes de boue, on les chasse, une par une, fascinés par leur proximité, leur son, leur puissance.

Nos journées sont longues et se brouillent, on a be- soin de l’autre pour valider ce qu’on a fait en ma- tinée et la veille. Rapidement, le coucher de soleil devient notre ennemi, le seul responsable de la fin de nos expéditions quotidiennes. Il y a beaucoup à voir, alors on a fait de la valise de la voiture notre table de pique-nique de choix pour partager des barres aux bleuets et gingembre confit que Mathieu avait soi- gneusement rangées dans ses bagages – on mange sur le pouce, mais on sait très bien le faire!

BAGBY HOT SPRINGS

Alors qu’on se stationne pour entreprendre la courte marche menant aux mystiques Bagby Hot Springs, le lichen fluo sur les arbres et les petits brillants au sol me font confesser à Mathieu ma théorie selon la- quelle quelques fées habitent dans le coin… Rien de ce qui nous entoure ne semble réel – pas plus que les gens en peignoir en pleine forêt, bien que leurs habits nous confirment que nous marchons dans la bonne direction.

C’est la vapeur qui s’échappe de ce qui, à prime abord, a l’air d’une cabane de bois bien ordinaire qui nous fait accélérer le pas vers ce « spa » naturel et rudimen- taire, ouvert jour et nuit. Les yeux ronds, et soudaine- ment muets, on se fait vite remarquer par des habitués qui devinent qu’on en est à notre première visite.

Alors qu’on choisit un bassin de bois et qu’on cherche comment le remplir d’eau chaude, l’homme qui flotte dans le sien à notre droite nous vient en aide. Ryan. Avec un grand sourire et un air bon-enfant, il se pré- sente brièvement et se lance, nu et maintenant debout dans son bain, dans les explications de base pour pro- fiter des installations de l’endroit. La scène est sur- réelle. À ma gauche, j’entends un homme murmurer « mais ne m’écoutez pas, je viens ici seulement depuis vingt ans! ». Distraits par Ryan, on n’avait pas porté attention à l’autre homme, plus âgé et équipé d’une petite radio portative, qui, lui aussi, nous proposait ses conseils.

En quittant l’endroit, je regarde quelques fois derrière moi, comme si je doutais de l’existence véritable de cette réserve naturelle.

La liste de Mathieu est maintenant remplie de crochets, mais un lieu reste à découvrir, et son enthousiasme est contagieux : God’s Thumb, une haute colline de gazon qui surplombe l’océan et qui ne figure pas sur Google Maps. Derrière le volant, il me lit les indications pour s’y rendre : « Au bout de la route, on verra une boîte aux lettres à notre gauche… On passe devant et on saute par-dessus la roche près de la barrière de fer… On continue et on tourne à droite, juste avant la petite maison blanche… Ce sera bouetteux, j’pense. »

Oui. C’est couverts de boue jusqu’aux joues qu’on suit les étapes de ce parcours, qui n’a rien d’une randonnée traditionnelle, jusqu’au sommet qu’on atteint seuls, à l’heure bleue. Debout sur cette étroite pointe, on voit la forme de pouce en l’air qui aura baptisé cette montagne gazonneuse, un symbole de félicitations pour les braves, j’imagine.

Pendant la descente, on entend au loin plusieurs rires éclater en canon. On les suit. Devant nous, des hamacs pendent entre les arbres et des jeunes s’y balancent, les vêtements pleins de boue, comme les nôtres.

« Vous vous installez pour la nuit? », de leur crier Mathieu. « Non! On prend juste une petite pause! », répond tout de suite un membre du groupe à la chevelure longue et décoiffée, alors qu’il se laisse tomber vers l’arrière dans son hamac, comme s’il faisait ça tous les jours.

Finalement, jamais nous n’aurons vu notre logement Airbnb à la lu- mière du jour pendant notre périple en Oregon. Lors de votre pro- chaine aventure, rappelez-vous que les courageux armés de café fumant et d’imperméables avant l’aube sont toujours, toujours récompensés.

Texte : Marie-Philippe Jean
Photos : Mathieu Lachapelle

013 – Mouvement

Mouvement
Ondulation, poussée, élan, cadence et turbulence; on se sensibilise aux infimes mouvements à peine perceptibles et on se laisse envoûter par ceux qui sont si grands qu’ils nous échappent tout autant. Du micro-organisme qui se meut, aux courants marins, jusqu’à la danse calculée des astres et des planètes. On écoute l’appel du nomadisme, le besoin de parcourir la route avec ses vallons et ses tournants qui nous mènent vers des destinations nouvelles. Il y a des courbes partout où l’on regarde; dans la topographie, l’architecture et dans la nature qui bouge, qui persiste et qui finit toujours par se frayer un chemin.

Le numéro « Mouvement  » présente :

  • L’observatoire du Pic du Midi dans les Pyrénées
  • L’architecture du métro de Montréal
  • La formation rocheuse The Wave en Arizona
  • Une soirée cinéma en nature avec Fromages d’ici
  • Les aurores boréales en Islande
  • Le voyageur et visionnaire Jedidiah Jenkins

Détails :

  • 164 pages
  • impression offset
  • couverture « soft touch » velouté
  • Imprimé au Québec
  • Date de publication : 28 juin 2018

012 – Brume

Brume
Pour le numéro 012 Brume, on s’enveloppe dans le vaporeux, la douceur. Le brouillard nous invite aux rêveries et à l’introspection. Aérien et mystérieux, il reste suspendu dans l’air et nous laisse en quête de réponses. On visite des lieux majestueux, comme l’Oregon par exemple, toujours baigné dans une brume féérique. On accuse souvent le brouillard d’être gris et maussade, mais nous on y voit quelque chose d’onirique, d’envoûtant et de fondamentalement apaisant.

Le numéro « Brume »présente :

– Un reportage au paradis du brouillard : l’Oregon
– Une virée sur la route des châteaux en Allemagne
– Un week-end de SUP et d’échanges avec POP Spirit
– La découverte de l’univers de l’absinthe
– La poésie de Marie-Élaine Guay
– Les parfums botaniques et naturels de LVNEA
– La récolte de raisin bleu

Détails : 148 pages, impression offset, couverture « soft touch » velouté. Imprimé au Québec
Date de publication : 15 mars 2018
Livraison entre 7 et 10 jours ouvrables

011 – Confetti

Confetti
C’est la fête! On s’est rendus à notre deuxième année de publication et on ne pourrait pas être plus fiers! Dans notre numéro 011, intitulé « CONFETTI », on explore la thématique de la fête, du party et du rassemblement. Sur fond de paillettes, confettis, ballons et guirlandes, on propose des recettes qui se partagent bien en gang, dignes de moments dont on se souvient longtemps. Avec des amis, de la musique, une belle ambiance et beaucoup d’amour, on célèbre les petits moments d’extase qui passent toujours trop vite.

Le numéro « Confetti »présente :

– Mérida Anderson de l’atelier YYY
– Petite virée dans le bois avec le team Dînette et des amis
– Recettes de lendemain de veille avec les Fromages d’ici
– Sayulita : village-confettis
– Entreprise Boucle & Papier
– Récolte : Cerise de terre
– Portrait de Juliette de Juliette & Chocolat

Détails : 164 pages, impression offset, couverture « soft touch » velouté. Imprimé au Québec
Date de publication : 7 décembre 2017

Popcorn de chou-fleur de sel et vinaigre

1 . Défaire le chou-fleur en petits bouquets et mélanger avec le vinaigre, l’huile et le paprika. Assaisonner.
2 . Préchauffer le four à 190°C (375°F).
3 . Pulser les flocons d’avoine quelques secondes au ro- bot culinaire pour obtenir une farine grossière. Ajouter au chou-fleur ainsi que la levure alimentaire. Remuer pour bien enrober chacun des morceaux.
4 . Étaler en une couche sur une plaque tapissée d’un papier parchemin. Enfourner 15 minutes puis remuer. Enfourner à nouveau 15 à 20 minutes ou jusqu’à ce que le chou-fleur soit bien doré et croustillant.

Ingrédients
1 chou-fleur
85 ml (1/3 de tasse) de vinaigre blanc
45 ml (3 c. à soupe) d’huile d’olive
10 ml (2 c. à thé) de paprika
125 ml (1⁄2 tasse) de flocons d’avoine
45 ml (3 c. à soupe) de levure alimentaire Sel et poivre du moulin